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L'électricité prend le tunnel sous la Manche

Claire Garnier |  le 03/10/2019  |  Transition énergétiqueElectricitéFerroviaireFrance entièreEurope

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L'infrasructure ferroviaire reliant l'Angleterre à la France accueillera au premier semestre 2020 une autoroute... de l'électricité !

Les supports pour héberger les 51 km de câbles qui transporteront le courant dans le tunnel ferroviaire nord (sens Angleterre-France) sont posés. Pour y installer les câbles Eleclink, filiale à 100 % de Getlink (ex-Eurotunnel), n'attend plus que « l'autorisation finale » de l'autorité de sécurité ferroviaire franco-britannique du tunnel.

Cet « interconnecteur » d'1 GW représente un investissement de 580 M€ pour Getlink. Il a confié à Balfour Beatty/Prysmian la fabrication et l'installation des câbles de courant continu dans le tunnel et des câbles souterrains en courant alternatif au Royaume-Uni. Côté français, RTE (Réseau de transport d'électricité, filiale d'EDF) réalise la connexion électrique.

Confiées à Siemens, les deux stations de conversion, l'une située à Peuplingues (Pas-de-Calais), l'autre à Folkestone en Angleterre, qui transformeront le courant continu en courant alternatif, sont « pratiquement terminées », selon Getlink.

Une seule liaison déjà existante

Cette autoroute, qui doit entrer en service au premier semestre 2020, va venir compléter la seule liaison électrique existante entre la France et l'Angleterre : une « interconnexion » sous-marine de 2 GW qui emprunte des câbles enfouis dans des tranchées sous-marines entre Calais et Sellindge dans le Kent.

D'autres infrastructures sont également en construction entre les deux rives du Channel. Les opérateurs les justifient par la nécessité d'accroître les capacités, dans la perspective notamment de l'arrivée en abondance de MWh issus des énergies renouvelables, tel l'éolien offshore. En effet, on ne peut ni décider ni moduler ce type de production.

Les gestionnaires de réseaux - RTE en France et National Grid outre-Manche -sont ainsi à la manœuvre pour la liaison sous- marine IFA 2, dont la mise en service est prévue en octobre 2020. Le montant de l'investissement de leur interconnecteur d'1 GW entre la côte du Calvados et Portsmouth s'élève à 760 M€. « Le câble a été chargé en Finlande à l'usine Prysmian de Pikkala », indique un porte- parole de RTE. D'ici à novembre, il sera déroulé sous la mer, au moyen d'un navire câblier. A terre, les travaux de jonction entre le point d'atterrage et la station de conversion (confiée à ABB) doivent débuter, côté français, au second semestre 2019. Côté anglais, ce sera fin 2019.

RTE, qui ne manque pas de projets, est par ailleurs en phase de concertation pour le Celtic Interconnector (700 MW) qu'il porte avec son homologue irlandais, Eir-Grid, entre La Martyre (Finistère) et Cork en Irlande. Cette liaison de 575 km dont 500 en mer représente un coût de 930 M€.

Avec le Brexit, le Royaume-Uni ne bénéficiera plus des contrats d'optimisation

En revanche, son projet d'1,4 GW, appelé FAB, entre le Cotentin, l'île anglo-normande d'Aurigny (Alderney en anglais) et Exeter dans le Devon est au point mort. Pour cet interconnecteur, qu'il porte avec le britannique Transmission Investment (FAB Link), RTE doit réaliser des « études techniques » concernant le tracé de la traversée d'Aurigny et des « études économiques complémentaires » pour la Commission de régulation de l'énergie (CRE).

Celle-ci joue en effet la prudence depuis l'annonce du Brexit. Sortant de l'Union européenne, le Royaume-Uni ne pourra plus bénéficier des contrats d'optimisation des échanges d'électricité « accords de couplage » - permettant, à tout moment, d'avoir accès à la production la plus compétitive en Europe, explique un spécialiste. Elle sera contrainte à des échanges bilatéraux, ce qui pourrait avoir pour effet d'augmenter les prix. Mais comme le rappelle RTE : « Deal ou no deal, les échanges d'électricité continueront car on n'arrête pas les électrons ! ».

1,4 milliard d'euros de fonds privés pour se connecter en Seine-Maritime

Le promoteur privé britannique Aquind, qui est en phase de concertation pour sa liaison de 2 GW entre Lovedean, près de Portsmouth, et le poste électrique de Barnabos en Seine-Maritime, fonde son projet sur des projections de croissance de la consommation. « En 2030, selon le réseau européen des gestionnaires de réseaux de transport d'électricité, les besoins en capacité entre le Royaume-Uni et le reste de l'Europe se situeront entre 10 et 13 GW, contre 4 GW aujourd'hui », explique Kirill Glukhovskoy, le directeur d'Aquind. Il est prêt à investir 1,4 Md € dans un interconnecteur qui représente 20 km de liaison terrestre en Angleterre, 185 km de liaison sous-marine et 40 km de liaison terrestre en Seine-Maritime. Il vient de choisir le point d'atterrage en France : il s'agit de la commune de Pourville-sur-Mer, près de Dieppe.

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