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« L’essence du Mipim est le développement des villes de demain », Béatrice Gravier, directrice commerciale de Reed Midem
Béatrice Gravier, directrice commerciale de Reed Midem - © Reed Midem

« L’essence du Mipim est le développement des villes de demain », Béatrice Gravier, directrice commerciale de Reed Midem

Propos recueillis par Charlotte Kan, à Londres |  le 12/03/2018  |  EnergieMipim

Béatrice Gravier est directrice commerciale des "méga-salons" consacrés au "real estate" du groupe britannique Reed Midem, dont le célèbre Mipim de Cannes qui se tient du 13 au 16 mars 2018. La dirigeante nous renseigne sur la place des acteurs de la construction dans ce grand barnum qu’est le "marché international des professionnels de l'immobilier".

Le Mipim, c’est quoi exactement – et c’est pour qui ?

Le Mipim Cannes est un salon de quatre jours durant lesquels vous pouvez développer votre réseau, discuter des tendances de l’immobilier, identifier des opportunités d’affaires, assister à des conférences et des expositions haut de gamme. Le Mipim offre un accès à un grand nombre de leaders de l’immobilier international, à des projets de développement et des informations sur le secteur. Le tout se fait dans une logique financière, car il vise à mettre en relation investisseurs et promoteurs avec les territoires. Le Mipim reçoit aussi un nombre important d’entreprises du monde de la construction, car nous accueillons toute la chaîne de valeur d’un grand projet. Cela commence par les collectivités locales : plus de 500 villes sont au Mipim et présentent leurs terrains disponibles. En partant du foncier, nous déroulons toute cette chaîne de valeur immobilière, ce qui inclut la ville, mais aussi ses partenaires de construction – y compris les architectes, les sociétés d’ingénierie, les constructeurs… – jusqu’aux acteurs qui vont financer un immeuble ou un quartier et l’occuper. Ainsi, un promoteur comme Bouygues Immobilier va venir avec ses sociétés sœurs de la construction pour co-exposer et rencontrer les investisseurs dans une dynamique globale.

Les frontières du Mipim se sont élargies ces dernières années ?

L’essence même du Mipim, c’est le développement des villes de demain, avec plus de 50 pavillons au qui mettent en avant leurs grands territoires européens. Quand la ville de Paris va exposer au Mipim,  elle va frapper à toutes les portes de ses partenaires privés. Ils vont ensuite exposer ensemble pour faire la promotion de tous leurs projets existants afin d’attirer des financements, des occupants et participer ainsi au rayonnement de leur territoire. Enfin, le Mipim, c’est aussi les infrastructures. Pour construire un immeuble dans le quartier de demain, tout doit être relié : il faut un métro, des routes, un parking….

Le Mipim propose donc une approche "holistique" ?

Oui. Les 5 000 investisseurs internationaux viennent au Mipim pour financer directement des projets urbains. Par exemple, en y regardant de plus près, vous constaterez que de nombreux groupes britanniques sont présents. C’est parce qu’au Royaume-Uni, beaucoup de fonds sont mixtes : infrastructure et immobilier. On retrouve aussi beaucoup ce mélange dans les pays émergents : il y a par exemple un focus cette année sur l’Asie, avec une délégation venue nous parler de la nouvelle "Route de la Soie", un projet qui vise à investir dans des infrastructures de transport pour établir des routes commerciales avec l’Europe.

Le Mipim fait la part belle aux "mega-cities" ?

Oui, c’est d’ailleurs le thème central du Mipim en 2018 : « Mapping World Urbanity » ou « Cartographier le monde urbain ». L’expansion des zones urbaines est en train de réinventer la carte du monde et de positionner les grandes villes plutôt que les pays comme les grands centres de pouvoirs économiques. Le Mipim, cette année, va donc explorer cette nouvelle vie urbaine et la façon dont ces changements affectent les stratégies de l’industrie immobilière. Nous fonctionnons désormais sur le principe de "Capitales urbaines". C’est un mouvement que nous constatons sur le Mipim. Avant, chaque ville montait son pavillon dans son coin. Aujourd’hui, ces villes se regroupent au minimum par région, voire parfois par région transfrontalière, pour justement communiquer sur des mégalopoles,  des territoires beaucoup plus importants, afin de les rendre plus attractifs vis-à-vis des investisseurs. Au Mipim, nous nous focalisons sur de gros projets : des quartiers nouveaux, des villes nouvelles. Pour attirer l’attention de ces gros investisseurs dans l’immobilier, il faut qu’il y ait une correspondance avec leurs attentes en termes de taille et de territoire. Par exemple, Lille exposait auparavant toute seule. Depuis trois ans, elle se cale sur le nouveau modèle et son territoire descend quasiment jusqu’aux portes de Paris et intègre des villes situées tout au nord comme Dunkerque, et même la Belgique, afin de communiquer sur une vraie alternative pour les investisseurs entre Londres et Paris. Il y a cette même notion de méga-territoire pour Strasbourg et les villes allemandes frontalières, le tout pour attirer les investisseurs sur les plus gros projets.

Les villes deviennent des mégalopoles puissantes, mais aussi des espaces intelligents et connectes, des "smart cities" ?

Effectivement, et le Mipim depuis 4 ans a développé une zone d’exposition thématique relative à l’innovation sur environ 1500 m².  Des exposants de sociétés privées y présentent des technologies augmentant la valeur financière d’un bâtiment, d’un quartier ou ville, et donc son intérêt pour des investisseurs. Au Mipim, nous abordons la thématique "smart buildings" ou "smart city" avec l’angle : « Avec qui faut-il travailler ? Quels partenaires, quelles solutions pour apporter de la valeur à mon bâtiment ou à ma ville ? »

Le Mipim se porte-t-il bien ?

Oui, le Mipim Cannes est le premier salon du groupe Reed Exhibition, et cette année encore, nous sommes en phase de croissance. Nous avons accueilli 24 000 personnes en 2017. Cette année, nous en attendons 500 de plus, avec plus de 3  100 sociétés exposantes – pas que des stands, mais les pavillons avec tous leurs partenaires. Au total c’est plus de 100 pays qui sont représentés, avec 5 000 investisseurs, 4 500 promoteurs immobiliers et constructeurs, le tout sur environ 20.000 m² de surface.

Quels sont les montants investis au Mipim ?

Nous ne pouvons pas communiquer directement sur ces chiffres mais, afin de vous donner une idée, nous avons créé un évènement spécifiquement pour les investisseurs institutionnels présents à Cannes (grands fonds de pension, fonds souverains, sociétés d’assurances...) intitulé Re-invest. Et ils représentent à eux seuls une enveloppe globale allouée aux investissements immobiliers estimée à 600 milliards de dollars.

Quelles sont les particularités des autres grands salons Mipim à l’étranger ?

Nous avons un salon Mipim UK, qui est un marché local pour la mise en avant des projets immobiliers purement britanniques. Il se tient tous les ans en octobre (17 et 18  en 2018). Mipim UK attire environ 3 000 visiteurs et une centaine de stands. On y retrouve des villes comme Manchester, car elles ont du foncier et des idées, et souhaitent trouver des promoteurs et investisseurs. Nous avons aussi un Mipim Asie qui se déroule tous les ans à Hong-Kong, début décembre. C’est là que se retrouvent les patrons des grandes sociétés immobilières asiatiques. Lancé initialement en tant qu’exposition il y a cinq ans, l’évènement fonctionne plus comme un sommet avec des rencontres à haut niveau, car les Asiatiques sont plus consommateurs de conférences que de salons et nous nous adaptons toujours aux besoins des clients. C’est devenu un évènement incontournable pour les professionnels de l’immobilier en Asie et de grandes délégations européennes viennent y chercher des capitaux.

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