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L’extension du Port de Calais, un avant-goût du plan Juncker
Le Port de Calais - © Région Nord-Pas-de-Calais

L’extension du Port de Calais, un avant-goût du plan Juncker

Hugues Boulet |  le 26/02/2015  |  EntreprisesBâtimentDirective européenneTransports mécaniquesTravaux sans tranchée

Le coup de pouce apporté par la Banque européenne d’investissement a rendu possible cette opération d’un cout de 650 millions d’euros, qui sera réalisée par Bouygues Travaux Publics.

Si l’extension du Port de Calais ne rentre pas à proprement parler dans le "Plan Juncker" – qui ne trouvera ses premières concrétisations qu’à l’automne – il s’inscrit sans aucun doute dans la dynamique d’investissement voulue par le président de la Commission européenne, à savoir inciter les acteurs privés à mettre de l’argent dans des projets d’infrastructures rentables à long terme, mais qui présentent un risque trop important.

Lancé en 2007 par la Région Nord/Pas-de-Calais, qui prévoyait alors un début des travaux en 2010, l’extension du port de Calais est un exemple parfait de ces projets indispensables sur le plan économique, mais qui tarde à se concrétiser en raison de leur coût important. En l’occurrence, le programme "Calais Port 2015" de doublement des capacités actuelles de l’infrastructure est évalué à 650 millions d’euros pour la partie construction. Sont prévus la réalisation d’une digue d’environ 3 kilomètres pour abriter un plan d’eau de 90 hectares, ainsi que l’aménagement de 44 hectares de nouveaux terre-pleins gagnés sur la mer comprenant un terminal ferroviaire bord à quai et des infrastructures intermodales rail-route-mer.

Le Port de Boulogne-sur-Mer inclus dans l’accord


Avec plusieurs années de retard, un accord sur le financement de ce projet est finalement intervenu. Il a débouché sur l’annonce, le 19 février, de la signature d’un contrat de délégation de service public (DSP), sur une durée de 50 ans prévoyant la conception, la construction, le financement, l’entretien et l’exploitation de "Calais Port 2015". Est également incluse dans ce marché la concession du Port de Boulogne-sur-Mer, premier port de pêche en France, qui bénéficiera lui d'une remise à niveau des équipements de la filière halieutique.

Le titulaire du contrat sera la Société d’exploitation des ports du Détroit, composée du  fonds d’investissement privé Meridiam, de CDC Infrastructure (groupe Caisse des Dépôts), de la CCI Côte d’Opale, de la CCI de Région Nord de France et du Grand port maritime de Dunkerque. Ils apportent ensemble, en fonds propres, 117 millions d’euros, dont 40% du total pour Meridiam.

Allianz rentre dans la boucle

Mais le projet n’aurait pas été possible sans l’appui de la Banque européenne d’investissement, qui a mis en œuvre un instrument de rehaussement d’emprunts obligataires – le PBCE ("Project Bond Credit Enhancement") – dont le but est de renforcer la solvabilité des projets publics financés par des obligations afin de les rendre intéressants et acceptables pour des investisseurs institutionnels. Résultat : l’assureur allemand Allianz et des investisseurs tiers ont souscrit une émission obligataire de 525 millions d’euros.
Une logique de "coup de pouce" de la BEI qui devrait se généraliser avec le Plan Juncker et son "Fonds européen pour les investissements stratégiques", qui apportera une garantie partielle aux investisseurs privés. Il est d’ailleurs à noter que l’extension du Port de Calais faisait partie de la liste des projets présentés par la France comme susceptibles de pouvoir bénéficier du plan Juncker.

Partie prenante du RTE-T


Situé le long d’un des détroits les plus fréquentés au monde, le port de Calais est le 1er port d’Europe continentale pour le trafic voiturier, le 1er port européen de liaison avec l'Angleterre, 4e port français de marchandises et 1er port français pour le trafic des voyageurs et 2e port européen des voyageurs, derrière Douvres. Il s’inscrit dans l’un des corridors du Réseau transeuropéen de transport (RTE-T), le "Mer du Nord, Méditerranée". Le projet "Calais Port 2015" devrait donc bénéficier de subventions européennes dans le cadre des fonds alloués par le "Mécanisme pour l’interconnexion", l’outil de financement pour la réalisation du RTE-T. Selon Meridiam, la région Nord-Pas-de-Calais devrait en tout cas dans les prochains jours déposer une demande en ce sens à la Commission européenne. 270 millions d'euros de subventions, locales, nationales ou européennes, sont en tout cas nécessaires pour boucler le financement.

Un groupement d’entreprises formé par Bouygues Travaux Publics prendra en charge les travaux de construction échelonnés de 2015 à 2020 et créateurs de plus de 2 000 emplois. Ce groupement a été retenu après une mise en concurrence organisée par la Société des Ports du Détroit à qui la société concessionnaire a confié la maitrise d’ouvrage de Calais Port 2015. Avait également été candidat Vinci, Eiffage et le Belge Besix.

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