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L'ionisation cuivre-argent pour détruire les légionelles

FRANCOIS SAGOT |  le 23/03/2001  |  TechniqueBâtimentRéglementation techniqueInternationalFrance entière

Les méthodes utilisées traditionnellement pour détruire une concentration trop importante de bactéries légionelles dans les réseaux d'eau d'un bâtiment à risques (hôpital, maison de retraite, établissement thermal...) consistent à procéder à des chocs thermiques suivis d'une chloration.

Mais les résultats ne sont pas toujours probants en raison des difficultés de mise en oeuvre : il faut en effet être capable d'élever la température de l'eau, en tout point du réseau, à plus de 50 °C.

Si la chloration est moins contraignante puisqu'elle perturbe moins l'usage, elle représente à terme un risque non négligeable de corrosion accélérée, donc de dégradation des installations.

Une solution alternative

L'ionisation cuivre-argent pourrait constituer une solution alternative. Ce procédé a été développé à la suite des recherches menées dans les années 60 par la Nasa pour rendre potable l'eau de ses programmes spatiaux. Aux Etats-Unis, au Canada ou en Grande-Bretagne où les risques liés à la légionellose sont pris en compte depuis plus longtemps qu'en France, il rencontre un réel succès.

Le principe consiste à utiliser l'électrolyse pour enrichir l'eau en ions cuivre (Cu + + ) et argent (Ag + ) dans les circuits d'eau chaude sanitaire. Ces ions positivement chargés vont se lier avec les cellules négativement chargées des organismes bactériologiques tels que les légionelles. Cette liaison entraîne la destruction totale des cellules.

La start-up française Sanichem a obtenu la licence de distribution d'appareils d'ionisation développés par la société canadienne Aqua Ressources. Mais le P-DG de l'entreprise, Pierre-Olivier Jost, ne comprend pas l'attitude de la Direction générale de la santé qui tarde à se prononcer sur une demande d'agrément formulée il y a un an : « Avec les solutions classiques, on n'est pas capable d'éradiquer le problème. En revanche, avec l'ionisation cuivre-argent, on respecte les exigences de potabilité de l'eau tout en ne dégradant pas les réseaux. Seul inconvénient : nous sommes à la limite de la teneur en argent autorisée en France de 0,01 ppm. Or, ce seuil est particulièrement bas, sans que l'on sache vraiment pourquoi. »

Les systèmes commercialisés sont en mesure de traiter des débits allant jusqu'à 70 m3/h. Ils se composent de deux éléments : un boîtier de contrôle et une chambre d'ionisation en forme de « T » qui renferme les deux électrodes. Cette dernière est montée en dérivation dans le réseau existant.

A titre indicatif, le dosage nécessaire pour détruire les bactéries (mode curatif) est de 0,5 à 0,65 ppm de Cu2 + (ions cuivreux et cuivriques) et de 0,005 à 0,007 ppm de Ag +. Le coût d'une installation est de l'ordre de 5 300 à 7 600 euros (de 35 000 à 50 000 francs), avec une consommation annuelle d'électrodes de l'ordre de 380 euros (2 500 francs).

PHOTO :

Le système Sanichem se compose d'un boîtier de contrôle et d'une chambre d'ionisation où prennent place les électrodes.

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