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L’irréductible granit breton fait de la résistance
Vue de la carrière Socal à Lanhélin (Ille-et-Vilaine). - © © Pierre Actual

L’irréductible granit breton fait de la résistance

Jean-Philippe Defawe (Bureau de Nantes du Moniteur) |  le 20/02/2017  |  ArchitectureAménagementTechnique

La pierre naturelle plébiscitée en aménagement urbain est la première à bénéficier d’une protection officielle avec une Indication géographique (IG) «Granit de Bretagne».

«C’est l’histoire d’une longue bataille qui a démarré en 2011 et a été relancée en mars 2014 avec la loi Hamon relative à la consommation qui a étendu le système de protection des indications géographiques (IG) aux produits industriels et artisanaux» raconte Christian Corlay, secrétaire général de l’Unicem Bretagne et de la toute nouvelle Association Indication géographique Granit de Bretagne créée pour gérer le label. Car depuis le 20 janvier dernier, le granit de Bretagne est protégé une IG homologuée par l’institut national de la propriété industrielle (INPI). «C’est la première IG dans le secteur des pierres naturelles» se félicite Christian Corlay.

Concrètement, cette IG protège les granits extraits de carrières implantés dans l’aire géographique définie dans un cahier des charges homologué (toute la Bretagne et la commune limitrophe de Saint-James dans la Manche) ainsi que les produits fabriqués, à partir de ces granits, dans les unités de production implantées dans cette aire géographique. Les 22 entreprises – artisans et PME – adhérentes de l’association Indication géographique Granit de Bretagne pourront désormais apposer sur leurs produits le très attendu logo «Indication géographique» et espèrent accueillir de nouveaux membres. Sous la houlette de l’association, les entreprises qui voudront commercialiser tout ou partie de la leur production sous l’IG Granit de Bretagne seront contrôlées par l’organisme de certification Certipaq qui vérifiera qu’elles respectent bien le cahier des charges homologué par l’INPI.

La place de la gare d’Amiens a été réalisée en granit de Bretagne.
La place de la gare d’Amiens a été réalisée en granit de Bretagne.

«On ne pourra plus voler le nom du granit breton. Cette homologation permettra d’éviter des actes de tromperie économiquement désastreux pour la filière.» assure Franck Legout responsable carrières et granit chez Groupe Ouest (Gagneraud) et président de l’association. Même en Bretagne, «il n’est malheureusement pas rare d’avoir une utilisation de produits exotiques dans les aménagements de ses bourgs et villes, parfois même à l’insu du maître d’ouvrage avec des tromperies sur la provenance» affirme-t-il.

Volontaire ou non, le choix, en grande partie par les collectivités locales, d’importer des produits venant de pays à faible coût de main-d’œuvre comme la Chine a eu des conséquences désastreuses sur l’industrie granitière bretonne. Selon les Douanes, les quantités importées de pavés, bordures et dalles de pavages en pierre naturelle sont passées de 125 507 tonnes en 1997 à 326 985 tonnes en 2015. L’IG devrait donc donner une bouffée d’air à ce secteur qui représente aujourd’hui une centaine d’entreprises réparties sur l’ensemble du territoire employant environ 700 salariés.

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