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L'enrobé coulé à froid réduit les accidents

jean-jacques talpin |  le 24/11/2000  |  ChantiersTravailProduits et matérielsFrance Technique

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Importé en France en 1963, l'enrobé coulé à froid (ECF) conquiert progressivement ses lettres de noblesse avec 20 millions de mètres carrés mis en oeuvre chaque année. C'est dans le domaine de la sécurité routière que son utilisation pourrait être la plus prometteuse car ses qualités d'adhérence et de rugosité le destinent à équiper les chaussées dangereuses. Ainsi, il a fait l'objet d'un chantier mené sur 9 km de la RN152, dans le Loir-et-Cher, une nationale hautement «accidentogène» avec 108 accidents en cinq ans dont 14 mortels (essentiellement des sorties de véhicules). « Avant de choisir l'ECF, explique Michèle Fleury, du laboratoire régional des ponts et chaussées de Blois, nous nous sommes appuyés sur d'autres expériences, comme celle de l'A20 à Argenton-sur-Creuse, qui se sont avérées probantes. » L'entreprise a proposé un ECF à fibres, le Gripfibre, un produit breveté où l'enrobé est enrichi de fibres synthétiques.

Dix ans de durée de vie

L'ECF est une émulsion de bitume mélangée à des granulats de roches dures de diamètre 0,4 ou 0,6 mm, ce qui assure une rugosité importante, sensée renforcer l'adhérence. Appliqué à 30 °C (contre 160 °C pour un enrobé traditionnel), l'ECF est mis en oeuvre sur une mince couche de 0,5 à 1 cm, avec un temps de séchage très rapide : en température normale, les véhicules peuvent rouler sur la chaussée trente minutes après la mise en oeuvre. « C'est le principal avantage, explique Laurent Guiot, de la SCV. Cela permet de réduire les restrictions de circulation, avec un rendement qui peut atteindre 8 000 m2/j. » D'autres aspects positifs sont répertoriés : pas de coulures ni de rejets de gravillons. Seul inconvénient : l'aspect esthétique apparaît « grossier » après le chantier : il faut le laisser « mûrir », environ une semaine, pour qu'il apparaisse normal et proche de l'enrobé classique. De plus, l'ECF ne peut être appliqué, du fait de sa faible épaisseur, que sur des chaussées en relativement bon état. Malgré tout, il est moins coûteux que l'enrobé classique, avec des différences de 1 à 2 euros/m2 (12 francs HT le mètre carré en bicouche dans le Loir-et-Cher). Et, surtout, la dureté des matériaux et l'utilisation des fibres assurent une durée de vie qui peut dépasser les dix ans.

Maître d'ouvrage : DDE du Loir-et-Cher. Entreprise : Société centrale de viabilité (Filiale d'entreprise Jean Lefebvre). Chantier : 21 KM dont 9 km d'ecf. coût : 3,2 millions de francs (490 000 euros) dont 1,3 million de francs (200 000 euros) pour l'ECF.

PHOTO : LOIR-ET-CHER. Mise en oeuvre d'enrobé coulé à froid à Onzain sur la RN 152.

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