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L’été sera chaud pour EDF

Defawe Philippe |  le 17/06/2005  |  France Energies renouvelablesEnergieHautes-AlpesVar

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EDF se prépare à faire face cet été à une période de sécheresse avec la mise en place d'un plan conçu après la canicule de 2003 pour éviter une pénurie d'électricité en France, alors que la production de certains barrages est déjà affectée par le manque d'eau.

La sécheresse, jusque là limitée à quelques départements, continue de s'étendre en France: au 10 juin, 22 départements avaient pris des mesures de limitation d'usage de l'eau, selon le ministère de l'Ecologie.
Alors que l'été n'a pas encore commencé, Electricité de France a déjà constaté depuis plusieurs semaines un déficit de "plusieurs centaines de mégawatts/heure" par rapport à une situation normale dans la production d'électricité venant de barrages installés au fil de l'eau, notamment le long du Rhin.
"On fait des prévisions très fines pour voir comment la situation va évoluer. On a demandé à Météo France des prévisions à 7 jours, et non plus à 4 ou 5 jours comme lors de la canicule de 2003, pour améliorer les prévisions d'évolution des débits des rivières", indique Claude Jeandron, directeur adjoint du développement durable chez EDF.

Cette perte de quelques centaines de mégawatts est compensée par les productions thermiques (charbon ou nucléaire) et hydroélectrique. Encore faut-il qu'elles ne soient pas non plus affectées par la sécheresse.
Le groupe estime avoir "géré précautionneusement" les réserves d'eau de ses centrales hydroélectriques pour en avoir le maximum avant l'été. Ces centrales, utilisées en période de pointe et installées en altitude, servent à soutenir le débit de la rivière en aval.
"L'état de remplissage de nos barrages est normal en moyenne sur la France. Avec notre réserve d'eau, on est capable d'assurer à la fois la production d'électricité et les soutiens de débit de rivières", juge-t-on à EDF.
Localement, en revanche, la situation est contrastée. Les réservoirs des barrages de Serre-Ponçon (Hautes-Alpes) et de Sainte-Croix (Var) sont en déficit.
Quant aux centrales thermiques, qui utilisent l'eau des fleuves ou de la mer comme source de réfrigération, EDF a révisé son programme de maintenance.
Pour les réacteurs nucléaires situés en bord de mer, les moins sensibles à la sécheresse et aux fortes températures, seuls deux réacteurs seront arrêtés simultanément, contre cinq à l'été 2003.
EDF compte 18 réacteurs en bord de mer, incluant les 4 réacteurs de la centrale du Blayais (Gironde) situés en bord d'estuaire.

"En gardant disponibles les centrales en bord de mer, on se met un peu plus à l'abri d'un impact de sécheresse et de canicule sur la production d'électricité", estime M. Jeandron.
Quant aux centrales à charbon, elles ne seront pas arrêtées cet été, à l'exception d'une des tranches de Cordemais (Loire-Atlantique).

Le groupe a aussi travaillé sur le moyen de rendre les centrales moins sensibles aux températures, en révisant les systèmes de ventilation et de réfrigération.
En 2003, l'Etat avait dû délivrer à EDF des dérogations pour augmenter de 1 à 3 degrés la température des fleuves en aval des centrales, où les rejets d'eau chaude des installations se mélangent à la ressource naturelle.
Quand le débit baisse et qu'il fait chaud, les eaux rejetées par les centrales risquent d'atteindre la limite des températures fixée par les textes, les centrales devant alors réduire leur puissance.
Les arrêtés fixant les seuils limites de température prévoient aujourd'hui la possibilité d'assouplissement sur les conditions de rejet en cas de risque de rupture d'approvisionnement électrique.

Les conditions climatiques exceptionnelles de l'été 2003 avaient coûté à EDF plus de 300 millions d'euros, en raison notamment de l'achat d'électricité à prix d'or sur le marché de gros pour compenser les pertes de production.

Béatrice LE BOHEC (AFP)

Risques de canicule: les anti-nucléaires tirent la sonnette d'alarme



Les risques de sécheresse et d'une nouvelle canicule qui se profilent pour cet été pourraient entraîner pour les centrales nucléaires françaises une situation pire qu'en 2003, affirme le réseau Sortir du nucléaire.
"C'est le réchauffement climatique qui s'attaque au nucléaire, et non l'inverse comme le prétend la propagande orchestrée par EDF et les autorités françaises", martèle dans un dossier publié vendredi cette fédération qui revendique plus de 700 associations participantes.
Les dérogations accordées à EDF durant la canicule de l'été 2003 sur les rejets d'eau chaude de ses centrales dans les fleuves avaient provoqué une vive polémique avec les écologistes. Ces rejets, selon le ministère de l'Ecologie, n'avaient eu aucune incidence sanitaire ni d'impact immédiat sur les poissons.
Le réseau anti-nucléaire souligne que le débit des cours d'eau, indispensables au refroidissement des installations nucléaires, est plus faible cette année qu'il ne l'était au printemps 2003, tandis que Météo-France évoque un risque de nouvelle canicule.
Sortir du nucléaire demande ainsi l'arrêt de la centrale de Civaux, dans la Vienne, l'un des départements français les plus touchés par la sécheresse cette année. "Les deux réacteurs de la centrale nucléaire de Civaux causent l'évaporation quotidienne de 147 millions de litres d'eau", souligne la fédération, alors que la Vienne "est une rivière au débit déja faible en temps normal".
Sortir du nucléaire attaque également EDF en justice devant le tribunal de grande instance de Blois, estimant que les rejets chimiques de la centrale de Saint-Laurent (Loire-et-Cher) sont "2 à 4 fois supérieurs aux limites légales".
D'une façon générale, les anti-nuclaires estiment qu'une nouvelle canicule conduirait, outre les dégâts environnementaux, à un arrêt de nombreux réacteurs impossibles à refroidir, une importation massive d'électricité et un fonctionnement "à flux tendu" des réacteurs situés en bord de mer, venant pallier les éventuelles défaillances des installations situées en bordure de cours d'eau.
Les défenseurs du nucléaire insistent depuis plusieurs années sur le fait que cette énergie, contrairement aux énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon), n'émet pas de gaz à effet de serre et ne contribue donc pas au réchauffement climatique.
De leur côté, les écologistes jugent l'énergie nucléaire dangereuse en raison des risques d'accident et des déchets radioactifs et défendent un essor des énergies renouvelables (éolien, solaire, biomasse) et une meilleure maîtrise de la consommation d'énergie.

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