La crise remet l’entrepreneur-salarié au goût du jour
Marjorie Maurice, Corinne Chabauty et Martin Depaule (de gauche à droite), tous trois membres de Coop & Bât, une Coopérative d’activité et d’emploi basée à Lormont (Haute-Garonne).

La crise remet l’entrepreneur-salarié au goût du jour

Laurent Duguet |  le 10/09/2020  |  Coopérative100 % eau et énergie 100 % gros œuvre 100 % second œuvreMoi, artisan

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Les Coopératives d’activité et d’emploi, telle que Coop & Bât, basée en Haute-Garonne, trouvent actuellement leur raison d’être en protégeant leurs membres artisans.

Issue de la loi du 31 juillet 2014 relative à l’économie sociale et solidaire, la Coopérative d’activité et d’emploi (CAE) est une Scop qui propose une solution atypique pour les professionnels ne souhaitant pas immédiatement créer leur structure, ou pour les artisans lassés de gérer la leur. Ces CAE, 25 actuellement en France dans le secteur du bâtiment, proposent aux coopérateurs un cadre juridique, un statut d’entrepreneur salarié et une gestion administrative en contrepartie d’une contribution.

Un rôle d’appui

« L’entrepreneur salarié est entrepreneur, parce qu’il cherche lui-même ses marchés et réalise ses chantiers. Il reçoit son salaire en fonction de sa propre activité », explique Yannick Puisset, gérant de Coop & Bât, créée en 2011 et basée à Lormont (Haute-Garonne). La Coopérative d’activité et d’emploi vient en appui, par exemple en matière de comptabilité. Elle porte la responsabilité décennale ou mutualise les achats. Les 120 entrepreneurs salariés de Coop & Bât, d’une moyenne d’âge de 35/45 ans, dont une majorité de charpentiers, menuisiers, peintres, façadiers, climaticiens ou électriciens, affichent un salaire médian de 1 400 € pour un chiffre d’affaires global de 4 M€ en 2019.

Une couverture sociale

Dans la tourmente récente de la pandémie, ils ont pu apprécier la qualité de ce statut particulier. « Si j’avais été à mon compte au moment du confinement, avec le risque d’une trésorerie dégradée, j’aurais probablement dû continuer à travailler au mépris de ma santé et de celle des autres. Je mesure le choix d’adhérer à ce type de coopérative sociale et mutualiste offrant une vraie couverture sociale. » À 47 ans, Martin Depaule, peintre à Bordeaux, est, depuis 2016, l’un des 40 entrepreneurs associés de Coop & Bât, un cercle constitué sous forme d’une gouvernance partagée, qui prend les décisions stratégiques : « Avant de devenir entrepreneur salarié, j’avais hésité entre la micro-entreprise, l’auto-entreprenariat et le portage salarial. »

Un réseau social

Le 17 mars, le cercle des associés a prévenu les entrepreneurs de l’arrêt des chantiers, effectif le 20 au soir. « Grâce à notre réseau social interne, nous avons régulièrement informé les coopérateurs, détaille Yannick Puisset. Nous avons expliqué le contenu du guide de l’OPPBTP et travaillé en commun pour proposer un guide de reprise avec plusieurs objectifs : protéger sa santé, demander les attestations clients sur les chantiers arrêtés, établir le plan de continuation d’activité et remettre à jour le Document unique. La force de notre collectif permet d’être dans la veille, de la partager et de la rendre accessible à tous. »

Le bénéfice du chômage partiel

De plus, Coop&Bât, engagée dans une démarche RSE, a commandé du savon bio liquide et 10 000 masques. Mieux, grâce au statut d’entrepreneur salarié, chacun a pu prétendre, via Coop & Bat, au dispositif de chômage partiel. « La totalité des entreprises en ont bénéficié du 20 mars au 4 mai, poursuit le gérant de la Scop. Depuis le 4 mai, nous continuons à tenir compte des situations de garde d’enfants, des personnes à risque ou des difficultés liées aux chantiers en coactivité. » Alors que certains artisans à leur compte s’interrogent sur la répercussion du surcoût actuel auprès des clients, Coop & Bât n’y va pas par quatre chemins : elle invite les entrepreneurs salariés à valoriser le respect de la santé-sécurité par l’insertion d’une ligne Covid dans leurs devis.

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