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L’évolution de l’aéroport de Nantes pose problème, quel que soit le scénario
Aéroport de Nantes - © © Atelier citoyen Nantes Atlantique

L’évolution de l’aéroport de Nantes pose problème, quel que soit le scénario

Jean-Phillipe Defawe (Bureau de Nantes du Moniteur) |  le 22/04/2015  |  BâtimentLoire-AtlantiqueERP

Une étude commandée par la CCI des Pays de la Loire affirme que l’agrandissement de l’aéroport actuel serait soumis à des contraintes environnementales plus exigeantes encore qu’à Notre-Dame-des-Landes.

Alors qu'opposants ou partisans du transfert de l’aéroport Nantes Atlantique sont unis dans l’attente de la décision du tribunal administratif concernant les recours déposés contre les arrêtés préfectoraux autorisant le démarrage des travaux, le débat s’est déplacé ces dernières semaines autour du réaménagement de l’équipement existant.

L’initiative en revient notamment à un collectif d’architectes, auteur d’une étude sur l’optimisation de l’aéroport existant et animateur d’un « atelier citoyen » sur ce thème. Un appel à idées coopératif international  a même été lancé pour réfléchir sur les moyens d’optimisation et de réaménagement de l’aéroport existant en vue accueillir 7 millions de passagers.

En réaction, la chambre de commerce et d’industrie (CCI) des Pays de la Loire a commandé une nouvelle étude orientée sur les contraintes environnementales d’un réaménagement. Les auteurs, le cabinet EY, affirment que ce réaménagement serait encore plus contraignant sur le plan environnemental que de construire un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes.
La raison : « Le site de Nantes-Atlantique compte trois zones Natura 2000 à proximité dont deux à moins de 5 km. Or au regard du droit européen, si l'on modifie cet aéroport il faudra se mettre en conformité avec la loi sur l'eau et la loi sur les espèces protégées, mais il faudra aussi mettre en œuvre des mesures compensatoires pour les zones Natura 2000 impactées », affirme Bruno Hug de Larauze, président de la CCI régionale.

Quel que soit le scénario concernant le réaménagement (agrandissement ou optimisation), l’étude – qui n’a pas été rendue publique – affirme que la facture sera plus importante encore que le transfert. « La mise en place d'un nouveau projet imposerait des années d'études dans un contexte de saturation à deux ans », ajoute Bruno Hug de Larauze en concluant que « le transfert à Notre-Dame-des-Landes, déclaré d'utilité publique est la seule alternative ».
Alain Mustière, président de l’association Des ailes pour l’ouest défendant le projet de transfert, est plus virulent. « Cette étude est désormais la preuve de la supercherie des opposants qui s’amusent entre eux à étudier des réaménagements fantaisistes sans tenir compte du monde qui les entoure y compris sur le plan environnemental ! Un comble ! » affirme-t-il.

Pour les écologistes, l'étude commandée par la CCI confond agrandissement de l’aéroport et agrandissement de l’aérogare. « Il n’a jamais été question d’empiéter sur les espaces naturels protégés voisins pour agrandir l’aéroport actuel » rappelle Jean-Philippe Magnen, président du groupe EELV au Conseil régional des Pays de la Loire. « Le travail réalisé notamment par l’Atelier citoyen pour l’optimisation de Nantes Atlantique consiste pour l’essentiel à rénover l’existant et à construire des bâtiments sur des surfaces déjà artificialisées, grâce notamment au foncier facilement récupérable en édifiant des parkings en silo », ajoute-t-il.
« Force est de constater que l’étude sérieuse et objective sur le réaménagement de Nantes Atlantique, que réclame notamment la ville de Bouguenais (NDLR : où se trouve l’actuel aéroport), n’est toujours pas lancée », regrette Pascale Chiron, co-présidente du groupe Ecologistes et citoyens à Nantes Métropole.
Pour les opposants au transfert, « les réaménagements à envisager à Nantes Atlantique restent aisément à l'intérieur de l'emprise de l'aéroport actuel rendant inutile toute enquête publique. Les travaux peuvent démarrer rapidement comme l’indiquent les premières conclusions de l’Atelier citoyen » assurent-ils. Faute de chantier, les entreprises de BTP pourraient elles aussi démarrer rapidement, mais pas sûr qu’elles partagent ce point de vue.

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