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L'autoroute ferroviaire Calais-Turin relance le fret sur rail
A terme, cette nouvelle liaison ferroviaire pour le transport de marchandises permettra le transfert de 31 000 camions de la route vers le rail chaque année. - © Ministère des Transports

L'autoroute ferroviaire Calais-Turin relance le fret sur rail

F.M., avec AFP |  le 07/11/2018  |  Ministère des TransportsFerroviaireTravaux ferroviaires

La quatrième ligne de ferroutage en France est entrée en service. Elle relie Calais à Orbassano, près de Turin (Italie). Une vitrine sur laquelle s'appuie le gouvernement pour relancer les "autoroutes ferroviaires". 

 

 

La quatrième ligne de ferroutage en France, la deuxième à Calais, a été inaugurée mardi 6 novembre 2018. A pleine charge, cette nouvelle liaison de transport de marchandises entre Calais et Orbassano, près de Turin en Italie, permettra de déporter chaque année 31 000 camions de la route vers le rail.

Et si la ministre des Transports, Elisabeth Borne, assistait à l'événement, ce n'est pas un hasard : le gouvernement entend "relancer" ce mode de transport de marchandises promis pendant des décennies, au nom notamment de la lutte contre les émissions de CO2.

Doublage de fréquence en septembre 2019

Longue de 1100 km, cette ligne de fret mise en service lundi 5 novembre et gérée par VIIA, la branche transport et logistique de la SNCF, permet d'acheminer jusqu'à 40 semi-remorques par train à raison d'un aller-retour par jour, en moins de 20 heures. L'opérateur prévoit de doubler la fréquence d'aller-retour à partir de septembre 2019.

"Chaque camion qui est chargé sur cette navette, c'est 1 tonne de CO2 économisée", a relevé Élisabeth Borne sur le port de Calais, après avoir assisté au chargement d'un semi-remorque sur un wagon spécialement équipé.

Parts de marché

La ministre s'est félicitée de "relancer le fret ferroviaire, qui a perdu des parts de marché en France et en Europe". "Je suis convaincue que c'est avec des solutions multimodales de ce type que le fret ferroviaire doit retrouver toute sa place", a-t-elle déclaré.

Le volume de marchandises transportées sur rail a baissé de 19% entre 2008 et 2016, selon une étude du ministère de la Transition écologique. Le transport multimodal ou combiné représentait 7,5 milliards de tonnes-km en 2016, soit 23% du transport ferroviaire et seulement 2,2% du transport de marchandises en France.

"Le transport combiné a des perspectives de croissance importantes pour les prochaines années", a assuré Aurélien Barbé, secrétaire général du Groupement national des transports combinés (GNTC). En outre, a-t-il expliqué, "de plus en plus d'entreprises se posent la question de la protection de l'environnement et le transport routier classique devient compliqué à cause d'une pénurie de chauffeurs routiers et de l'augmentation des prix du carburant".

Coûts et rapidité

Guillaume Pépy, le patron de la SNCF, s'est réjoui de pouvoir fournir "la solution technique" à cette volonté grandissante des entreprises de transporter leurs marchandises de façon écologique. "C'est une solution d'avenir qui va se développer au plan européen car à partir de Calais, nous pensons pouvoir aller au nord du Royaume-Uni, la Scandinavie et l'Allemagne", a-t-il avancé.

Si ce mode de transport est encore peu développé, ses promoteurs mettent en avant la réduction des coûts, les gains de rapidité en termes de logistique et les bienfaits pour l'environnement. En 2017, il a ainsi permis d'économiser quelque 75 000 tonnes de CO2.

Besoin d'une "meilleure qualité"

La Fédération nationale des transporteurs routiers (FNTR) estime en revanche que cette autoroute ferroviaire "n'est pas pertinente, car elle ne permet pas de massifier les flux et rajoute des ruptures de charge ", selon son secrétaire général Benoît Daly. La FNTR préfère le mode de ferroutage, où seul le conteneur est chargé sur un wagon.

"Tous les indicateurs sont au vert pour le développement de fret ferroviaire mais il manque une meilleure qualité du service ferroviaire", a estimé Aurélien Barbé, pointant du doigt les retards des trains.

Le GNTC a reçu des demandes d'entreprises intéressées par le transport combiné pour des moyennes distances, de 250 à 700 km, alors que ce mode était jusqu'ici connu comme rentable uniquement pour les longs trajets.

Calais-Turin est désormais la quatrième voie de ferroutage en France, après l'inauguration en 2016 de la ligne Calais-Le Boulou (Pyrénées-Orientales), la plus longue d'Europe, permettant de relier l'Espagne à la Grande-Bretagne. Mais le trafic y avait été interrompu pendant sept mois, en raison des intrusions de migrants dans les remorques et de travaux de sécurisation.

VIIA gère également les lignes entre l'est de la France et l'Italie (Aiton-Orbassano) depuis 2003 et entre le Luxembourg et Le Boulou depuis 2007.

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