Environnement

La Chine fait son Grenelle

Mots clés : Energie renouvelable

L’histoire est parfois bien ironique. Alors qu’en 1968, année où furent conclus les premiers accords de Grenelle, nombre de manifestants portaient aux nues les principes maoïstes, cette fois, c’est la Chine qui nous imite.

Quelque jours après le vote, en première lecture, du projet de loi sur la mise en oeuvre du Grenelle de l’environnement, Beijing publie un livre blanc « sur la politique et l’action de la Chine contre le changement climatique ». Long d’une vingtaine de pages (dans sa version française), le texte n’élude rien : ni les mauvaises performances carboniques de l’Empire du milieu (premier émetteur mondial de CO2), ni les difficultés socio-économiques (10 millions de travailleurs nouveaux gagnent chaque année les métropoles), ni des gros problèmes d’environnement (250 000 km2 de terres arables menacés par l’érosion), etc. Pour autant, la Chine ne baisse pas les bras. Et le document rappelle que de nombreuses lois et réformes ont été mises en oeuvre pour réduire l’impact climatique du pays le plus peuplé du monde : plan national de lutte contre le changement climatique (2007), loi sur les énergies renouvelables (2006), objectif d’amélioration de l’efficacité énergétique (2007), nouvelles normes thermiques, fermetures des centrales thermiques de moins de 15 MW, hausse des droits de douane pour les produits énergivores (2007), renforcement des normes d’émission des véhicules, subvention de 150 millions d’ampoules basse consommation, réforme du secteur de l’électricité, etc.

Déja 6 OOO MW d’éoliennes et 110 millions de m2 de photovoltaïques
Malgré leur jeunesse, ces mesures donnent déjà des résultats. La Chine compte plus de 6 000 MW de capacités éoliennes et ses centrales photovoltaïques couvrent une surface de 110 millions de m2. Pour autant, la Chine n’en reste pas là. Elle développera la production d’électricité à partir de la biomasse, du gaz des marais et du grisou. Le solaire et le charbon « propre » seront aussi à l’honneur. De même que les grandes cogénérations et la capture et la séquestration du gaz carbonique. Pour parvenir à ses fins, Beijing a besoin de l’aide internationale. Certes, les représentants chinois s’activent dans tous les grands forums internationaux (CSLF, M2M, APP, MEM), mais cela ne suffit pas. Aussi, dans son livre blanc, la Commission nationale pour la réforme et le développement plaide pour une transformation du mécanisme de développement propre (dont la Chine est le principal bénéficiaire, ndlr) afin de faciliter le transfert de technologies.

enerpresse

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