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La construction au bord de la disruption numérique

Bertrand Delcambre, président du comité de pilotage du plan transition numérique dans le bâtiment |  le 29/10/2018  |  Opérations immobilières

Comme dans tous les secteurs, la déferlante numérique envahit les métiers de la construction et bouleverse les pratiques professionnelles. Cette transition numérique est irréversible. L' outil numérique est devenu indispensable tant pour des raisons économiques que pour une plus grande maîtrise de la qualité. Fort d'une volonté politique et professionnelle, dans les prochaines années, ce secteur, réputé traditionnel, assistera à une modernisation globale. Parions qu'elle sera au bénéfice de chaque acteur et in fine des utilisateurs.

En janvier 2015, suite aux attentes exprimées par la filière bâtiment, la ministre du Logement, Sylvia Pinel, a mis en place le plan transition numérique dans le bâtiment (PTNB). Les organisations professionnelles du secteur étaient convaincues de l'intérêt de développer les usages du numérique, pour construire, mieux rénover et au-delà pour gérer, exploiter et assurer la maintenance pendant toute la durée de vie des bâtiments. Mais, elles ressentaient un besoin d'initiatives des pouvoirs publics afin d'éviter une fracture entre les majors du BTP qui ont les moyens financiers et humains d'investir et de se former aux nouvelles technologies et les PME et TPE du secteur, très nombreuses, qui auront plus de difficultés à s'adapter à cette déferlante qui touche tous les métiers.

Une feuille de route opérationnelle du PTNB, publiée en juin 2015, a mis en avant les besoins prioritaires des entreprises pour généraliser l'usage de la maquette numérique et du building information modeling (BIM). Les enquêtes effectuées 3 ans de suite auprès d'un grand nombre de professionnels ont mis en avant une évolution rapide des pratiques. À la fin de l'année 2017, le niveau d'adoption de la maquette numérique ou du travail collaboratif en mode BIM, toutes catégories d'acteurs confondues, s'établissait à 35 %. Derrière ce taux moyen d'adoption, il existe bien sûr des contrastes importants. On note une progression rapide du BIM chez les maîtres d'œuvre dont le taux d'appropriation atteint 50 %. La moitié des concepteurs, architectes, ingénieurs, économistes intègrent désormais le BIM dans leur démarche, et vont entraîner dans la foulée leurs partenaires. Du côté des maîtres d'ouvrage, les exemples de consultations où il impose l'usage de la maquette numérique dans les projets, sont de plus en plus nombreux, y compris pour ceux de taille modeste.

En corollaire de cette accélération, le besoin de formation monte en puissance : 53 % des professionnels interrogés déclarent avoir besoin de se former rapidement au BIM. Au regard de ces fortes attentes professionnelles, le développement d'une offre de formation de qualité, adaptée aux différents besoins, est très attendu. Au-delà du BIM et de la maquette numérique, de nouvelles technologies arrivent dans la filière : impression 3 D, drones, réalité virtuelle, objets connectés, intelligence artificielle. Elles auront, sans nul doute, un effet sur les modes de conception, de construction et de gestion des ouvrages. Le numérique permet d'entrevoir des progrès significatifs en termes d'efficacité économique, d'amélioration de la qualité, et d'optimisation énergétique à toutes les étapes des projets de rénovation.

La première étape d'un projet de rénovation consiste à rassembler les données du bâtiment à rénover : dimensions des ouvrages (pièces, murs, ouvertures, cheminements, etc. ), caractéristiques des matériaux en place, descriptif des équipements (système de chauffage, chauffe-eau, installation électrique). Des technologies numériques sont aujourd'hui de plus en plus performantes pour assister les professionnels dans la récupération de données sur les bâtiments existants. Scanner 3D, photogrammétrie, drones, caméras infrarouges permettent grâce à des logiciels de plus en plus intelligents la création semi-automatique de maquettes numériques. Ces technologies évitent les opérations de relevés sur site, très fastidieuses et souvent émaillées d'incertitudes. Elles procurent aux acteurs de terrain des gains de temps et de qualité très appréciables.

Demain, l'obligation d'un [...]

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