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L'invention de la tour européenne (10/30) : Torres Blancas (1968), Madrid (Espagne)
1968 TORRES BLANCAS,MADRID, ESPAGNE - © © DR

L'invention de la tour européenne (10/30) : Torres Blancas (1968), Madrid (Espagne)

Jean-François Pousse |  le 05/08/2009  |  BétonProduits et matérielsArchitectureEuropeInternational

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L'architecte en voulait deux, calepinées de marbre blanc, d'où le nom de Torres Blancas, au pluriel. Il n'y en eut qu'une et en béton brut gris...

Mais quel béton et quelle tour ! Sáenz de Oiza, avec son maître d'ouvrage privé, un entrepreneur mécène, réussit à inventer un édifice sans réel équivalent. À part la circulation infernale de l'avenida de America qui longe son bâtiment et que l'architecte ne pouvait pas prévoir, sa tour est un concentré de solutions heureuses. Si l'idée d'en faire une petite ville en soi la relie à l'unité d'habitation de Le Corbusier, si elle expérimente aussi une autre forme de logement, si sa force plastique peut évoquer celle de la Cité radieuse de Marseille, elle explore d'autres univers spatiaux et formels. À l'image d'un bouquet campaniforme, elle dresse neuf fûts accompagnés de balcons en excroissances semi-circulaires et porte-à-faux, terminés en surplombs plus marqués par des sortes de grandes fleurs en soucoupe qui, tout là-haut, définissent ensemble une superbe terrasse avec deux piscines. Le grouillement des loggias, de leurs rambardes, de leurs jalousies bois et métal couleur rouille, l'absence quasi totale d'angle droit, les claustra de pavés de verre, créent un grand corps presque vivant dont les entrailles le sont tout autant et lui ressemblent. Les appartements, en pétales autour du noyau central, évoquent un système racinaire : ils se développent sur un ou deux niveaux en croisant cloisons courbes et droites, et semblent s'évaser jusqu'aux balcons aux balustrades souvent plantées. Faute de marbre en façade, il est utilisé pour la cage centrale d'escalier et d'ascenseur, symbole d'un soin poussé du détail. Il se retrouve partout, des sols autour de la tour, eux aussi traités en grands à-plats circulaires en relation directe avec les rues, aux huisseries des soucoupes en superstructure. À la fois rationnelle et organique, cette tour peut être reliée aux travaux de Wright ou encore de Saarinen, voire de Kahn et d'Utzon, que Sáenz de Oiza connaissait. Elle témoigne surtout, en cette fin du Franquisme, de la liberté et de la capacité à expérimenter de son auteur, une des figures de proue de l'architecture en Espagne au même titre que ses confrères José Coderch, Oriol Bohigas ou Alejandro de la Sota.

Ce feuilleton est réalisé dans le cadre de l'exposition "L'invention de la tour européenne" créée par le Pavillon de l'Arsenal.
Commissaire scientifique : Ingrid Taillandier, architecte et enseignante, Olivier Namias, architecte et journaliste avec Jean-François Pousse, journaliste / Scénographe : Manuelle Gautrand Architecture
Exposition du 14 mai au 4 octobre 2009 au Pavillon de l'Arsenal, entrée libre.
En savoir + sur www.pavillon-arsenal.com

Fiche Technique

Maître d'œuvre : Francisco Ransisco Javier Saenz De Oiza

Maître d'ouvrage : Juan Huarte

Ingénieurs structure : Carlos Fernández Casado | Javier Manterola

Calendrier :1964 - 1968

Adresse : 37, avenida de América | 28002 Madrid

Hauteur en mètres : 71 m

Nombre de niveaux : 23

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