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La croissance se consolide sur les marchés

dominique errard, françois sagot, bernard reinteau, michel octernaud, nathalie bougeard, bertrand escolin, Annick Loreal, Laurent Miguet, Remy Mario, Thierry Thomas |  le 27/11/1998  |  ConjonctureRénovationLogementCollectivités localesFiscalité

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Malgré un accident de parcours en 1995-1996, la réhabilitation reste un moteur essentiel pour le bâtiment. La progression d'activité en volume pourrait être globalement supérieure à 1 % en 1998 et à 2 % en 1999. Les années qui viennent seront pour les entreprises du bâtiment des «années réhabilitation».

Après six années de récession, dont trois particulièrement éprouvantes pour les entreprises (la production de la construction en volume a chuté de 4,1 % en 1992, de 7,8 % en 1993 et de 4,4 % en 1996), le bâtiment a renoué avec la croissance. Légère cette année, celle-ci devrait monter en puissance en 1999 : la bonne orientation des permis de construire, enregistrée depuis plusieurs mois, va générer des travaux pour les entreprises dans les mois à venir.

Les avis des experts concernant les prévisions de croissance de la construction divergent : très optimiste, la Direction des affaires économiques et internationales du ministère de l'Equipement avance une progression de la production en volume du bâtiment de 1,8 % cette année (+ 2,4 % dans le logement) et entre 3 % et 3,6 % l'an prochain (+ 4,2 à + 6 % dans le logement). La Fédération française du bâtiment (FFB) et Marco (Développement Construction) ont un pronostic plus réservé, autour de + 1 %, et une croissance plus sensible en 1999. De son côté, la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (CAPEB) a estimé que la fermeté de la demande des particuliers (la reprise avait eu lieu dans le courant de l'été 1997) conduisait à une progression de 2 % cette année.

Une activité porteuse pour les entreprises

Ce retour dans le bleu s'est produit vers la fin de 1997 et s'est développé à petite vitesse tout au long de 1998, tiré par le logement neuf privé, surtout par la maison individuelle, mais aussi l'entretien-réhabilitation. Or ce marché, depuis plusieurs années déjà, a pris le pas par rapport à la construction neuve : en 1997 il représentait, selon la DAEI, 250 milliards de francs, sur un total de quelque 440 milliards de francs. Sur ces 250 milliards, 143 milliards provenaient du logement (dont 124 milliards dans le secteur privé) et 107 milliards du non résidentiel.

Pour les entreprises ce marché est porteur, puisque les années qui viennent seront des »années réhabilitation« dans tous les domaines : en 1997, selon la FFB, l'amélioration-entretien pesait pour 242 milliards de francs dans leur chiffre d'affaires global, contre 201 milliards pour le neuf. Et ce marché est dominé par les artisans : selon la CAPEB, la part de marché dans l'entretien-amélioration du bâtiment est estimée à 62 %, contre 38 % pour les entreprises de 20 salariés et plus.

Le Bureau d'études par secteur (BEPS), au travers de l'observatoire qu'il a mis en place à la fois pour le logement et le non-résidentiel sur le marché public de la réhabilitation (étude sur 30 000 chantiers publics codifiés statistiquement à partir des journaux d'annonces légales), note une production en volume de 65 milliards sur un total neuf et hors neuf de 101 milliards de francs : soit un poids de 26 % pour la réhabilitation des bâtiments publics (logement social, enseignement, santé, culture et autres) dans le total du marché. Le BEPS enregistre une progression de 11 % de l'activité du secteur public de la réhabilitation en 1997, par rapport à 1996 (+ 7 % dans le logement et + 13 % dans les autres bâtiments).

Un marché moins vulnérable que la construction neuve

Le marché de l'entretien-réhabilitation, après cinq trimestres dans le rouge, est revenu à l'équilibre au premier trimestre de 1997. Dans le logement, l'activité a progressé de 1,6 % en prix constants au cours des neuf premiers mois de 1998, par rapport à la même période de l'année précédente, souligne la DAEI. Puis, le rythme s'est stabilisé à 1,5 % au troisième trimestre, après un pic de 2 % au second trimestre. Dans le non résidentiel, l'activité a plus faiblement progressé au premier et au deuxième trimestre de 1998 (+ 1 %) et a enregistré un pic au troisième trimestre à + 2 %, par rapport à la même période en 1997.

La FFB explique cette nette amélioration dans le logement par la bonne consommation des crédits aidés au quatrième trimestre de 1997, mais aussi par l'incidence des mesures fiscales en faveur des travaux : un double système se cumule en 1998, d'une part avec une réduction d'impôt pour les grosses réparations, les travaux d'amélioration et de ravalement, d'autre part, un mécanisme en faveur de l'entretien et des revêtements de surfaces.

Dans le non-résidentiel, la FFB note que l'activité augmente modestement en 1998, mais que le marché privé possède des potentialités dans de nombreux secteurs : bâtiments industriels, bureaux, commerces. Et que des perspectives à moyen terme peuvent s'ouvrir dans les communes. Selon une enquête menée par la FFB auprès des communes, quatre priorités se dessinent dans la réhabilitation : les coeurs de village et centre-bourgs, les établissements scolaires, les bâtiments sportifs et les bâtiments culturels. D'une manière générale, au cours de la dernière décennie, le marché de l'entretien-réhabilitation est apparu moins vulnérable que celui de la construction neuve, plus dépendant des décisions politiques, et s'est développé progressivement, constituant toujours un moteur essentiel pour le bâtiment.

Devançant les fédérations professionnelles, la DAEI a récemment publié ses prévisions 1999 : l'entretien-réhabilitation du logement pourrait connaître une accélération de sa croissance, sous l'effet conjugué de l'accroissement des commandes des maîtres d'ouvrage privés, entreprises du secteur concurrentiel et particuliers, ainsi que des collectivités locales, après une période d'hibernation. La DAEI situe cette croissance l'an prochain entre 1,8 % et 3,5 % dans le logement et entre 0,7 % et 1,5 % dans le non-résidentiel.

GRAPHIQUES :

- Le premier marché du bâtiment (évolution de l'activité en volume 98/97 et 99/98 pour la construction neuve et l'entretien-réhabilitation)

LE MARCHE D'ENTRETIEN-REHABILITATION confirme sa position de premier marché du bâtiment et sa croissance : au-delà de 1% cette année, celle-ci devrait prendre de l'ampleur l'an prochain, tirée par les travaux dans le logement et dans les communes. Mais elle serait plus faible que dans la construction neuve.

- Les marchés publics en pointe (répartition en 1997 entre résidentiel et non-résidentiel)

LE LOGEMENT SOCIAL, LES BATIMENTS D'ENSEIGNEMENT, DE SANTE, DE CULTURE... représentent 65 milliards de francs de travaux de réhabilitation en 1997, sur un total neuf-réhabilitation de 101 milliards de francs (le total bâtiment représente environ 440 milliards). Ces marchés ont connu les plus fortes progressions.

- Remontée en pression de l'activité de l'entretien-réhabilitation (évolution en volume par trimestre sur trois ans )

L'ENTRETIEN-REHABILITATION A RENOUE AVEC LA CROISSANCE AU 2E TRIMESTRE DE 1997 DANS LE LOGEMENT (se stabilisant à 1,5 % cette année) et au 3e trimestre de 1997 dans le non-résidentiel (la croissance réelle en 1998, se situant au 3e trimestre). Au total, la croissance devrait se situer près de 1,5 % en 1998 (+ 2 % pour les travaux des artisans).

- Dynamisme des travaux dans le logement aidé (évolution de l'activité en volume pour les travaux aidés PALULOS et les travaux non-aidés et prêts à taux zéro de 1997 à 199)

L'ACTIVITE DE L'ENTRETIEN-REHABILITATION DANS LE LOGEMENT AIDE serait plus dynamique que dans le logement non aidé, tirée cette année par les prêts Palulos du secteur HLM. Ceux-ci rattraperaient leur retard, mais chuteraient l'an prochain. Tandis que les travaux non aidés qui ont du mal à démarrer en 1998, pourraient renouer avec une croissance vigoureuse l'an prochain.

- Reprise à petite vitesse du non-résidentiel (en volume)

DYNAMIQUE DANS LES BATIMENTS PUBLICS (culture, santé, enseignement), notamment chez les collectivités locales, l'activité le serait moins dans le secteur privé, notamment chez les entreprises du secteur concurrentiel (industries et commerces) qui sont plus actuellement dans une logique de construction neuve.

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