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La centrale nucléaire de Fessenheim a épaissi ses radiers

Laurent Miguet (Bureau de Strasbourg du Moniteur) |  le 17/09/2013  |  EnergieHaut-RhinTechnique

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Le chantier d’épaississement des radiers des deux réacteurs de la centrale nucléaire de Fessenheim se solde par « une réussite technique et économique », selon son directeur Thierry Rosso.

Avec trois mois d’avance sur la prescription de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), Bouygues a bouclé dès cet été le chantier d’épaississement des radiers de la centrale nucléaire de Fessenheim. L’exploitant a profité d’un arrêt de tranche programmé pour enchaîner les travaux sur les deux réacteurs, en s’appuyant sur le retour d’expérience du premier, terminé fin juin, conformément aux exigences de l’ASN. « Cet enchaînement a permis d’accélérer la seconde partie du chantier », précise Thierry Rosso, directeur de la centrale.

Béton autoplaçant et parasismique

L’aspect le plus délicat, sur le plan technique, concernait la formulation du béton, « assez souple pour en faire un matériau autoplaçant, et assez résistant pour répondre aux objectifs de consolidation parasismique », précise Thierry Rosso. Le directeur de la centrale se félicite également du résultat, sur le plan de la radioprotection, « conforme aux prévisions, au millisievert près (1) ».

Accompagnée par les experts en génie civil du TüV, organisme allemand de contrôle technique et de certification, l’autorité de sûreté nucléaire confirme la réussite technique de l’opération. Le maître d’ouvrage se félicite aussi du bilan économique : chaque radier aura finalement coûté 10 millions d’euros, au lieu des 15 millions prévus. Sur l’ensemble des prescriptions de génie civil consécutives à la visite décennale du second réacteur, « il reste moins de 10 % à traiter », précise Thierry Rosso. Les travaux encore en cours concernent le doublement de l’étanchéité statique du batardeau.

Débat d’experts franco-allemands

Présenté le 16 septembre à Colmar devant la commission locale d’information et de surveillance (Clis) de Fessenheim, ce bilan ne met fin ni aux débats d’experts sur la capacité de la centrale à résister aux séismes et aux inondations, ni aux chantiers programmés pour renforcer cette capacité. La Clis a pris connaissance de l’étude commandée par le Land du Bad Würtemberg à l’öko Institut : comparant le site alsacien aux centrales nucléaires allemandes dont le démantèlement doit s’achever en 2022, l’organisme conclut à un déficit de sûreté de l’usine de Fessenheim.

Après les incidents survenus récemment dans le parc nucléaire allemand, Florien Kraft, chef de la division Alsace-Lorraine de l’ASN, plaide pour une approche pragmatique : « Les différences dans les méthodes de calcul rendent très difficiles la comparaison franco-allemande. Comparons plutôt les pratiques », s’exclame-t-il. Face à des performances théoriques mises à mal par des chevilles de fixation fragiles ou par des défauts non contrôlés entre les soudures d’une cuve, le représentant de l’ASN recommande une méthode : « Evaluer la robustesse globale en fonction du point le plus fragile ».

Ultime secours à l’étude pour 2018

Renforcer cette robustesse reste la ligne affichée le 16 septembre par l’exploitant. Conformément aux prescriptions post-Fukushima formulées par l’ASN pour les 19 sites et les 58 réacteurs nucléaires français, Fessenheim prépare l’étape suivante : la construction d’un « noyau dur », afin d’éviter les fuites radioactives consécutives à la perte de sources électriques et de refroidissement. Fin 2012, la livraison d’un bâtiment « d’appoint ultime », destiné à alimenter en eau les piscines, générateurs de vapeur et réacteurs, s’est déjà inscrit dans cette programmation.

A l’horizon 2018 – soit après l’échéance de la fin d’exploitation annoncée par le président de la République – la construction du « Diesel ultime de secours » reste évoquée pour Fessenheim comme pour le reste du parc. Une estimation de 2010 évalue à 30 millions d’euros la construction d’un tel équipement, qui s’ajouterait aux deux groupes électrogènes déjà en place à l’extérieur de la centrale. Autre perspective annoncée le 16 septembre : les prochaines visites décennales occasionneront une étude probabiliste de sismicité calée sur un tremblement de terre de magnitude 7,6, au lieu des 6,7 qui ont servi de référence jusqu’à aujourd’hui, en application de l’approche déterministe.

Poursuite d’exploitation ou démantèlement : pour les entreprises du BTP, les deux hypothèses occasionneront des marchés de travaux pendant de longues années encore.

(1) En physique nucléaire, le millisievert est une grandeur physique mesurant l'impact sur les tissus biologiques d'une exposition à un rayonnement ionisant, notamment à une source de radioactivité.

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