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L'idée de nature croît en environnement tertiaire

Barbara Kiraly |  le 26/05/2017  |  ConjonctureTertiaire

Biophilie -

« Il est urgent de s'occuper de la question du bien-être des habitants : qualité de l'air intérieur, confort d'été et d'hiver, etc. », glissait Philippe Pelletier, président du Plan Bâtiment durable, lors de la 24 assemblée générale de l'institution fin avril. Alors que dans le tertiaire la tendance est à la réduction des surfaces, ce sujet monte en puissance chez les maîtres d'ouvrage. Et si la solution passait par la biophilie, l'attrait naturel des humains pour le vivant ?

Selon le rapport « Human Spaces » de Cary Cooper, professeur à l'université de Lancaster, les salariés qui travaillent dans un environnement composé d'éléments naturels, comme des plantes vertes ou la lumière du jour, déclarent un niveau de bien-être supérieur de 13 % à ceux qui évoluent dans des espaces traditionnels. Et leur productivité est 8 % plus élevée. « Par le passé, les experts ont fortement mis l'accent sur la consommation énergétique, qui représente 1 % du budget de maintenance d'un bâtiment. Améliorer la productivité et la motivation peut faire mouche auprès des entreprises », estime Christelle Leterme, chef de projets biodiversité construction durable au sein de la société de conseil Elan.

Barrière du coût. Certains freins entravent le développement de la biophilie en ville. « Ils sont plus psychologiques que techniques », juge Christelle Leterme. Faire entrer la nature dans les espaces tertiaires expose les entreprises à certains couacs. « En cas de mauvaise évacuation des eaux, des moucherons peuvent se développer », glisse-t-elle.

Autre frein : le coût, bien qu'il soit très difficile d'évaluer le prix des opérations. « Il faut intégrer cette dimension au projet le plus en amont possible, propose Pierre Darmet, secrétaire du Conseil international biodiversité et immobilier et directeur marketing du paysagiste Les Jardins de Gally. Et faire financer en partie les opérations par les pôles créateurs de services, comme les RH ou la communication. Cela donne un aspect concret à leur action. » Le développement de la biophilie pourrait également bénéficier d'un coup de pouce des villes, toujours plus sensibles aux projets faisant une large place à la nature.

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