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L'avenir des contrats du numéro 2 du BTP britannique est en suspens.

Charlotte Kan, à Londres |  le 26/01/2018  |  EntreprisesMancheInternationalEurope

Le Royaume-Uni sonné par la faillite de Carillion -

Comment Carillion, géant du BTP au Royaume-Uni, près de 6 Mds € de chiffre d'affaires en 2016 et 43 000 employés dans le monde, dont 20 000 outre-Manche, a-t-il pu faire brutalement faillite le 15 janvier ? « C'est la conséquence d'un marché britannique du BTP et de la sous-traitance ultra-concurrentiel, une situation encore aggravée par l'endettement trop important du groupe ces dernières années », estime une note d'UBS. Selon le conseiller financier, les sociétés de construction sont engagées dans une course effrénée aux coûts bas, répondant aux appels d'offres avec des prix au plancher. Dans ces conditions, le moindre dérapage se paie cher. Carillion croulait ainsi sous près de 1,68 Md € de dettes, en raison de problèmes rencontrés sur plusieurs grands contrats (surcoûts, difficultés d'exécution, retards, annulations… ).

La fragilité du groupe, qui avait émis trois avertissements sur résultats depuis juillet, était aussi due au recours trop important aux sous-traitants (30 000), notamment dans ses activités de maintenance pour l'Etat et les collectivités locales, ainsi que pour des personnes publiques comme Network Rail, l'opérateur du réseau ferré britannique. Après avoir échoué à négocier une ligne de survie avec le gouvernement et les banques, le numéro 2 du BTP britannique, basé à Wolverhampton (Angleterre), s'est donc dé-clarée en faillite, avant d'être placée en liquidation judiciaire avec effet immédiat.

Le gouvernement cherche des repreneurs pour les contrats privés.

Associé à Eiffage pour la HS2. Si le métier d'origine de Carillion est la construction, qui représente environ la moitié de son activité, l'entreprise née il y a plus d'un siècle était également devenue l'un des plus grands prestataires de services pour le gouvernement britannique. Le groupe était divisé en quatre grandes unités : services support ( facilities management , facilities services , services énergétiques, ferroviaires et maintenance de la voirie) ; PPP (65 dans la défense, la santé, l'éducation, le transport, la sécurité, etc. ) ; activité de construction au Moyen-Orient ; conseil, construction et promotion immobilière au Royaume-Uni, en Irlande et au Canada.

Carillion est impliqué dans plusieurs mégaprojets menés par l'Etat britannique, notamment la phase 1 (Londres-Birmingham) de la nouvelle ligne à grande vitesse High Speed Two (HS2), en partenariat avec son « compatriote » Kier et Eiffage. Le constructeur français a expliqué au « Moniteur » que leur coentreprise, CEK, titulaire de deux lots (80 km de ligne) pour 1,6 Md €, « a proposé à HS2 une solution de continuité du contrat, en tenant compte de la situation particulière de Carillion et du savoir-faire reconnu d'Eiffage et de Kier ». De son côté, le maître d'ouvrage HS2 se veut rassurant. « La coentreprise CEK nous a garanti que, dans l'éventualité où un membre du groupe ne pourrait pas remplir ses responsabilités, les autres membres les reprendraient », a indiqué au « Moniteur » Alastair Cowan, directeur de la communication de la société de projet.

C'est le seul contrat d'Eiffage avec Carillion. Parmi les autres majors françaises présentes outre-Manche, Vinci a précisé qu'elle ne faisait partie d'aucun groupement avec Carillion. Bouygues UK ne s'est pas encore exprimé sur le sujet, mais « Le Moniteur » n'a pas recensé de tels cas de figure.

Opportunités ? Après cette faillite, quel avenir pour les 450 projets et contrats en cours liant Carillion à l'Etat britannique ? Les prestations de service public pour les prisons ou les hôpitaux ont été temporairement reprises par le gouvernement. Mais celui-ci n'a pas encore fourni de détails sur les grands ouvrages publics que devait réaliser Carillion, à l'image du nouvel hôpital de Liverpool.

Les contrats privés vont quant à eux se poursuivre dans leur grande majorité, dans l'attente de repreneurs, a annoncé mercredi dernier le service gouvernemental organisant la liquidation de cette major de la construction. « La faillite de Carillion va probablement fournir des opportunités de reprise de branche d'activités et de portefeuilles de contrats à ses pairs du BTP », estime l'analyste Neil Wilson (ETX Capital). Les groupes britanniques ainsi que les géants français ou l'espagnol ACS pourraient bien en profiter. Mais pour l'instant, la prudence de mise. « Nous n'allons probablement pas racheter des morceaux de Carillion », indique Xavier Huillard, le PDG de Vinci.

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