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La Charente-Maritime, vent debout contre de nouveaux projets éoliens
Entre les parcs autorisés et les dossiers encore à l'instruction, de 300 à 475 éoliennes pourraient se dresser en Charente-Maritime. - © © Phovoir

La Charente-Maritime, vent debout contre de nouveaux projets éoliens

AFP |  le 26/03/2019  |  EolienCharente-MaritimeENREnergies renouvelablesDominique Bussereau

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Deuxième département préféré des Français comme destination touristique, la Charente-Maritime s'inquiète de voir sur ses paysages, des collines de Saintonge à l'estuaire de la Gironde, se hérisser de plus en plus de mâts éoliens. Et tente de dire stop.

Le 22 mars 2019, le conseil départemental de Charente-Maritime, présidé par l'ancien ministre Dominique Bussereau, a voté le principe d'un moratoire de deux ans. Le but : geler l'implantation de nouvelles éoliennes sur son territoire.

Une demande à laquelle l'Etat, seul décisionnaire, a peu de chances d'accéder : "Ce serait vécu par certains comme l’expression d’un retrait du gouvernement au soutien de l’éolien terrestre", estime le secrétaire général de la préfecture Pierre-Emmanuel Portheret.

En Charente-Maritime, personne ne s'accorde vraiment sur le nombre de mâts en activité ou en projet. Selon les services préfectoraux ou le département, le territoire abrite entre 71 et 81 mâts actifs, répartis sur 13 à 15 parcs. Avec les parcs autorisés mais non encore sortis de terre (plus de 130 mâts), et les dossiers encore à l'instruction, on oscille, selon les sources, entre 300 et 475 mâts potentiels à venir. Quel qu'il soit exactement, ce total est trop élevé pour Dominique Bussereau qui ne s'insurge "pas contre l'éolien mais contre l'abus d'éoliennes".

Dresser un inventaire

"La colère est montée lorsqu'une filière d'EDF a proposé la construction de 40 mâts sur l'estuaire de la Gironde, que nous protégeons depuis vingt ans, où nous avons créé des zones d'espaces naturels sensibles, des activités de loisirs, et où nous réimplantons l'esturgeon", explique-t-il à l'AFP.

La Charente-Maritime a donc lancé, début 2019, un observatoire de l'éolien "pour dresser un inventaire". "Nous avons été très surpris par le nombre de particuliers, associations et élus qui le saisissaient face à une foule de sociétés très mercantiles", relève le président du département, en pointant certains opérateurs qui ne sont pas "de grands partisans de l'environnement" et "vendent les éoliennes comme des réfrigérateurs".

Etablir un schéma de développement durable

Un moratoire de deux ans laisserait le temps "d'établir un schéma de développement durable et de faire le point sur les énergies renouvelables possibles dans le département. Nous misons beaucoup sur le solaire et l'hydrolien", ajoute l'élu.

L'annulation en 2017 par la justice administrative du schéma régional éolien de 2012 pour l'ex-région Poitou-Charentes, présidée alors par Ségolène Royal, a permis à nombre d'opérateurs de s'engouffrer dans ce "vide". Les juges avaient motivé leur décision par l'absence d'"évaluation environnementale" préalable.

Un moratoire qui divise

Mais tout le monde n'est pas d'accord sur le moratoire, pour des raisons diverses. Dans l'opposition de gauche, qui reconnaît un "mitage par l'éolien", on estime qu'on "va perdre deux ans. Il vaudrait mieux lancer des projets d'économie mixte, incluant les citoyens", estime Pascal Ferchaud, maire PRG de Saujon.

Patrick Picaud, coordonnateur de Nature Environnement 17, veut réagir au "cas par cas". "Sur le terrain, le rejet vient de la concentration" et du fait que "tout se passe un peu en secret jusqu'à ce que l'enquête publique arrive. Cela énerve les riverains", explique-t-il. Il regrette que "personne ne s'occupe des problèmes de biodiversité. Tout le monde se soucie du paysage et du prix de l'immobilier alors que les parcs éoliens massacrent des oiseaux et des chauves-souris".

Pour la Ligue de protection des oiseaux (LPO), "la vraie question" est celle de la difficulté pour les oiseaux à éviter les mâts quand ils sont nombreux. "Cinq machines, les oiseaux les contournent. Mais quand il y en a 80, c'est plus impactant", dit Geoffroy Marx, responsable local pour qui le département reste pour l'instant "vertueux", en ne touchant pas les zones protégées Natura 2000.

Localement, des colères montent. A Villeneuve-la-Comtesse, 700 habitants, une quinzaine de mâts en projet et des recours en justice, "on est à deux doigts d'avoir des gilets jaunes de l'éolien", peste Michel Soulard, président de l'association anti-éolienne locale. "Depuis ma fenêtre à l'ouest, je verrai douze éoliennes et six à l'est, à 900 mètres de là", s'insurge ce propriétaire d'un château du XVe siècle. Pour lui, moratoire ou non, là n'est pas la question.

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