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L'imagination au pouvoir !

Dossier réalisé par Jean-Philippe Defawe |  le 24/02/2017  |  ArchitectureAménagementLoireLoire-AtlantiqueInternational

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Île de Nantes -

Pièce maîtresse d'un centre métropolitain en construction, ce laboratoire urbain veut redonner sa place à la nature et se présente comme une alternative à la « ville générique ».

A travers les différents quartiers qui la composent, l'île de Nantes (Loire-Atlantique) est à elle seule un concentré de l'histoire de l'urbanisme du XXe siècle. Pour le pire, comme la ZAC « post moderne » qui jouxte le conseil régional sur la pointe est, mais aussi pour le meilleur, avec la décision d'implanter, dès 1990, le palais de justice qui sera ultérieurement conçu par Jean Nouvel, et plus encore celle du maire de l'époque, Jean-Marc Ayrault, de confier à Alexandre Chemetoff le projet urbain de l'île de Nantes à partir de 2000. L'architecte-urbaniste fera émerger des espaces publics majeurs, comme le parc des Chantiers en 2007, qui donneront le top départ à ce qui sera considéré comme une référence dans toute l'Europe. L'alchimie fonctionnera pendant dix ans avant de buter sur le projet du CHU, Alexandre Chemetoff refusant de « tailler une escalope » pour y implanter cet équipement qui doit regrouper l'ensemble de l'offre de soins de court séjour sur un site unique.

La deuxième équipe de maîtrise d'œuvre urbaine conduite par Marcel Smets et Anne-Mie Depuydt (uapS) profitera au contraire de cette contrainte pour positionner l'île comme le futur « métacentre » de la métropole, notamment grâce à un système de transports en commun en réseau qui ne soit plus centré sur la place du Commerce, dans le cœur historique. Quant à « l'escalope » du CHU, elle deviendra digeste avec un site qui passera de 12,5 à 10 ha en glissant vers la Loire. Elle se fera même délicieuse avec le projet conçu par Art & Build et Pargade Architectes qui se proposent de réinventer le modèle d'hôpital pavillonnaire de centre-ville… même si chaque bâtiment aura sensiblement la taille d'un hôpital d'une préfecture en région. « Ma grande satisfaction est que le CHU ait pu trouver sa place en bord de Loire sans perturber l'équilibre même du projet urbain », déclare Jean-Luc Charles, directeur général de la société d'aménagement de la métropole Ouest Atlantique (Samoa). « Nous avions mal posé l'énoncé, tout simplement parce nous avions acquis du foncier à un endroit précis », reconnaît-il. Le déménagement du marché d'intérêt national (MIN) à Rezé en 2018 étant acté, plus rien ne s'oppose à la construction du nouveau CHU, qui devrait être livré en 2026 pour un coût global estimé à près de 1 milliard d'euros.

Déploiement d'une « figure paysagère ». L'autre apport décisif de l'équipe Smets-uapS est le déploiement d'une « figure paysagère » révélant l'identité des différents quartiers et donnant à l'île une structure d'ensemble. Cette armature sera d'ailleurs consolidée par la nouvelle équipe de maîtrise d'œuvre urbaine composée d'un noyau dur autour de la paysagiste Jacqueline Osty (mandataire), de l'architecte-urbaniste Claire Schorter et du bureau d'études en génie urbain Ma-Geo. L'équipe intègre également les ingénieurs conseils en mobilité de Roland Ribi et Associés, le concepteur lumière Roger Narboni (Concepto) et le collectif d'architectes nantais Quand même, qui sera mobilisé sur les expérimentations et l'implication des habitants. En proposant notamment d'implanter un système d'espaces verts, avec un grand parc métropolitain en bord de Loire, cette nouvelle équipe s'accorde pleinement avec la vision de Johanna Rolland, présidente de Nantes Métropole : « L'île de Nantes est la pièce maîtresse d'un centre métropolitain réinventé, qui offre, avec le Bas-Chantenay et Primil-les-Isles, 200 hectares à aménager autour de deux orientations : la Loire et la nature en ville », déclare la jeune élue.

Révéler l'identité des différents quartiers et donner à l'île une structure d'ensemble.

Pour éviter de tomber dans le piège de la « ville générique », le territoire se différencie aussi par son audace architecturale et son goût marqué pour l'expérimentation sous toutes ses formes. La Samoa, qui anime aussi le cluster du quartier de la Création (lire p. 27) , vient par exemple de mettre en place le programme « île de Nantes - expérimentations » visant, dans une démarche participative, à réaliser des aménagements d'espaces publics éphémères ou pérennes. « Pour nous accompagner sur la question des nouveaux usages dans les opérations immobilières, nous venons de lancer un appel d'offres pour une mission d'assistance à maîtrise d'ouvrage », indique aussi Alain Bertrand, directeur général adjoint de la Samoa. A l'initiative de l'aménageur, mais aussi des promoteurs ou des bailleurs sociaux, plusieurs expériences originales ont déjà pu être réalisées ou vont l'être, comme une conciergerie, la mutualisation des places de stationnement, des appartements modulables, de l'habitat participatif, des logements conçus pour la colocation, et bien sûr, des chambres, buanderies, ateliers ou jardins partagés. Cette réflexion sur les nouveaux usages porte aussi sur le logement social, voire très social, avec l'opération des « 5 Ponts » où les architectes de Tetrarc ont imaginé pour l'association Les Eaux Vives (Emmaüs) un programme mixte comprenant notamment un restaurant social alimenté par une ferme urbaine de 1 000 m2 située sur le toit.

Franchir la sacro-sainte barre des 50 mètres. L'imagination passe également par la technique, à l'image du bailleur social Nantes Métropole Habitat qui va lancer, en BIM, la construction de 120 logements en structure mixte bois-béton dans le quartier de la Prairie-au-Duc (YTAA-THE architectes/Sogea). L'ensemble se distinguera aussi par une émergence en R + 11, rare sur cette partie de l'île. En revanche, au centre, une skyline commence à se dessiner avec l'opération Polaris (lire p. 28) sur l'îlot Brossette où le campus de l'école Vatel sera doté d'une tour emblème au bord de la Loire en R + 18. En 2020, elle sera complétée un peu plus à l'est par trois tours développant environ 200 logements sur 19 étages pour le groupe Arc. Le projet a été confié à l'agence belge XDGA (Xaveer de Geyter Architects) associée à l'équipe nantaise Mabire-Reich. Ces deux projets franchiront la sacro-sainte barre des 50 mètres, un seuil qui sera atteint par une dizaine d'opérations dans le quartier EuroNantes Gare situé en face, sur la rive nord. Emulation, quand tu nous tiens !

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PHOTO - 5974_377191_k2_k1_947232.jpg - © VALERY JONCHERAY / SAMOA
Les dates et chiffres-clés

2000-2010

Première phase du projet urbain

Sous la maîtrise d'œuvre urbaine d'Alexandre Chemetoff

2010-2016

Deuxième phase

Avec l'équipe menée par Marcel Smets et Anne-Mie Depuydt (uapS)

2017-2025

Troisième phase

Avec l'équipe menée par Jacqueline Osty (paysagiste mandataire) et Claire Schorter

2026 Ouverture du CHU

2035 Fin de l'aménagement du sud-ouest de l'île

337 hectares

12 km de rives

18 500 habitants

22 000 actifs

70 hectares d'espaces publics retraités

737 000 m2 engagés sur 2003-2016

6 600 logements construits

6 000 logements restant à construire

1 million de m2 à réaliser d'ici à 2037

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