En direct

L'enrobage reste une question fondamentale

GUILLAUME DELACROIX, PHILIPPE MORELLI, JEAN ROBERT |  le 07/05/1999  |  Produits et matérielsTravailTransportsFrance

Ma newsletter personnalisée

Ajouter ce(s) thème(s) à ma newsletter personnalisée

Produits et matériels
Travail
Transports
France
Valider

Sommaire du dossier

  1. Chantiers d'hiver : les remblais allégés
  2. Remblais : la maîtrise du polystyrène
  3. Une place en billes d'argile
  4. AVIS TECHNIQUES PUBLIES
  5. 1 mm de tolérance sur le parvis du Stade de France !
  6. Les laitiers d'aciérie ont trouvé leur stabilité
  7. 140 000 m2 de revêtement aéronautique
  8. Quand les routiers font de l'assainissement
  9. NOTES D'INFORMATION PUBLIEES
  10. L'A20 en noir et blanc
  11. Des techniques éprouvées, pour le revêtement des chaussées
  12. Béton armé continu sur un enrobé
  13. Adapter l'étanchéité à l'ouvrage
  14. Granulats : responsabilité du producteur
  15. Où en est la recherche ?
  16. La chasse au bruit devient une des priorités
  17. Des matériaux recyclés performants
  18. L'enrobage reste une question fondamentale
  19. Matériels de chantier Contrôle des enrobés
  20. MATERIEL DE CHANTIER Colmatage des fissures
  21. Matériels de chantier Marqueuse pour dosage inversé
  22. Matériels de chantier Fraiseuse à chenille escamotable
  23. Matériels de chantier Largeur de fraisage de 0,5 à 2 m
  24. Matériels de chantier Un tandem de 7 t
  25. MATERIAUX Isolation-étanchéité circulable
  26. MATERIAUX Revêtement à structure métallique
  27. MATERIAUX Microbéton bitumineux pour couche de roulement
  28. MATERIAUX Enrobés silencieux
  29. MATERIAUX Enrobé coulé à froid
  30. MATERIAUX Bitumes pour voirie
  31. MATERIAUX Granulats froids mousse de bitume chaud
  32. Les routes du XXIe siecle
  33. La route communicante au service de la sécurité et du confort de l'usager
  34. Routes : le virage écologique
  35. «Prévoir le recyclage d'une chaussée dès sa conception»
  36. «Des projets d'implantation aux abords des grandes agglomérations»
  37. Régénérer la couche de roulement par retraitement
  38. «Maîtriser la rupture des émulsions de bitume»
  39. Les différentes couches constituant la route

Des travaux de recherche sont menés en permanence sur les processus d'enrobage des granulats par le bitume. Les liants modifiés et les produits froids ont le vent en poupe.

Troisième grand sujet qui occupe les ingénieurs de la route : les enrobés et, avant tout, les liants. « La R & D s'intéresse aux bitumes modifiés, qui sont différents des émulsions, mais la question porte essentiellement sur la caractérisation des bitumes, un sujet très important en matière de prescription », indique François Perret, directeur du Setra, qui estime que la France est en avance dans ce domaine. L'exemple que tout le monde cite : la lutte contre l'orniérage.

« L'un des grands sujets du moment concerne les liants modifiés par des polymères, qui servent précisément à lutter contre l'orniérage lorsqu'ils sont employés en couches de roulement », explique Jean-Pierre Grimaux, directeur technique de Routière Morin. Deux orientations prévalent pour Jean-Pierre Marchand, directeur technique d'Eurovia : « A travers la Charte de l'innovation d'abord, nous avons mis au point un béton bitumineux (BB) à haute rigidité, en utilisant un bitume modifié d'un grade assez dur, qui apporte, à la fois rigidité, module, et résistance à l'orniérage. De notre côté, par ailleurs, nous avons élaboré un bitume "spécial" anti-orniérant, sans polymère, appelé Polygrade. »

Deux types de polymères

Par liant modifié, il faut en effet entendre « modifié par des polymères », qui sont répartis en deux familles : les styrènes butadiènes styrènes (SBS), intéressants notamment à froid mais en grande quantité, et les éthyles vinyles acétates (EVA), plus compatibles avec les bitumes et offrant une bonne cohésion.

« On est passé des BB semi-grenus dans les années 1970 aux BB très minces, puis ultraminces grâce à la qualité des liants, mentionne Bernard Héritier, directeur technique de SCR-Beugnet. Les formules sont aujourd'hui beaucoup plus discontinues, ce qui permet d'obtenir plus de "drainabilité" et d'adhérence. Pour notre part, nous préférons les SBS pour leurs qualités d'élasticité et parce qu'ils améliorent la résistance globale aux sollicitations dans le mélange granulaire. »

Chez Jean Lefebvre, ce sont les EVA qui dominent. « Sur ces sujets, la recherche marque un palier, estime Albert Marsot, directeur technique d'EJL. Notre problème actuel est de trouver des essais qui permettent d'apprécier la performance du liant et de la corréler à celle de l'enrobé. Un programme se met d'ailleurs en place avec l'administration et les bitumiers, pour la qualification de ces produits. »

Les émulsions toujours d'actualité

Entreprise Jean Lefebvre travaille aussi sur un produit concurrent des émulsions. « Il s'agit de la mousse de bitume, qui permet de ne pas avoir d'eau à évacuer, contrairement aux émulsions », rappelle Albert Marsot. « Notre mousse est composée à 99 % de bitume, le principe étant de n'utiliser qu'un phénomène physique, qui consiste à décupler le volume du bitume chaud en le mettant en contact avec de l'eau, ce qui permet de faciliter l'enrobage des granulats. Les performances mécaniques obtenues sont très satisfaisantes et la grave-mousse, qui a fait l'objet d'un protocole d'accord avec le Setra, arrive au bout de l'expérimentation. »

Michel Chappat, directeur R&D de Colas, estime que les enrobés à émulsion rejoignent désormais les performances des enrobés classiques. Le groupe a éprouvé leur résistance en altitude, à basse température, et sur chaussée à fort trafic. Il mène aussi des essais pour obtenir une bonne pénétration de l'émulsion dans des sols latéritiques. La géomembrane Colétanche résistera dès l'an prochain aux acides. Cette qualité doit être étendue aux enrobés qui, résistant au kérosène, pourront s'appliquer aux sols de stations-services et aux pistes d'aéroports, domaine où le béton est roi.

Eurovia s'intéresse aussi aux émulsions, lui permettant de mettre au point des enrobés denses à froid. « Le point délicat est l'aptitude d'un bitume à être mis en émulsion, souligne Jean-Pierre Marchand, la difficulté étant ensuite l'enrobage. Il faut donc maîtriser toutes les étapes : la mise en émulsion, certes, mais aussi la rupture, la filmication (fusion des goutelettes de bitume), puis la reprise en cohésion de l'enrobé et, enfin, l'évacuation de l'eau de l'émulsion. Nous cherchons actuellement à rationaliser les formules, afin de pouvoir les utiliser pour tous nos granulats, sans avoir à refaire tous les essais à chaque fois. »

PHOTOS :

La société Routière Morin a mis en oeuvre son enrobé anti-orniérant sur la RN 175, dans le Calvados.

Laboratoire de Routière Morin à Vic-sur-Aisne.

Le développement des enrobés coulés à froid

Les enrobés coulés à froid offrent l'intérêt d'être plus économiques, pour deux raisons : ils consomment moins d'énergie que les enrobés coulés à chaud et ils sont étalés sur des épaisseurs plus faibles, avec un gain de matière conséquent, en particulier en entretien routier. Ils sont, par ailleurs, plus rapides à mettre en oeuvre et moins polluants.

Les ECF sont intermédiaires entre les enrobés minces - bétons bitumineux ultraminces ou très minces - et les enduits superficiels épandus avant gravillonnage. « Pour compenser les pertes d'adhérence, principal écueil de cette technique, nous relevons la granulométrie, souligne Jean-Pierre Grimaux, directeur technique de Routière Morin. Et ces techniques à froid peuvent encore être améliorées, grâce aux liants modifiés et à l'adjonction de fibres minérales et/ou organiques. »

Créée en 1994, l'entreprise du Loiret Enroplus vient d'être certifiée ISO 9002 par l'Afaq, pour son activité de pontage de fissures, ainsi que pour la fabrication et la mise en oeuvre d'enrobés à chaud. Cette PME se lance dans les ECF, avec le Robergrip, présenté le 22 avril par son directeur Jean Chevrier. Ce produit est adapté à l'entretien préventif et curatif des chaussées, et s'applique en monocouche ou en bicouche, selon le support et le trafic. L'effort que l'entreprise a consenti pour cette innovation ? Un investissement de 2,5 millions de francs et la création de quatre emplois.

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur
Ajouter Le Moniteur à l'écran d'accueil