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L’intelligence embarquée gagne les systèmes de direction
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L’intelligence embarquée gagne les systèmes de direction

Gilles Rambaud |  le 16/10/2015  |  Matériel de chantier

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Matériel de chantier
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Électronique. Eaton réfléchit à la manière de connecter la direction des véhicules de chantier à un calculateur, et anticipe les bénéfices qui pourraient en découler.

L’intelligence artificielle se généralise dans les engins de chantier, et il semble certain qu’elle va bientôt prendre le volant. Pas complètement, tout de même ! Et c’est là le frein : « Pour des raisons de sécurité, la commande humaine sur le volant doit rester prioritaire. Les normes nous l’imposent », signale Christophe Natter, chef de produit chez Eaton, l’un des principaux fournisseurs de composants hydrauliques pour engins de chantier. Cela ne l’empêche pas de réfléchir à des systèmes électroniques spécifiques à la direction, que ce soit celle d’un châssis articulé ou d’un châssis rigide. À condition, toutefois, qu’elle soit hydraulique, comme c’est presque toujours le cas pour les engins de chantier. Le principe est le même que pour tout contrôle électronique d’un système hydraulique. Le distributeur est doté d’électrovannes commandées par impulsions électriques ; des capteurs d’angle, d’assiette ou de pression sont placés à différents endroits de la machine ; ils envoient leurs informations à un calculateur qui, en réponse, pilote les électrovannes. Le tout s’efface instantanément derrière la commande humaine qui reste prépondérante, qu’elle provienne d’un volant ou d’un joystick. « Deux architectures sont possibles, nuance Christophe Natter. Soit le système est autonome et possède son propre calculateur, soit il se connecte via le bus CAN [Controller Area Network, NDLR] au calculateur central déjà présent dans la machine. » Dans ce cas, il faut mettre à jour le logiciel embarqué pour qu'il gère également la direction de la machine. Que pourrait-il alors permettre de faire ? « On peut imaginer beaucoup de choses. Par exemple une assistance à la conduite en ligne, l’ordinateur s’occupant des petits coups correcteurs alors que le volant reste droit. Ou encore une modification des réactions de la direction en fonction de la vitesse, avec des mouvements de plus grande amplitude à basse vitesse et de plus faible amplitude à haute vitesse. On peut aussi imaginer une aide au demi-tour qui réduirait les tours de volant à donner pour effectuer un 180°, du moment que l'ordinateur comprend que telle est l'intention du conducteur. Pour des engins à la fois routiers et non routiers, il pourrait y avoir un commutateur faisant passer la direction d’un mode à l’autre. » La liste n’est pas close et peut aller jusqu’à l’automatisation complète du véhicule. Est-ce de la science-fiction ? Pas du tout. Les chargeuses Caterpillar série M, dont la conduite s’effectue au joystick, font déjà appel à des solutions de ce type, et Eaton va bientôt lancer sur le marché des produits prêts à brancher dans les machines de ses clients.

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