Paysage

La biodiversité change d’Ami

Mots clés : Démarche environnementale

Les régions sortent renforcées de l’appel à manifestations d’intérêt (Ami) « Espace de biodiv’ », consacré à la diffusion de la trame verte et bleue dans les territoires. Le 6 février à Montpellier, le colloque de restitution de l’initiative lancée mi-2016 a révélé la solidité de l’échelon intermédiaire entre les stratégies nationale et européenne de continuité écologique et leur mise en œuvre opérationnelle.

Le défi paraissait cauchemardesque : « Entre nouvelles compétences, nouvelles majorités et nouveaux périmètres, les régions ont difficilement appréhendé l’intégration de leur schéma de cohérence écologique dans un  nouveau schéma des schémas », a rappelé Mireille Benedetti, vice-présidente de la commission Environnement, mer et  forêts de la région Provence Alpes Côte-d’Azur, le 6 février à Montpellier lors du colloque de restitution de l’appel à manifestations d’intérêt (Ami) Espace de Biodiv’, lancé mi 2016 par le ministère de l’Environnement. L’élue régionale a trouvé « la lumière au fond d’un couloir de Régions de France » dans la personne de Marielle Abric : la conseillère Développement durable de l’association d’élus régionaux lui a ouvert les clés de la loi Biodiversité.

 

Agences régionales en gestation

 

La souplesse de ce texte a facilité la prise de la mayonnaise qui aboutit aujourd’hui à la création en instance d’une dizaine d’agences régionales de la biodiversité : « Ni décret, ni circulaire, ni obligation. Chacun fait comme il l’entend, mais à condition de le faire avec l’Agence française de la biodiversité. La régionalisation ne marche que lorsqu’elle prouve sa capacité à faire nation », commente Marielle Abric. L’Ile-de-France a ouvert la voie aux ARB à l’issue de la transformation de Natureparif. Six régions ont signé des protocoles. Des discussions se sont engagées en Nouvelle Aquitaine et à Mayotte.

Hôte du colloque de restitution de l’Ami, l’Occitanie fait partie des adeptes du nouvel outil, qui contribue à la gestation d’une identité commune aux anciennes régions Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées. Tourné au cours de cinq ateliers de terrain animés par les Conseils d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE), le film « Arpenter les paysages » restitue le ressenti des acteurs locaux engagés sur la voie de l’urbanisme écologique : un exercice auquel se sont également pliés les CAUE d’Ile-de-France, avec, derrière la caméra, l’œil extérieur de la géographe Perrine Michon.

 

Approfondir la mise en réseau

 

Cheville ouvrière des « Espaces de biodiv’ » et garants de la finesse de la maille de la trame verte et bleue, la fédération nationale des CAUE a jeté des forces à la hauteur des enjeux : 40 de ses membres se sont engagés pour favoriser la convergence entre paysage et biodiversité. « Mais nous sommes encore au début du chemin », prévient la vice-présidente de la fédération Marie-Henriette Beaugendre, présidente du CAUE des Charentes. Les régions présentes le 6 février n’ont pas manqué de souligner leur volonté de continuer à s’appuyer sur le réseau départemental, désormais rodé à la médiation paysagère de la biodiversité. L’élaboration des schémas régionaux d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (le « schéma des schémas ») alimentera cette commande.     

Mais pour les  CAUE, la conscience de la fragilité des acquis s’ajoute aux interrogations sur l’après-Ami : « A partir de nos expériences duplicables, la mise en réseau reste à approfondir. Elle aidera les élus à ne plus avoir peur de la biodiversité : ils  y voient surtout des espèces qui vont causer deux ans de retard à leurs projets. Nous pouvons leur prouver que l’économie et l’écologie ne s’opposent pas », espère le président de la fédération Joël Baud-Grasset.

 

Floraison d’atlas communaux

 

Dans le nouvel Ami de la biodiversité, les CAUE cèdent le premier rôle aux communes et à leurs groupements : les atlas de la biodiversité communale (ABC) couvriront 703 communes représentées par les porteurs des 47 dossiers retenus après un premier appel lancé dans ce but en juillet dernier, avec une dotation de 5 millions d’euros. « Nous  lancerons un nouvel Ami dans ce but en 2018 », annonce Aurélien Daloz, chef de département adjoint du centre de ressources de l’Agence française de la biodiversité (AFB). Un autre Ami de l’agence, dédié aux Outre-Mer, portera sur la préservation, la valorisation et l’éducation.

La mobilisation de nouveaux acteurs inversera-t-elle la tendance résumée par le directeur de l’établissement né le 1er janvier 2017 de la loi Biodiversité ? Retrouvant ses accents de militant de la protection de la nature, Christophe Aubel a planté le décor le 6 février à Montpellier : « la biodiversité va mal, les indicateurs sont au rouge et c’est une mauvaise nouvelle, car depuis toujours, le vivant constitue le socle des sociétés. Que chacun s’y mette ! ».

Vous souhaitez réagir

Pour commenter l'article, vous devez être identifié ou vous inscrire
S'identifier

Pour accéder aux contenus et services en accès libre, identifiez-vous

Mot de passe oublié
S'inscrire

Vous souhaitez vous inscrire aux services proposés en accès libre.

Newsletter quotidienne et thématiques, alertes e-mail, commentaires sur les articles...

S'inscrire
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X