Immobilier

L’environnement s’invite à la table des promoteurs

Si les acteurs du tertiaire sont en avance sur la transition énergétique, le secteur résidentiel peine à se saisir de cette question majeure.

Des promoteurs toujours plus verts et plus intelligents. C’est le sens de la réflexion menée par la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) lors de leurs 28èmes journées d’études professionnelles. Le sujet de cette année ? « Comment relever le défi de la transition énergétique ? » Car le secteur paraît encore frileux sur la question de l’environnement : « Aujourd’hui, quelques entreprises sont les porte-drapeaux de ces solutions favorisant le développement durable, mais je ne peux pas en dire autant de la filière. La question de la transition énergétique est liée au numérique et nécessite un travail de pédagogie », indique Alexandra François Cuxac, présidente de la FPI.

En la matière, c’est l’immobilier tertiaire qui tire son épingle du jeu. «  Le secteur a fait sa mue », constate Kevin Cardona, directeur de l’innovation de BNP Parisbas Real Estate. «  Que ce soit pour des raisons d’image ou par conviction, l’immobilier de bureaux mise sur la transition énergétique et profite des financements alloués par des fonds dédiés, comme ceux des investissements sociaux et responsables (ISR) pour se développer. » Construction bois, matériaux bio-sourcés, immeubles passifs ou encore bâtiments connectés sont autant d’innovations qui deviennent la norme… sauf dans le résidentiel. « La contagion se fera plus tard, » suppose la présidente de la FPI. «  Les salariés vont s’habituer au confort et aux prestations qu’ils auront dans leurs bureaux et deviendront plus exigeants lorsqu’il faudra choisir un logement », ajoute-t-elle.

 

La valeur verte, entre mythe et réalité

 

Car aujourd’hui, ce qui prime chez l’acquéreur, loin devant les conceptions environnementales, c’est l’emplacement. « Dans le tertiaire, les investisseurs ont des obligations poussées en matière de RSE (responsabilité sociétale des entreprises). Mais nos clients dans le résidentiel sont-ils demandeurs de bâtiments qui ne génèrent aucune économie ? J’en doute », souligne Alexandra François Cuxac. Le débat sur la valeur verte, cette notion qui veut qu’un immeuble vertueux sur le plan environnemental fasse reculer le niveau des charges, reste à démontrer. «La seule expérience valable en la matière a été réalisée sur un logement HLM, après une réhabilitation lourde, pour faire du BBC. A la fin, nous n’avions qu’un ménage sur deux dont la facture énergie reculait vraiment », souligne Bernard Coloos, délégué général adjoint de la FFB. « C’est très difficile de dégager une tendance dans le résidentiel. La seule chose que l’on sait, c’est qu’en zone tendue, la valeur verte n’a aucun impact. »

Sans parler du coût de construction, plus élevé pour ces immeubles responsables, de l’ordre de 4 % à 5 % en moyenne. « Et je ne parle pas des fortunes dépensées pour des innovations que les acquéreurs ne savent pas utiliser ou qui coûtent trop cher à réparer », souligne la présidente de la FPI. Pour réussir la transition énergétique et contribuer à l’accouchement de villes éco-intelligentes, la FFB compte entraîner dans son sillage le parc ancien, qui reste à rénover, et œuvrer à une véritable transformation des usages. Reste que la question de la prise en compte de l’environnement et des nouvelles technologies dans l’immobilier est sur la table des professionnels… depuis bientôt dix ans.

 

 

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