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L'homme araignée
PHOTO - 14701_884993_k6_k1_2077544.jpg - © RENAUD CHAIGNET / LE MONITEUR

L'homme araignée

EMMANUELLE N'HAUX |  le 31/08/2018  |  Risques naturelsPlan de prévention des risques

Cordiste -

Depuis douze ans, Nicolas Lausenaz travaille au-dessus du vide. Son activité nécessite esprit d'équipe, rigueur et excellente condition physique.

Le vertige, il ne connaît pas. « Ce que j'affectionne le plus, c'est d'évoluer sur les falaises de grande hauteur », précise même Nicolas Lausenaz, 33 ans, devenu cordiste par hasard. Amateur de sports de grimpe, il découvre ce métier lors d'une mission en tant qu'intérimaire au sein de CAN, une PME spécialisée dans les travaux difficiles, qui l'embauchera en CDI dans la foulée. C'est plus particulièrement dans le domaine de la prévention des risques naturels que Nicolas œuvre au quotidien.

Le jeune homme travaille aussi bien en France qu'à l'étranger. De la pose de barrières pare-blocs au cap Aokas en Kabylie (Algérie) aux travaux de confortement sur les bords du lac Koman en Albanie, en passant par un séjour sur l'île de Sainte-Hélène (dans l'Atlantique sud, appartenant au Royaume-Uni), Nicolas a vu du pays ! Aujourd'hui, il intervient en Isère, sur la commune de Mont-de-Lans. « Nous travaillons à la sécurisation d'un chemin de randonnée sur lequel les vestiges d'une ancienne porte romaine présentaient un danger pour les marcheurs », indique-t-il. Sur ce site, niché en pleine nature et accessible après vingt minutes de marche, Nicolas, promu chef de chantier en 2014, encadre une équipe de quatre personnes.

Bardé des certificats de qualification professionnelle nécessaires à l'exercice du métier de cordiste, il a acquis son expertise multitâche sur le terrain. « Notre travail nous amène à faire des forages, à injecter du ciment, à gérer des approvisionnements de matériel par hélicoptère comme c'est le cas à Mont-de-Lans. Tout cela s'apprend avec l'expérience, au fil des chantiers », précise-t-il avant d'ajouter : « Le travail sur corde est infime par rapport à tout ce que l'on doit faire sur un chantier ! »

Anticipation et organisation. En dehors des connaissances techniques, le métier de cordiste nécessite de savoir travailler en groupe. « L'esprit d'équipe est indispensable, insiste-t-il. On se connaît tous et on doit pouvoir compter les uns sur les autres en cas de pépin. » En qualité de chef de chantier, Nicolas doit également anticiper et organiser le travail. « Certains chantiers sont plus éprouvants que d'autres car nous déplaçons et utilisons, dans des postures peu confortables, des matériels qui peuvent être lourds et encombrants. Je dois veiller à bien aménager les postes de travail, pour que les gars travaillent en sécurité, et à limiter ou à partager l'exécution de certains travaux difficiles », détaille-t-il.

Passionné par son métier, le cordiste s'émerveille encore de tomber nez à nez avec un chamois sur une falaise ou de voir des rapaces de très près. Mais ce père de deux enfants en bas âge pointe quand même quelques désagréments. « Même si j'ai arrêté de fumer et que je fais du sport le week-end pour m'entretenir, le corps s'use ! Par ailleurs, mon métier m'oblige à partir sur des chantiers loin de ma famille. »

Formation et salaire

- Certificat de qualification professionnelle (CQP) cordiste niveau 1 et 2, au terme d'une formation dispensée par les organismes agréés.

- CQP Ouvrier protection risques naturels.

- CQP Technicien organisation de travaux sur cordes (niveau F dans la convention collective des TP).

- Salaire lié au niveau d'expérience du candidat.

« La spécialisation de notre entreprise est un gage de sécurité »

« La réalisation des travaux d'accès difficile sur cordes est le domaine d'entreprises spécialisées. La professionnalisation de nos métiers passe par la mise en place d'outils répondant aux enjeux actuels.

La digitalisation est l'un d'entre eux. Nous réalisons par exemple les relevés de falaise au moyen de drones équipés de capteurs numériques. La mécanisation de certaines opérations nous conduit également à utiliser des machines spécifiques comme des foreuses hydrauliques. Enfin, nous portons une attention particulière à la préparation physique de nos cordistes avec un programme d'échauffement, d'éveil musculaire et de récupération physique spécialement mis au point par notre centre de formation.

La spécialisation de nos entreprises est indispensable pour garantir la sécurité et la qualité dans la réalisation de chaque projet. »

Cédric Moscatelli, directeur général du groupe CAN

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PHOTO - 14701_884993_k5_k4_2077543.jpg - © CAN GROUPE

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