En direct

L’immeuble de bureaux , entre contraintes financières et efficacité architecturale

CATHERINE SABBAH |  le 07/11/2013  |  TechniqueChantiersParis

Dans le métro un jeune homme appelle son bureau : « j’ai un problème de transport, j’aurai 3 à 4 minutes de retard, je vous prie de m’excuser ». A l’heure du nomadisme pour tous, il est encore des employés tenus par l’heure de pointage. Ce souci de ponctualité qui fait se lever tant de gens à la même heure et tous converger, via les mêmes métros, vers les mêmes quartiers, bat en brèche quelques idées, avant-gardistes il y a vingt ans, mais un peu dépassées aujourd’hui. Oui, il y a encore des immeubles de bureaux, et ils ont de beaux jours devant eux. Non, le télétravail n’a pas révolutionné les entreprises, ni les mobilités en ville. Pourtant, tout a changé ! Les bouleversements sautent aux yeux lorsque l’on visite des bureaux. Le mobilier passe-partout a disparu au profit de meubles aux formes variées, appelant à la détente. Des canapés, des chaises longues, des poufs, des grandes tables où s’attabler à plusieurs pour une « collation », des cuisines… Mais à l’inverse, les postes de travail rétrécissent, se resserrent et se ressemblent. Il est de bon ton, dans les entreprises au management moderne, de loger à la même enseigne – sur les mêmes plateaux et les mêmes bureaux – les employés et leurs managers, de pratiquer l’open space total ou semi-cloisonné. Pour finalement réserver 8 petits mètres carrés à l’espace de travail, réduit à une table, une chaise, un caisson à roulettes glissé dessous. Les entreprises sont de plus en plus nombreuses à pratiquer le desk-sharing, lancé par Andersen Consulting en 1995 : les postes ne sont plus attribués et moins nombreux que le nombre de salariés priés de brancher leur portable là où ils trouvent de la place.

L’histoire relativement récente de l’immobilier d’entreprise montre que l’architecture a façonné ou suivi les évolutions des modes de travail. Jusque dans les années 1950, l’entreprise se coule dans des immeubles généralement construits pour elle, dans un souci de démonstration de puissance. La réussite se lit dans la richesse ornementale des immeubles, sa hiérarchie s’affiche dans le sommet des bâtiments agrémentés de terrasses, de grands bureaux avec vues… Les théories du management développées au cours des Trente glorieuses tendent au contraire à gommer ces signes extérieurs. L’immeuble de bureau, comme l’usine au siècle précédent, devient un outil fonctionnel dans lequel la communication doit être rapide et le travail efficace. Il est aussi un actif financier qui se vend ou qui se loue et qui doit apporter à ses propriétaires – des fonds de pension étrangers, des sociétés d’assurances ou des sociétés foncières spécialisées dans la gestion des bâtiments tertiaires – la rentabilité qu’ils en attendent. Ces théories méritent toutefois d’être nuancées.

Forme, fonction ou emplacement ?

Depuis 2008, les loyers des bureaux n’ont pas augmenté en France. Ils ont même baissé en considérant les prix réellement payés par les entreprises locataires et non les valeurs affichées. Malgré la crise dont une des conséquences est la destruction [...]

Cet article est réservé aux abonnés AMC, abonnez-vous ou connectez-vous pour lire l’intégralité de l’article.

Déjà abonné

Saisissez vos identifiants

Mot de passe oublié ?
Se connecter

Pas encore abonné

En vous abonnant au Moniteur, vous bénéficiez de :

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index

Commentaires

L’immeuble de bureaux , entre contraintes financières et efficacité architecturale

Votre e-mail ne sera pas publié

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur