Le moniteur
L'exposition au plomb reste une menace pour de nombreux foyers français
Détection de plomb dans les peintures - © © CSTB

L'exposition au plomb reste une menace pour de nombreux foyers français

Adrien Pouthier |  le 12/07/2012  |  Produits et matérielsBâtimentEducationPeinturePerformance énergétique

Ma newsletter personnalisée

Ajouter ce(s) thème(s) à ma newsletter personnalisée

Logement
Produits et matériels
Bâtiment
Education
Peinture
Performance énergétique
Réglementation thermique
France entière
International
Immobilier
Technique
Second œuvre
Revêtements muraux
Energie
Valider

Malgré une réglementation de 1949 qui interdit les peintures au plomb dans les logements, une étude coordonnée par le CSTB montre que plus de 800.000 logements en France présentent des peintures au plomb, dont 170.000 dans un état dégradé pouvant exposer les enfants. Et parmi ces logements, certains ont été construits après 1949...

Quels sont les seuils réglementaires fixés en France pour les concentrations en plomb ? Si la médecine fixe à 100 µg (microgrammes) par litre de sang le taux de plomb à partir duquel on considère qu'un patient est atteint de saturnisme, la maladie neurologique liée au plomb, et si la commission européenne impose une concentration de plomb dans l’eau du robinet inférieure à 25 µg/L (10 µg/L à compter du 25 décembre 2013), aucune norme franco-française n'existe. Et les scientifiques s'appuient notamment sur la réglementation américaine, en pointe en la matière.

Surtout, on ne disposait, jusqu’à présent, d'aucune donnée nationale sur la contamination des logements français en métaux. Une étude a donc été menée dans le cadre du projet Plomb-Habitat au sein de 484 foyers. Elle visait notamment à mesurer les concentrations de plomb dans l’eau du robinet, dans les peintures ainsi que dans les poussières déposées au sol.
Il en ressort que :
- environ 3 % des habitations concernées présentent une concentration de plomb dans l’eau du robinet supérieure à 10 µg/L, valeur limite maximale fixée par la commission européenne à compter du 25 décembre 2013.
- 7 500 habitations (0,2 % des logements étudiés) et 45 000 parties communes présentent une concentration en plomb dans les poussières déposées au sol supérieure aux recommandations fédérales américaines (40 µg/ft² soit environ 430 µg/m²).

Des recommandations d'ici la fin d'année

Pouvait-on s'y attendre ? "Non, on ne "s'attendait pas" à ces résultats", explique Jean-Paul Lucas, du CSTB, un des auteurs de l'étude. "Mais pour la simple raison que l'on n'avait aucune idée préalable sur la contamination des logements français en métaux. Et si, pour la plupart des métaux mesurés, on n'est pas surpris parce que les concentrations sont sensiblement équivalentes à celles relevées dans les autres pays, le plomb est un cas particulier."

En effet, l'un des principaux responsables de l'exposition au plomb (après les aliments) est bien connu. Il s'agit de la peinture au plomb. Or, les chercheurs ont été quelque peu surpris de découvrir que 878.000 logements en contenaient - dont près de 170.000 (4,7 %) dans un état dégradé pouvant exposer les enfants - et ce, même dans des logements construits après 1949 (date marquant l'interdiction de l'utilisation des peintures au plomb) et jusqu'en 1973.

Des prélèvements sur les espaces extérieurs à l’habitat (aires de jeux ou parties communes des immeubles le cas échéant) ont complété ces investigations. Et renforcent l'impression que l'exposition au plomb, malgré une baisse considérable du nombre de cas de saturnisme, reste encore bien trop importante

37.000 espaces de plein air présentent ainsi une teneur en plomb supérieure au seuil actuellement en vigueur aux Etats-Unis pour la terre (400 mg/kg). La quantité de poussière de plomb recueillie en extérieur atteint un niveau environ 3,2 fois supérieur au plus haut niveau de poussière intérieure prélevée.  

 Si cette étude valide les politiques de prévention selon le CSTB, elle incite donc également à les renforcer. Et cela passe sans doute par l'instauration d'une réglementation fixant des seuils de concentration précis dont la France. "Un groupe de travail a été formé qui devrait rendre ses recommandations à la fin de l'année", a expliqué au Moniteur.fr Jean-Paul Lucas. "La question principale c'est : d'où vient le plomb dans les poussières, qui, en environnement résidentiel sont le plus problématiques ? Et nous intégrerons une variable air dans nos travaux."

(1) Menée en partenariat avec l’Ecole des hautes études en santé publique (EHESP), l’Institut de veille sanitaire (InVS), le laboratoire de toxicologie de l’hôpital Lariboisière (AP-HP) et l’Institut supérieur d’agronomie de Lille. Ses résultats ont été publiés dans la revue Environmental Research 116 (2012) 58-65

Commentaires

L'exposition au plomb reste une menace pour de nombreux foyers français

Votre e-mail ne sera pas publié

Éditions du Moniteur Le Moniteur boutique

Évaluer un terrain à bâtir par la comparaison ou le compte à rebours immobilier

Évaluer un terrain à bâtir par la comparaison ou le compte à rebours immobilier

Date de parution : 06/2019

Voir

Le Moniteur n°6000 du 26 octobre 2018

Le Moniteur n°6000 du 26 octobre 2018

Date de parution : 10/2018

Voir

L'expertise immobilière en 50 fiches pratiques

L'expertise immobilière en 50 fiches pratiques

Date de parution : 09/2018

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur