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La construction européenne sort de la crise… sauf en France
Le BTP progressera de 1,3% en 2014, puis de 2% en 2015 - © © Euroconstruct

La construction européenne sort de la crise… sauf en France

Hugues Boulet |  le 03/07/2014  |  Europe

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Porté par la reprise économique que connaît l’ensemble du Vieux Continent, le BTP va connaître trois années de croissance entre 2014 et 2016 après avoir atteint son point bas en 2013, selon le réseau de société d’études Euroconstruct.

Dans le domaine des statistiques, il est des "drivers" plus fondamentaux que d’autres, telle l’évolution du produit intérieur brut. Sur la zone couverte par Euroconstruct, réseau de 19 sociétés d’études correspondant à autant de pays du Vieux Continent, le PIB progressera d’environ 1,8% en 2014, puis la croissance sera légèrement supérieure à 2% en 2015 et 2016. Sans doute ne faut-il pas chercher plus loin l’explication de la hausse de 1,3% de la production du BTP en 2014, puis de 2% en 2015 et de 2,2% en 2016, prévue par Euroconstruct à Oslo, le 13 juin, lors de la conférence semestrielle.

À l’inverse, après une stabilisation en 2011, le BTP était reparti à la baisse en 2012-2013 (-5,5%, -2,7%), suivant en cela la chute du PIB européen en 2012. « Cette conférence d’Oslo confirme celle de Prague, en novembre dernier, durant laquelle nous avions annoncé que 2013 serait l’année du bas du cycle européen, et qu’un scénario de vraie reprise sur trois ans se dessinait, grâce au retour de la progression des mises en chantiers dès 2014 », indique Nicolas Quinones-Gil, en charge du secteur BTP et de l’immobilier pour le Bipe, le membre français du réseau Euroconstruct. « La vigueur de la reprise est toutefois modérée compte tenu du faible niveau d’activité atteint par le secteur de la construction en 2013 (-22% par rapport au pic de 2007) », relativise l’expert. À titre de comparaison, la production du BTP était de 1 518 milliards d’euros en 2007, contre 1 297 milliards en 2013, ce qui constitue le chiffre le plus bas depuis 20 ans. 2014 et même 2015 ne marqueront donc pas un retour au niveau d’activité d’avant la crise des "subprimes".

Tous les sous-secteurs concernés

Sans doute parce que la bonne conjoncture économique est la raison principale de cette embellie, tous les sous-secteurs progressent. « La reprise est homogène », note même M. Quinones-Gil. Le bâtiment augmente de 1,2% en 2014 et de 1,9% en 2015. La progression du logement se concentra sur le neuf (+3,2% en moyenne sur 2014-2016), mais sera aussi présente sur la rénovation (+1,2%). Bien que la progression de la demande domestique soit faible et les finances publiques en mauvais état, le non résidentiel, boosté par la reprise économique devrait toute de même progresser de 1,5% en moyenne sur 2014-2016. Le génie civil augmentera lui de 1,5% en moyenne sur la période.

Le sud repart… de très bas 

Sur le plan géographique, le clivage entre une Europe du Nord supportant relativement bien la crise et une Europe du Sud plombée par ses dettes publiques, semble perdurer, mais d’une manière atténuée.  « L’Europe du Nord connaît un scénario de reprise, tout en ayant été moins affectée que le reste de la zone par la crise. » Dans ce groupe, on peut évidemment signaler l’Allemagne, même si le mouvement s’essouffle (+2,9% en 2014, +1,6 en 2015 et +0,6% en 2016). Le premier marché européen est dopé par le bon état de ses comptes publics, la nécessité de construire de nouveaux logements, de réaliser sa transition énergétique et de moderniser ses infrastructures de transport, qui sont en mauvais état, surtout les routes et les ponts. La Scandinavie continue à surperformer, notamment la Norvège et ses grands programmes d’investissements dans les infrastructures (+04% puis +4,1% et +3,2%). Le Danemark également se porte bien (+2,5%, +3,1%, +4,3%).

L’Europe du Sud, qui a vécu l’enfer des plans de rigueur des deux dernières années, commence à sortir du trou, mais cette amélioration est à  relativiser, car ces pays partent d’extrêmement bas. C’est le cas bien entendu de l’Espagne  (-5%, +0,9%, +3,4%), du Portugal (+0%, +2,5%, +3,5%)  et surtout de l’Italie, qui connait un vrai rebond avec politique économique vigoureuse (+0,2%, +1,0%, +1,7%).

Le Royaume-Uni dynamique, Pologne, la locomotive

En marge de cette distinction nord-sud, il faut noter le cas particulier du Royaume-Uni, dont l’activité (hormis 2012) n’aura pas trop baissé durant la crise, notamment grâce aux JO de Londres, mais qui a appliqué, sous l’impulsion du gouvernement Cameron, un programme de rigueur. Dopée par une reprise économique franche, le BTP progresserait de 4,4% en 2014, 4,7% en 2015 et 3% en 2016.


Dans ce paysage globalement apaisé, même si la reprise est faible et résulte en grande partie d’un effet mécanique de progression s’expliquant par un point bas d’activité, la France est un cas à part, en l’occurrence celui du dernier de la classe, bien qu’elle soit toujours le deuxième marché d’Europe, et de loin (205,7 milliards d’euros en 2013, contre 168,6 au Royaume-Uni). Elle est en effet la seule avec la République tchèque à suivre une tendance baissière lors des deux prochaines années (-1,2% en 2014 et 0% en 2015), puis une très timide reprise en 2015 (+1,4%). Des chiffres très inquiétants qui s’expliquent, là aussi, par des prévisions de croissance timides pour l’Hexagone (entre 0,7 et 1% en 2014).  « En France, le scénario de reprise présente d’importants facteurs de risque. Elle subit aujourd’hui la compétition de ses voisins sur le terrain de l’attractivité industrielle comme tertiaire. Nous faisons les frais de réformes non concrétisées suite à la crise de 2008 », indique Nicolas Quinones-Gil.

  Plus d’information avec le BEM, la lettre de la construction à l’international

Euroconstruct (www.euroconstruct.org) compte 19 sociétés d'études et de prévisions économiques spécialistes de la construction. Les rapports de la conférence de Copenhague peuvent être obtenus auprès du Bipe, membre français d'Euroconstruct (www.bipe.com). Les commentaires en marge de ces résultats ne sont pas le fait du Bipe, mais de la rédaction du BEM.

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