En direct

La culture attend à la porte de l'ancienne caserne Lorge

Marylène Carre |  le 16/03/2018  |  Collectivités localesTechniqueBâtimentCalvadosNord

Caen -

1,1 M€ Somme investie par Semin dans une nouvelle ligne de conditionnement de ses enduits sur son site d'Amblainville.

810 ha disponibles pour les entreprises dans les zones d'activités de Seine-Maritime en 2018 (100 ha de plus qu'en 2011).

9 M€ Fonds de concours, sur trois ans, de la métropole de Lille pour la création ou l'extension de groupes scolaires.

L'ouverture du Fonds régional d'art contemporain (Frac) dans l'ancien quartier militaire Lorge à Caen est une fois de plus retardée. Dans les tuyaux depuis… 2004, inscrit au contrat de plan Etat-région, avec une maîtrise d'ouvrage déléguée à la Ville de Caen, le déménagement du Frac a été annoncé en 2015, puis en 2017, en janvier 2018 et, finalement, le mois prochain.

Prudent, le site de la collection d'art contemporain affiche désormais « Ouverture prochaine au 7, rue Neuve-Bourg-L'Abbé » et annonce une nouvelle saison hors les murs puisqu'elle a quitté ses anciens locaux en juin dernier. Officiellement, l'ouverture au public n'aura pas lieu avant la rentrée prochaine. Selon Emmanuelle Dormoy, vice-présidente de la région chargée de la culture et du patrimoine et adjointe au maire de Caen, l'installation des œuvres dans cet ancien couvent du XVIIe siècle, affecté à l'armée après la Révolution, a été différée à la suite, notamment, de soucis d'humidité nécessitant plusieurs mois de séchage. Le maître d'œuvre, l'agence Rudy Ricciotti, conteste cette version. Pour lui, l'humidité des murs calcaires ne pose plus problème. « Des mesures réalisées le 26 février par l'entreprise Lefevre (titulaire du lot), en présence de la région, sur le seul mur qui exhibait encore des tâches ont démontré qu'il n'y avait plus d'humidité anormale. Et en aucun cas ces traces n'ont rendu impossible l'entrée des équipes du Frac », soutient Gérard Le Goff, l'architecte de l'agence Rudy Ricciotti.

Le calendrier suspendu se télescope désormais avec l'agenda institutionnel. Car la nouvelle région ouvre le délicat chantier de la fusion des deux ex-Frac de Haute et Basse-Normandie. Où sera installé le siège de la nouvelle entité « à l'échelle de la grande Normandie » ? A Caen ? A Rouen ? Conservera-t-on deux sites, comme l'a affirmé l'élue en séance plénière du conseil régional le 19 février dernier ?

Quoi qu'il en soit, le bâtiment est bel et bien terminé. Certes, le projet initial de Rudy Ricciotti, qui prévoyait une extension surmontée d'un toit aquatique, a été revu à la baisse pour des questions de budget (désormais 9 M€, dont 7,5 M€ financés par la région, le reste par l'Etat). Seule la première phase du programme, concernant la restauration du couvent, a été maintenue, la seconde phase d'extension étant devenue optionnelle. Dans ce quartier ancien de Caen, l'architecte a privilégié « l'effacement et une lecture claire et spatiale de l'existant » en pierre de Caen, sans intervention brutale. Cela se traduit par des joints à chaux, des ardoises fines du Québec (les mêmes qu'à la Sorbonne et aux Invalides) en couverture, de la résine de marbre noire (identique à celle de la galerie des arts de l'islam du Louvre) en guise de plancher pour les trois galeries traversantes, etc.

La réhabilitation des écuries programmée. Le nouvel équipement doit jouer un rôle moteur dans la transformation du quartier Lorge. La Ville de Caen veut faire de l'ancienne enclave militaire de 4,8 ha « un pôle de vie culturel, dédié à la création artistique, non loin du Conservatoire, de l'Artothèque et du Centre chorégraphique national », annonce Emmanuelle Dormoy.

Sous maîtrise d'ouvrage de la Ville, le chantier de réhabilitation des anciennes écuries est déjà programmé. L'ancien dépôt de re-monte édifié en 1840 a abrité jusqu'à 700 chevaux. Il est constitué de onze box de 150 m2. L'état du bâti et le taux d'humidité nécessitent un diagnostic préalable pour chiffrer le coût de la réhabilitation (3 M€ estimés pour dix alvéoles). Les travaux pourraient démarrer à la fin 2018 pour une livraison espérée à l'automne 2019.

Officiellement, l'ouverture au public n'aura pas lieu avant la rentrée prochaine.

Sur les dix alvéoles réhabilitées, la Ville envisage d'en conserver trois en régie directe pour accueillir des résidences de création artistique. Les autres seront mises à disposition de la compagnie pluridisciplinaire caennaise Amavada, dont les locaux actuels sur la presqu'île portuaire seront démolis à l'automne 2018.

Entre-temps, l'association poursuivra, à l'instar du Frac, ses activités hors les murs. A Caen, les grands travaux rendent la culture nomade.

PHOTO - 11976_733749_k2_k1_1744343.jpg
PHOTO - 11976_733749_k2_k1_1744343.jpg
Une réhabilitation progressive

Le quartier Lorge deviendra un « lieu de vie culturelle, où le public pourra se croiser », explique Emmanuelle Dormoy, adjointe au maire de Caen chargée de la culture. Pour garder de la mixité, une promenade sera aménagée et une partie des bâtiments donnant sur la rue Caponière seront cédés pour du logement. Le reste du site devrait conserver une vocation culturelle. La Maison des associations, installée dans l'ancien mess des officiers, libérera ses locaux au début 2019 pour emménager dans le quartier de la Guérinière.

La réhabilitation des autres bâtiments - les écuries, la forge des maréchaux et la pharmacie vétérinaire - se fera par étapes. Elle sera « la plus neutre et la plus sobre possible, afin de ne pas dédier définitivement chaque édifice à une typologie d'activité », renchérit l'élue. Pour restaurer cet ensemble, inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques, la Ville compte solliciter l'aide de l'Etat, du département et de la région.

Commentaires

La culture attend à la porte de l'ancienne caserne Lorge

Votre e-mail ne sera pas publié

Éditions du Moniteur

Code pratique du patrimoine et de l’intervention sur le bâti existant

Code pratique du patrimoine et de l’intervention sur le bâti existant

Livre

Prix : 75.00 €

Auteur : Éditions du Moniteur

Voir

AMC N°270 - SPÉCIAL INTÉRIEURS 2018

AMC N°270 - SPÉCIAL INTÉRIEURS 2018

Presse - Vente au n°

Prix : 29.00 €

Voir

Opérations Immobilières n°106 - Loi ELAN

Opérations Immobilières n°106 - Loi ELAN

Presse - Vente au n°

Prix : 37.00 €

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur
Les cookies assurent le bon fonctionnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookiesOKEn savoir plusX