Paysage

L’Île-de-France crée la première agence régionale pour la biodiversité

Mots clés : Démarche environnementale

Lancée officiellement le 12 avril à l’Institut d’aménagement et d’urbanisme d’Ile-de-France, la première agence régionale pour la biodiversité illustre l’engouement pour ce nouvel outil. Sept autres régions s’apprêtent à utiliser la disposition de la loi Biodiversité d’août 2016 qui prévoit la possibilité de créer ces agences.

Issue de l’association Natureparif dont elle a repris les salariés, la première Agence régionale pour la biodiversité (ARB) donne à  la région Ile-de-France l’opportunité de maintenir sa réputation de pionnier des politiques publiques environnementales, tout en soldant l’héritage de la précédente majorité. La création de la nouvelle structure ouvre une perspective d’économie budgétaire : l’ARB partage avec l’Institut d’aménagement et d’urbanisme (IAU IdF) son siège et son directeur général, Fouad Awada. Ce regroupement rend possible la cession des locaux de la Cité de l’environnement que le conseil régional détient à Pantin, où la précédente majorité avait localisé plusieurs organismes qui composent aujourd’hui  le pôle environnement de l’institut.

 

Gouvernance partenariale

 

La gouvernance de la nouvelle agence démontre son ouverture aux partenariats : au sein d’une agence d’urbanisme elle-même caractérisée par la diversité de ses parrains, elle rassemble l’agence de l’eau Seine-Normandie, l’agence française  pour la biodiversité et l’Etat, à travers la direction régionale et interdépartementale de l’environnement et de l’énergie (Driee). Les urbanistes et les écologues identifient les progrès qui pourront résulter de leur nouvelle synergie : animatrice du label national Ecojardin qui récompense des pratiques écologiques tant dans des espaces publics que privés, l’ARB éveillera la vigilance des urbanistes sur « les espaces ouverts en milieu urbain, jardins en coeur d’îlot et terrains délaissés, souvent considérés comme urbanisables, au risque de sacrifier de précieux réservoirs de biodiversité », comme le souligne Pierre-Marie Tricaud, paysagiste au département Aménagement et urbanisme de l’IAU. Dans le  sens inverse, Maxime Zucca, naturaliste à l’ARB, espère un déminage en amont des sources de conflit potentielles : « Les vallées, par exemple, constituent des axes majeurs pour la continuité écologique comme pour l’urbanisme », souligne-t-il.

 

Eclaireur national

 

Au moment où les régions redessinées prennent en main leur rôle de chef de file dans la stratégie nationale de la trame verte et bleu, la longueur d’avance prise par l’Ile-de-France lui donne de fait un statut d’éclaireur, dans la gestation des agences dont la loi n’impose ni la forme juridique, ni la programmation : un « club des ARB » a tenu sa  première réunion en mars, avec les sept autres régions candidates. Le mouvement donne corps à l’esprit de la loi : « Ni décret, ni circulaire, ni obligation. Chacun fait comme il l’entend, mais à condition de le faire avec l’Agence française de la biodiversité. La régionalisation ne marche que lorsqu’elle prouve sa capacité à faire nation ». Marielle Abric, conseillère Environnement de l’association des régions de France, avait résumé en ces termes l’intention du législateur, le 6 février lors du colloque de restitution de l’appel à manifestation d’intérêts Espac’de Biodiv, consacré à la territorialisation de la stratégie nationale pour la trame verte et bleue.

 

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