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L’Etat abandonne le projet d’A45 entre Lyon et Saint-Etienne
L'A45 entre Lyon et Saint-Etienne devait permettre de désaturer l'A47 (photo). Vinci devait réaliser puis exploiter pendant 55 ans près de 47 km d'autoroute, nécessitant 1,2 Md € de travaux. - © © Google Street View

L’Etat abandonne le projet d’A45 entre Lyon et Saint-Etienne

Florent Maillet, avec AFP |  le 17/10/2018  |  Haute-LoireRhôneTravaux publicsVinciVinci Autoroutes

La ministre des Transports Élisabeth Borne confirme l'abandon du projet d'autoroute. Elle privilégie "des solutions alternatives routières et ferroviaires". Le projet à  1,2 Md €, dont le financement était bouclé, devait être confié à Vinci.

Cette fois, le projet d’autoroute A 45 entre Lyon et Saint-Etienne, promis au groupe Vinci, qui devait réaliser puis exploiter pendant 55 ans près de 47 km de voies à péage, est bel et bien coulé. La ministre des Transports Élisabeth Borne confirme l'abandon du projet, dans une interview qui paraît ce jeudi 18 octobre 2018 dans le quotidien régional Le Progrès.

La ministre dit privilégier "des solutions alternatives routières et ferroviaires". Et ce n’est pas vraiment une surprise. Rencontrant les élus locaux, le 13 juillet dernier, Elisabeth Borne avait déjà indiqué que "toutes les solutions sont étudiées" pour améliorer la liaison entre Lyon et Saint-Etienne, sans toutefois laisser entrevoir d'issue positive au projet A45 entre ces deux villes. Le projet n'avait par ailleurs pas été retenu dans le rapport Duron sur les infrastructures du pays, rendu public en février dernier.

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Déclarée d'utilité publique en 2008, l'A45 et sa cinquantaine de kilomètres visait à doubler à l'horizon 2022 l'actuelle A47, un axe gratuit souvent saturé et réputé dangereux (il n'y a pas de bande d'arrêt d'urgence), emprunté chaque jour par 80 000 à 85 000 véhicules.

Un chantier à 1,2 Md €

Le chantier de l'A 45, évalué à 1,2 milliard d'euros, devait être financé pour un tiers par le groupe Vinci, le reste par les collectivités locales et l'Etat. Le contrat de concession de 55 ans, attribué en 2016 à Vinci, était prêt. Mais le décret n'a pas été signé par le gouvernement.

"Si ce projet était simple et consensuel, l'autoroute A45 serait réalisée depuis longtemps, déclare Elisabeth Borne dans les colonnes du Progrès. On ne peut pas ignorer le prélèvement de terres agricoles, l'impact environnemental, l'absence du grand contournement de Lyon sur lequel l'A45 doit déboucher."

Loi d'orientation des mobilités (LOM)


"Le Conseil d'orientation des infrastructures, qui est une instance indépendante et transpartisane, a recommandé  de travailler plutôt sur des solutions alternatives routières et ferroviaires à l'A45. C'est aussi la position du gouvernement", ajoute la ministre, qui avait fait état de cette décision à des parlementaires de la Loire mercredi 17 octobre au matin, lors d'une réunion de travail sur le projet de loi d'orientation des mobilités (LOM).

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Elisabeth Borne a aussi assuré que l'État tiendrait "son engagement des 400 millions d'euros" initialement prévus pour le projet d'A45, "pour améliorer la relation entre Saint-Étienne et Lyon, que ce soit par la route ou par le rail".

Elargissement et nouveau pont ?


La ministre évoque ainsi la piste "d'un élargissement à 2x3 ou 2x4 voies" ou d'un "nouveau pont de franchissement sur le Rhône" pour le nœud routier de Givors-Ternay, au sud de Lyon.

Elle fixe également l'objectif "de doubler" le nombre actuel des 20 000 voyageurs quotidiens par train "par des travaux qui renforcent les infrastructures et des investissements dans du matériel roulant aux capacités d'accueil supérieures".

"Indigne", "incompréhensible"


"Si la décision est indigne sur la forme, elle est sur le fond, incompréhensible", réagissait mercredi soir Laurent Wauquiez, président (LR) du Conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes, dans un communiqué commun avec Georges Ziegler et Gaël Perdriau, respectivement président du conseil départemental de Loire et maire de Saint-Étienne.

"Le dossier de l'A45 était techniquement, juridiquement et financièrement bouclé depuis avril 2017 (...) Il y a quelques jours encore, la ministre indiquait que l'hypothèse de cette liaison autoroutière entre Lyon et Saint-Étienne n'était pas écartée", ont-ils ajouté, dénonçant un "gouvernement qui rompt la parole donnée en méprisant nos territoires".

La ministre assure de son côté avoir précisé la position du gouvernement à Laurent Wauquiez lors d'un entretien le 9 octobre.

Plan B


La coordination des opposants à l'A45 a salué une "très grande victoire", exigeant "des garanties et un véritable plan B", pas "un simple rafistolage de l'existant, A47 et TER compris".

"Les associations, les citoyens et les écologistes sont enfin écoutés", se sont aussi félicités les élus EELV de la Région.

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