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L’école Boulle s’applique à mettre ses talents en lumière

le 26/04/2013  |  Architecture intérieureArchitecture

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Rénovation-extension -

L’école parisienne, dédiée aux métiers d’art et du design, s’est agrandie et rénovée. Au programme de cette restructuration complexe : des locaux spacieux et lumineux et une réorganisation plus fluide de l’îlot.

Sa réputation n’est plus à faire. Chaque année, plus de 20 000 jeunes essaient d’intégrer l’école Boulle (pour quelque 300 candidats retenus), école parisienne dédiée aux métiers d’art - orfèvrerie, ébénisterie, tapisserie… - et au design. Malgré sa renommée, elle siège dans une petite rue calme du 12 e arrondissement (rue Pierre-Bourdan), où elle a emménagé en 1891. Le bâtiment Jules-Ferry d’origine affiche encore en façade les noms d’artisans célèbres, parmi lesquels l’ébéniste de Louis XIV, André-Charles Boulle (1642-1732). Le bâtiment, de brique et métal, a fait l’objet d’extensions successives dont l’une dans les années 1950, due à deux autres célébrités : l’architecte Albert Laprade et l’ingénieur-constructeur Jean Prouvé. Mais l’école avait fini par être à l’étroit dans ses locaux. Elle visait aussi de nouveaux objectifs, notamment celui de fédérer sur un seul site toutes ses filières. Mission accomplie : l’école Boulle, rénovée et agrandie, a été inaugurée le 11 avril, clôturant quatre années de travaux en site occupé. Outre le phasage complexe pour la maintenir en activité, les contraintes liées à la restructuration de cet îlot ne manquaient pas : règles de prospect, droits de vue, bâtiments répertoriés par la Commission du Vieux Paris, jardin classé espace vert protégé (EVP)…

La logique d’implantation de l’architecte Pascal Sirvin l’a emporté sur les autres propositions au concours. « Compte tenu de l’ampleur du programme, le risque était grand de réaliser une extension qui aurait saturé la cour et obstrué les échappées visuelles depuis le cœur d’îlot », explique l’architecte. Un bâtiment-pont de 60 m de longueur en occupe le centre, sans dépasser le R 1 pour laisser passer les vues. Les ateliers bois, plateaux libres pour la flexibilité des aménagements, sont regroupés au sud, à l’emplacement d’un bâtiment démoli. Les contraintes de charges liées à la présence des machines-outils (800 kg/m 2 ) et de hauteur ont dicté une structure poteaux/dalle en béton.

Observer une forme de politesse

Dans les bâtiments existants, les salles de classe sont mises aux normes, un espace d’exposition et une salle de conférence créés en sous-sol et des escaliers rajoutés pour fluidifier et optimiser les circulations, complexes car reliant des étages en demi-niveau. « Cette école se singularise aussi par les flux de matières », poursuit l’architecte. Un exemple de ces flux : les copeaux et sciures, aspirés depuis les ateliers bois jusqu’à une centrale en sous-sol, où ils sont filtrés et compactés. Quant aux façades, très vitrées, « notre choix a été d’observer une certaine neutralité, une forme de politesse pour faire le lien entre toutes les époques », précise l’architecte. Dans les ateliers bois : des shadow-box en allèges (parement en verre sablé en doublage du mur maçonné) et des ventelles pour le rafraîchissement nocturne (le bâtiment est HQE). Les façades en aluminium de Prouvé sont isolées et doublées à l’intérieur par des châssis ouvrants pour faciliter leur entretien et leur nettoyage. Seule petite audace, sur rue : des vitrines greffées sur le mur pignon. Une invitation à découvrir l’excellence de savoir-faire dispensés depuis plus d’un siècle.

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PHOTO - 716575.BR.jpg - © photos : HERVE ABBADIE
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PHOTO - 713050.BR.jpg - © Pascal Sirvin Architecture
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Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : Ville de Paris, direction du patrimoine et de l’architecture. Maîtrise d’œuvre : Pascal Sirvin Architecture, architectes. BET : CFERM (fluides), Ar & C (structures), Terao (HQE), Végétude (paysage), Batiss (SSI), Ayda (acoustique), DAL (économiste). Principales entreprises : Pradeau Morin (entreprise générale), ACML (charpente métallique), Paralu (façades et menuiseries extérieures aluminium). Surface : 25 200 m 2 , dont 7 400 m 2 d’extension. Coût des travaux : 51 millions d’euros HT. Livraison (dernière phase) : septembre 2012.

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