Paysage

L’Eco-vallée du Var à la conquête des coteaux

Mots clés : Aménagement paysager - Urbanisme - aménagement urbain

L’éco-urbanisme atterrit sur les coteaux du Var, l’un des symboles les plus forts du mitage périurbain de la Côte-d’Azur dans la seconde moitié du XXème siècle. L’Etablissement public d’aménagement de la Plaine-du-Var lance ce défi avec le paysagiste strasbourgeois Alfred Peter, maître d’œuvre de la Zone d’aménagement concerté des Coteaux du Var, présentée au public lors d’une réunion de concertation le 21 mars dernier à Saint-Jeannet.

Pour accéder aux 400 logements de la Zac des Coteaux du Var, les habitants laisseront leur voiture dans l’un des deux parkings mutualisés, en bas de la pente. Sauf s’ils préfèrent la marche à pied, ils utiliseront un ascenseur oblique d’une dizaine de places, dans une installation dotée de deux cabines pour assurer la fluidité du système. En dépit d’une densité sans commune mesure avec celle des collines environnantes, la disposition des constructions en escalier préservera, pour chaque habitant, une vue sur le coteau d’en face.

 

Exercice périlleux

 

Avec ce projet commandé par l’Etablissement public d’aménagement (EPA) de la Plaine du Var, Alfred Peter approfondit une œuvre majoritairement consacrée à la réduction de l’emprise de l’automobile : « Un exercice hautement périlleux dans ce secteur, après 30 ans de mitage généralisé », reconnaît le paysagiste strasbourgeois.

Outre l’impulsion de l’EPA et l’inspiration du paysagiste, le projet bénéficie de l’appui de la municipalité de Saint-Jeannet. L’opportunité de sortir du statut de commune carencée, grâce à une proportion d’un tiers de logements sociaux, ne constitue pas sa seule motivation : « Le maire, comme le directeur de l’EPA, souhaite laisser une trace de son passage. Tous conscients du poids du n’importe quoi dans l’héritage urbain, nous avons noué un contact qui va au-delà de la relation entre le maître d’ouvrage et le maître d’œuvre », se réjouit Alfred Peter. Le paysagiste a déjà manifesté, à une douzaine de kilomètres en contrebas de Saint-Jeannet, une force de conviction comparable, en amenant la commune de Cagnes-sur-Mer à transformer la voirie autoroutière du littoral en un boulevard prisé des cyclistes, skateurs et promeneurs, au prix d’une réduction drastique de l’emprise et de la vitesse des automobilistes.

 

Renaissance urbaine

 

Avec ce projet, Saint-Jeannet apporte une pierre à l’édifice dont Pascal Gauthier, directeur de l’EPA Plaine du Var, résume le fil conducteur en ces termes : « Affirmer, sans pastiche, un modèle contemporain pour la ville méditerranéenne, avec des projets inimaginables ailleurs ». Chaque site décline cette idée avec son identité propre, tout en s’inscrivant dans le projet stratégique opérationnel arrêté en juillet 2015 à l’issue d’un exercice participatif inspiré du Grenelle de l’environnement, avec ses cinq collèges.

La mitoyenneté entre la ville et le second aéroport de France, par sa fréquentation, inspire les deux opérations les plus avancées et les plus immédiatement visibles, présentées au récent Marché international des professionnels de l’immobilier de Cannes : le Grand Arénas, quartier d’affaires conçu par l’architecte urbaniste catalan Josep Lluis Mateo, et la technopole Nice Méridia, coordonnée par Christian Devillers, pendant urbain et contemporain de Sofia Antipolis.

 

Signatures prestigieuses

 

Les signatures d’architectes de renommée nationale et internationale se bousculent sur les deux  sites majeurs : Jean Nouvel, Marc Barani, Chaix & Morel, Architecture Studio… Les candidatures au macrolot de 70 000 m2 de Nice Méridia, dévoilées mi-mars, prolongent l’élan : Christian de Portzamparc, Lambert Lenack, Carlos Ferrater et Finn Geipel se disputent la maîtrise d’œuvre du projet dominé par 800 logements, dans une compétition emmenée par Bouygues-Immobilier-BNP, Pitch-Eiffage, Linkcity-Icade et Nexity-Roxim-Kalelithos.

« Partout, la composante paysagère figure parmi les premiers critères de choix », insiste Pascal Gauthier. Avant les deux projets en démarrage sur les coteaux, à Gattières et Saint-Jeannet, Christian Devillers avait marqué l’identité verte de la plaine du Var : « Ses grands cours paysagers jouent à la fois le rôle de corridors écologiques entre les collines et de réceptacles pour les pluies centennales dont nous avons recalculé les débits à la lumière des inondations du début octobre 2015 », explique Pascal Gauthier. L’adhésion du marché stimule son enthousiasme, lorsqu’il mesure l’accélération du tempo depuis son arrivée en 2013, cinq ans après la création de l’établissement public : « Rien n’était encore signé voici trois ans », se souvient-il. Avec un budget d’investissement évalué à 460 millions d’euros sur 15 ans, l’EPA compte sur un effet multiplicateur de 5 à 7, en provenance du secteur privé.

 

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