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La construction entre dans la quatrième dimension
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La construction entre dans la quatrième dimension

Defawe Philippe |  le 07/02/2008  |  France entièreArchitecture

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Le dernier clip des Chemical Brothers, une publicité pour la vodka Smirnoff, une super production hollywoodienne... Mais aussi les projets du nouveau CNIT de Paris-La Défense ou du stade Olympique de Londres : bienvenue dans le monde merveilleux de la 3D parmi les meilleures productions de l'année récompensées à l'occasion du salon Imagina qui s'est tenu à Monaco du 30 janvier au 1er février derniers.

Bienvenue à vous, architectes, urbanistes ou paysagistes car, dans ce monde virtuel, vos productions rivalisent désormais avec celles pour le cinéma, la publicité ou l’industrie. Meilleur film de promotion, meilleur film d’expertise, meilleur film de simulation 3D et prix spécial du jury... pour la première fois, les prestigieux "imagina awards" ont récompensé des productions 100% BTP (voir le palmarès en vidéo ci-dessous).

Pour les spécialistes, la présence d'une production comme celle réalisée pour Unibail aux côtés de Ratatouille, le dernier Disney, n'a rien d'étonnant. Car dans le petit monde de la 3D, l'immense secteur de la construction est un marché particulièrement prometteur. "Pendant plus de 25 ans, ce salon professionnel était réservé aux secteurs du cinéma, de la publicité et de la vidéo, mais depuis trois éditions, l'offre concernant la construction s'étoffe chaque année" explique Laurent Puons, directeur général d'Imagina.
Plusieurs raisons expliquent ce phénomène et en particulier l'évolution des technologies, dopées par l'industrie du jeu vidéo, et qui trouvent désormais de nouveaux débouchés dans l'architecture ou l'urbanisme. "Aujourd'hui, le passage de la 2D à la 3D est inévitable pour les architectes et autres professionnels de la construction. C'est un phénomène universel, même si beaucoup de professionnels sont encore à la 2D, voire à la CAO" constate Laurent Puons. "Pour autant, utiliser votre ordinateur comme une planche à dessin n'a aucun intérêt. Or, on utilise généralement qu'à peine 10% des capacités des logiciels que nous utilisons. Pour le passage à la 3D, l'important est de savoir gérer le changement" tempère Alan Lamont, vice-président de Bentley System, éditeur mondial de logiciels de conception.

Des prix à la baisse
Le prix à la baisse de ces nouvelles technologies, déjà amorties avec les jeux vidéo, devrait renforcer ce phénomène. "Le ticket d'entrée tourne autour de 7.000 euros, dont 2.000 pour le poste informatique auxquels s'ajoutent 2 à 3.000 euros pour une courte formation" explique un revendeur Autodesk.

Reste à franchir le cap. Lorsque trois agences d'architecture fusionnent pour former ateliers 234, l'occasion est trop belle. "Nous sommes passés de 55 à 95 personnes depuis 2005" explique Jean-Noël Burnod, architecte et responsable des systèmes d'information qui était invité à Imagina pour apporter son témoignage d'utilisateur. "Il a fallu tout faire en parallèle car chaque agence avait son histoire et ses pratiques. Tous travaillaient avec AutoCAD et nous sommes passés à la suite Revit Architecture, aujourd'hui en production sur plusieurs projets dont un immeuble de bureaux à la Défense". "Sur les projets que nous menons, nous nous interrogeons sur le contrôle d'ensoleillement, son environnement, sa destination… Il s'agit d'un véritable processus de projet et Revit Architecture s'y intègre tout à fait. Paradoxalement, cette approche pousse une réappropriation de l'objet architectural par nos collaborateurs" constate Jean-Noël Burnod.

La construction virtuelle reste marginale
C'est un fait : le développement des technologies de modélisation, de visualisation et de simulation 3D a bouleversé la conception. Mais il reste du chemin à parcourir avant de concevoir les bâtiments entièrement de manière virtuelle et de vérifier leur assemblage et la construction avant le démarrage du chantier. Bref, le fameux BIM, "building information model", déjà opérationnel dans certaines industries, ne l'est pas encore complètement dans le bâtiment.
Mais de quoi s'agit-il ? LE BIM est la création et l'utilisation d'informations coordonnées, calculables et cohérentes sous la forme d'un modèle unique. Cet environnement intégré permet aux architectes, ingénieurs et constructeurs d'avoir une vision globale et partagée de leurs projets. Le principal intérêt : améliorer et accélérer la prise de décision. Les projets y gagnent à la fois en qualité et en rentabilité. "Le BIM représente entre 0,5% et 1% du coût d'un projet et permet d'apporter 20% d'économie sur les coûts de construction" explique Edoardo Luzzatto-Giuliani, directeur Europe de Gehry Technologies.

Malgré ses atouts, le BIM tarde à s'imposer chez les concepteurs. Même au sein de grandes structures internationales comme Arup, le changement prend du temps pour imprégner les quelques 10.000 salariés d'une culture de conception virtuelle. "J'ai connu la 3D en 1995. Nous sommes en 2008 et je suis surpris du peu de changement dans les méthodes de travail, même si je pense que nous sommes à une époque charnière" explique Alvise Simondetti, architecte chez Arup. "Cela dit, nous utilisons toutefois le BIM dans certains projets, comme la gare King Cross, à Londres, pour faire fonctionner le bâtiment en utilisant par exemple des agents pour modeler l'espace. Nous allons jusqu'à raisonner en 4D avec l'introduction de la notion de temps".

La maquette numérique peut s'étendre à l'échelle d'une ville ou d'un territoire comme en témoigne la dernière version de LandSIM3D® de Bionatics. "A partir de données de type IGN, ce logiciel permet de modéliser en 3D un paysage existant en quelques heures seulement de manière géo-référencée" explique Stéphane Gourgout, co-fondateur de Bionatics. Les projets 3D peuvent ensuite être, facilement et avec précision, insérés dans le paysage. Là encore, cette technologie est abordable avec un ticket d'entrée à 7.000 euros pour le logiciel et des données géographiques de moins en moins chères (moins d'un euro le km2 pour des données IGN et 50 euros pour une ortho-photo de 1 km2).

Un formidable outil de communication
Conception mise à part, la 3D présente également un grand intérêt en matière d'aide à la décision et de communication. Là encore, les technologies du jeu vidéo sont venues bouleverser l'offre. C'est d'ailleurs en utilisant la puissance de la technologie du temps-réel issue du monde du jeu vidéo que deux architectes ont fondé IMAGTP. S'appuyant sur un partenariat exclusif avec Crytek, l'un des principaux studios mondiaux de création de jeux vidéo, IMAGTP propose une maquette virtuelle interactive qui permet des échanges plus poussés entre les décideurs d'un projet tout en offrant un outil de communication efficace grâce à des images, des films ou des visites virtuelles scénarisées pouvant être exploités à partir de la maquette. "Cette maquette virtuelle interactive permet également, dès le début de la conception, d'anticiper les utilisations. Sur le projet du tramway de Nice, la maquette a servi par exemple pour déterminer la place du mobilier, mais elle a également permis de résoudre des interrogations sur la taille des trottoirs car l'on retrouve les problèmes que l'on peut rencontrer sur les chantiers" explique Arnaud Moioli, directeur général d'IMAGTP.

Jean-Philippe Defawe


Voir en vidéo les productions 3D primées aux "Imagina awards 2008"

CNIT : Entrez dans la Lumière (meilleur film de promotion)

VTP (meilleur film d'expertise)

Les Hauts de Kérénoc – Pleumeur Bodou (meilleur film de simulation 3D)

Olympic Stadium (prix spécial du jury)

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