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La Calypso de Choisy-le-Roi menacée de démolition
La Calypso de Choisy-le-Roi. - © Robert Bernard-Simonet

La Calypso de Choisy-le-Roi menacée de démolition

JACQUES-FRANCK DEGIOANNI |  le 16/07/2018  |  RéalisationsEquipement

Réalisé en 1993, ce petit équipement de quartier est promis à destruction par une décision de la municipalité. Son architecte, Robert Bernard-Simonet, s’en émeut.

C’est un petit équipement coloré, ludique et joyeux, aux allures de bateau ou d’avion. Il abrite un centre de loisirs pour les jeunes enfants et une salle de restaurant qui peut être louée aux habitants du quartier des Gondoles, pour des rassemblements familiaux. Louis Luc, alors maire de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne) en avait confié, en 1992, la réalisation à l’architecte Robert Bernard-Simonet.

Installé à l’extrémité d’une rue pavillonnaire en impasse, entouré d’installations sportives et d’espaces verts, le bâtiment est également bordé par un bassin d’entraînement pour l’aviron. Hélas, ni ce cadre bucolique, ni l’appropriation jamais démentie du lieu par les habitants du quartier n’ont, semble t-il, dissuadé la municipalité de vouloir récupérer le foncier pour construire un nouveau collège.

 

"Solutions simplistes"

 

Dans un courrier adressé au Moniteur, Robert Bernard-Simonet « s’insurge contre la politique de la tabula rasa, trop souvent la règle en matière d’urbanisme et d’aménagement » et déplore « les solutions simplistes de facilité qui traumatisent la population. » Et de plaider pour « des solutions alternatives qui conduisent à régénérer la ville sur elle-même, comme les cellules d’un corps vivant qui ne pourrait survivre si on l’ampute brutalement d’un membre vital. »

Son architecte en appelle donc à une « mobilisation citoyenne » pour faire échec au projet de démolition de la municipalité, une décision incompréhensible qui « bafoue les principes de respect du droit d’auteur » selon Robert Bernard-Simonet.

 

Commentaires

La Calypso de Choisy-le-Roi menacée de démolition

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Corinne

19/07/2018 13h:55

Il est magnifique ce bâtiment, la municipalité devrait étudier une solution alternative et en profiter pour faire de ce pavillon joyeux (presque une "folie") un de ses supports de communication.

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je05

19/07/2018 14h:26

que dit la municipalité concernant ce ''faisons table rase du passé''? pour défendre il faut savoir!

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acrouan

19/07/2018 16h:50

Vite demander le classement de la Calypso de Choisy-le-Roi au patrimoine architectural du XX° siècle. C’est la seule solution à mon avis.

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Biclou

19/07/2018 19h:06

Je défends le point de vue de l'architecte.Il faudrait une rareté grave ( improbable) de terrain pour accepter un geste aussi vexant, contraire au droit moral de l'architecte reconnu par la loi et préjudiciable , et enfin sans doute coûteux.

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Segalo

20/07/2018 16h:41

Chères citoyennes, chers citoyens. Je suis loin de Choisy aujourd´hui, mais je permets de donner mon avis sur ce sujet. J´ai grandi dans cette ville de 1959 et en suis parti en 1979. J´y suis toujours revenu tant que ma mère vivait jusqu´en 2011. Choisy a vécu beaucoup de destructions importantes . Par exemple le chateau et son parc. bien sur , il en reste quelques vestiges comme les pavillons Gabriel et les alentours du parc de la mairie. Mais , ce que je veux dire, c´est que lorsque l´on hésite pas a détruire de telles structures , le reste me parait une bien petite chose. Alors, a ceux qui souhaitent garder le Calypso, battez vous jusqu´au bout et je souhaite bonne chance. J´éspère seulement revoir quelques quartiers de mon enfance quand je repasserais dans la ville qui m´a vu grandir. En attendant, la cité "La sablière" va etre détruite, c´est lá que j´ai grandi. Je pourrais raconter le quartier quand j´y suis arrivé , à bord d´une 4 Ch Renault, lété 1959. Nostalgie oblige. Ne détruisez pas tout, mesdames, messieurs les décideurs. Le passé a son importance, il parle, il existe dans l´ame des gens. Alors, un bon geste, gardez le Calipso, il tout simplement merveilleux.

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moudiblouz

20/07/2018 17h:01

Je partage la position de Robert Bernard-Simounet et je soutiens son action, au nom des principes de bonne gouvernance et de responsabilité citoyenne :1/ Il est inadmissible que soit remise en cause toute réalisation d'une collectivité à l'occasion d'un changement politique, sans qu'il y ait eu enquête préalable sur l'intérêt public, et sans consultation de la population concernée, et sans se poser par ailleurs la question des droits d''œuvre.2/ Les modes évoluent, les élus sont renouvelés périodiquement, et on ne peut pas laisser le patrimoine bâti à la merci de la subjectivité d'une personne ou d'un groupe, fût-il élu.3/ Un critère objectif et incontournable, c'est celui de la pratique d'usage, qui valide la véritable qualité architecturale d'un équipement, au-delà des réactions purement émotionnelles et futiles, du type « j'aime/j'aime pas », « c'est horrible », « on n'aurait jamais dü autoriser ça », etc. Avant de détruire un équipement qui fonctionne et qui convient à ceux auxquels il est destiné, il faut se poser la question de la légitimité d'une telle décision. Les adaptations, les transformations sont toujours possibles, à condition de respecter les règles juridiques, architecturales et techniques, qui régissent ce type d'intervention.

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Mina

20/07/2018 18h:35

Ce bâtiment est totalement anachronique pour 1993, il n'a aucune valeur architecturale à proprement parler. Il est entre la réplique d'un bâtiment moderniste et les blocs de jeux pour enfants à l'entrée des McDo... La destruction est parfois la seule solution malheureusement comme on peut le voir avec de grandes barres d'immeubles... En tant qu'architecte j'essaye de penser à la durabilité de mes bâtiments (anticiper les usages de demain, les prochaines contraintes thermiques, etc...). Cela n'a pas du être le cas pour celui-ci, dommage.

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Bernard PAURD

20/07/2018 22h:20

De tout Coeur avec vous, de mon côté, l'ANRU et des maîtres d'ouvrage incultes et féroces avec leurs habitants s'apprêtent à rayer de l'histoire tous mes travaux urbains pour relier des grands bâtiments de logements des années 50-60 avec leur contexte, a La Courneuve, a Ivry,60 000 tonnes de déchets qui vont totalement à l'encontre de la COP 21vont être dispersés dans la nature, et ils inventent des "fausses nouvelles" de pollution pour faire peur aux habitants et faire leur TABULA RASA, unique méthode depuis 40 ans. C'est aussi la solution la plus chère et qui ferme la porte a l'innovation technique

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Bernard PAURD

20/07/2018 22h:20

De tout Coeur avec vous, de mon côté, l'ANRU et des maîtres d'ouvrage incultes et féroces avec leurs habitants s'apprêtent à rayer de l'histoire tous mes travaux urbains pour relier des grands bâtiments de logements des années 50-60 avec leur contexte, a La Courneuve, a Ivry,60 000 tonnes de déchets qui vont totalement à l'encontre de la COP 21vont être dispersés dans la nature, et ils inventent des "fausses nouvelles" de pollution pour faire peur aux habitants et faire leur TABULA RASA, unique méthode depuis 40 ans. C'est aussi la solution la plus chère et qui ferme la porte a l'innovation technique

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Patrimonios

22/07/2018 15h:45

La question est "Pourquoi ce Monsieur ne se cache-t-il pas après avoir construit pareille horreur ?" Notre patrimoine architectural (notre pétrole à nous) a été considérablement abimé par ces personnes dont l'égo n'a d'égal que le manque de goût ...

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chrystele2000

23/07/2018 07h:46

Je suis de tout coeur "antidémolisseurs" ... L'essentiel est dit, je m'insurge contre les destructeurs de beauté et de patrimoine.

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Dominique BON

23/07/2018 18h:03

Il serait temps que les Maires aient une formation obligatoire en matière d'urbanisme et surtout en esthétique !!! Ce bâtiment me parait être une petite merveille.

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Architecture XXI eme siècle

24/07/2018 18h:30

La tabula rasa est un triste sort mais c'est le sort des bâtiments non évolutifs, trop spécifiques. Le développement soutenable nous oblige en tant que concepteur à plus de modestie et plus de souplesse. Voir son bâtiment détruit est d'abord un signe de son propre échec avant d'être celui d'un client.

1 réponse

Bernard PAURD

27/07/2018 01h:34

La tabula rasa qui produit une masse de déchets in-recyclables gigantesque est la solution insoutenable des analphabètes en Architecture et en Urbanisme. La modestie et la souplesse des concepteurs consiste à faire AVEC son patrimoine, à le connaître, à le comprendre, à savoir comment il a été construit et pour quoi, car c'est cette connaissance intime qui permet de développer des outils de transformation et d'évolutivité des bâtiments existants. Un urbain sans plus aucun "bâtiment trop spécifique" serait pire qu'un cimetière car même ceux-ci nous égayent l'esprit par des représentations des morts spirituelles. Tout casser tout détruire est d'abord le signe de l'échec de décideurs (clients formés à Sup de Co où l'on n'apprend hélas pas les bases de la culture architecturale) pleins d'à priori qui croient, avec le faux concept de "la ville sur la ville" que l'on peut continuer à utiliser en milieu urbain construit les méthodes des Trente Glorieuses qui pouvaient se justifier parce qu'elles étaient utilisées "dans les champs de betteraves". L'Architecture, au XXIème siècle peut avoir la souplesse et de dialoguer avec le patrimoine même modeste. La Calypso est un signe de l'Esprit, oui on peut faire avec, c'est une chance de l'avoir pour Choisy. J'ai les études chiffrées qui montrent que la tabula rasa est la méthode la plus chère, la moins écologique,la plus malsaine, la plus arriérée technologiquement pour traiter de l'urbain: le maintient sous perfusion des aspects les plus ringards de l'appareil productif du bâtiment retardent ses capacités d'adaptations.

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