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L'ENTRETIEN CLAUDE PERNES « Choisir entre les équipements et la sécurité »

NATHALIE MOUTARDE |  le 21/02/1997  |  Collectivités localesRéglementationCommande publique

Pour le président de l'Association des maires d'Ile-de-France, les investissements sont pénalisés par l'excès de réglementation.

Les professionnels du BTP franciliens souhaiteraient que les communes augmentent leurs investissements. Qu'en pensez-vous ?

Comme toutes les villes de France, les communes franciliennes sont confrontées à un magistral effet de ciseaux, avec une courbe des recettes qui diminue et une courbe des dépenses qui augmente. Face à cette situation, nous devons essayer d'être imaginatifs pour réduire nos frais de fonctionnement, mais beaucoup a déjà été fait, et il reste peu de gisements de productivité à explorer. Nous sommes aussi condamnés à restreindre nos investissements, et les villes, qui ont généralement peu d'autofinancement, recourent déjà à l'emprunt pour les financer, avec des annuités de remboursement qui pèsent sur les dépenses de fonctionnement des années suivantes.

Ces investissements, en baisse, sont de plus pénalisés par un excès de normalisation, qu'il s'agisse de la réglementation européenne ou des mises aux normes de sécurité. Dans ma commune, à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), les 6 millions inscrits à la section investissement du budget 1997 seront essentiellement affectés au poste « sécurité » pour la remise aux normes des établissements accueillant du public, au détriment de la voirie, de l'éclairage, de la réhabilitation des bâtiments communaux.

Quelles peuvent être les conséquences d'une telle situation ?

Si elle perdure, nous serons amenés à choisir entre les investissements et la sécurité, ou bien encore entre la sécurité et les services rendus à la population. Pour tenter d'y remédier, l'AMF a sollicité une entrevue avec le Premier ministre pour lui demander une pause dans l'application de nouvelles normes. A signaler, par exemple, le coordonnateur de sécurité, dont le coût représente environ 2 % des travaux. La France est à ce jour le seul pays à appliquer cette directive européenne.

Les maires peuvent-ils influer sur la construction de logements en Ile-de-France ?

Les freins à la construction de logements sont nombreux en Ile-de-France : le prix du foncier, les modes de financement, les problèmes spatiaux liés à la mixité sociale... et l'inquiétude face à l'avenir concernant l'accession. Cette situation a des répercussions sur tous ceux qui attendent un logement, mais aussi sur l'activité dans le secteur du bâtiment. Les maires sont aujourd'hui très attentifs à maintenir ou à rétablir l'équilibre sociologique de leur ville. Si certains peuvent se montrer réticents à la construction de logements à prêts locatifs aidés, car ces derniers génèrent un coût social pour la collectivité, tous, en revanche, aimeraient pouvoir construire du logement intermédiaire. C'est un produit d'avenir, mais qui malheureusement est très difficile à monter.

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