L'Actu

L’histoire sans fin de l’EPR finlandais

Le groupe énergétique finlandais TVO et Areva sont de plus en plus pessimistes sur la date d’entrée en service du premier réacteur nucléaire de 3e génération. Dans des communiqués séparés publiés vendredi 17 octobre, les deux groupes évoquent 2012. Soit plus de deux ans de retard sur la date prévue.

En construction depuis 2005 sur la presqu’île finlandaise d’Olkiluoto, le premier EPR, réacteur nucléaire de 3e génération, devait démarrer en 2009. Las, il semble, selon un commniqué du groupe énergétique finlandais TVO publié vendredi 17 octobre, que « de nouveaux délais retardant l’entrée en activité de la centrale sont intervenus », conséquence : « sur la base des informations actuelles reçues du constructeur, Areva-Siemens, les travaux de construction de la centrale nucléaire civile pourraient prendre plusieurs mois de plus que prévu ». Durée du délai : « la date de démarrage pourrait être retardée jusqu’à 2012 ». La veille déjà, le chef du projet de construction de l’EPR « Olkiluoto 3 » chez TVO, Jouni Silvennoinen, avait déclaré à des journalistes sur le site que le « démarrage (était) prévu à la mi-2011 ». Les problèmes sont donc plus importants que prévus.
Selon le calendrier, le génie civil doit s’achever mi-2009, la phase de montage qui débute à peine est planifiée sur deux ans, les éléments principaux du réacteur devant être livrés de fin 2008 à fin 2009. Puis un an au moins doit être consacré aux essais avant le raccordement au réseau. Mais tout est décalé. Pouvait-il en être autrement diront les sceptiques lorsqu’on sait que l’annonce successive de trois reports ont mené à accumuler deux ans de retard dès les deux premières années du chantier?

Ping-pong
En attendant, les parties concernées se renvoient, dans un ping-pong de communiqués, la responsabilité de ce retard. De son côté, TVO souligne que les retards incombent au consortium Areva-Siemens chargé de la construction. « Evidemment, le constructeur est responsable du calendrier et des éventuels augmentations de coûts ». En Finlande, Areva a été confronté à une série d’aléas, dont le moindre n’a pas été la procédure d’approbation extrêmement longue menée par l’autorité finlandaise de sécurité nucléaire (STUK), huit tuyaux de circuits primaires ont ainsi dû être refaits pour répondre à ses exigences. Et quelque 100.000 documents d’audit doivent être transmis aux autorités de contrôle du chantier, souligne régulièrement Areva qui impute donc une partie de ces retards à TVO qui n’aurait pas tenu compte de ses avertissements. « Face aux délais constatés dans l’avancée du chantier, le consortium Areva-Siemens a réussi à convaincre TVO de mesures d’accélération et d’amélioration du programme dont la mise en oeuvre incombe largement à celui-ci », a indiqué le groupe nucléaire dans un communiqué. On ne peut qu’estimer le montant de ces retards dans la note finale pour TVO à qui Areva avait vendu l’EPR, 3,3 milliards d’euros. Les chiffres de 1,5 ou 2 milliards d’euros supplémentaires sont avancés.
Areva, qui construit actuellement un EPR en France à Flamanville (démarrage prévu en 2012) et doit aussi construire deux EPR en Chine pour l’électricien chinois CGNPC, a donc tout intérêt à ce que l’histoire de l’EPR finlandais touche rapidement à sa fin avant que le réacteur ne se transforme en puits sans fond.

Adrien Pouthier

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X