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L'autoconsommation vue de la capitale
La centrale photovoltaïque du 296 rue Lecourbe possède une puissance d'environ 15 kWc. - © © Mylight Systems

L'autoconsommation vue de la capitale

Mathieu Dejeu |  le 08/03/2017  |  Pariswww.lemoniteur.fr/autoconsoEquipementLogementEnergie

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Depuis 2013, les appartements du 296 rue Lecourbe à Paris sont rénovés de fond en comble. Entre autres nouveautés, le bâtiment possède des panneaux photovoltaïques dont l'électricité est autoconsommée.

Rien ne distingue le hall du 296 rue Lecourbe des autres immeubles anciens du 15e arrondissement parisien. Cinq pas après la porte d’entrée, le sol carrelé d’un motif étoilé rencontre une porte en bois aux larges vitres. Par cette ouverture, on peut distinguer les premières marches d’un escalier en colimaçon. A sa gauche, une autre porte ouvre sur une loge de concierge transformé en logement. Le visiteur qui franchit ce seuil abandonne les débuts du XXe siècle pour les prémisses du XXIe. Toutes les surfaces proclament le neuf. L’un des murs arbore même une unité intérieure de pompe à chaleur (PAC).

Cette rénovation intérieure ne se limite pas à un appartement, mais concerne l’ensemble du bâtiment d’une surface de 880 m² SHON. Outre l’ancienne loge, celui-ci abrite sept autres logements et un local commercial. Débutée en 2013, l’opération se poursuit aujourd’hui. « Nous progressons lot par lot. Chacun nécessite entre trois et quatre mois de travaux, explique Julien Secheresse, architecte du projet. La propriétaire est sensible aux questions environnementales. Cette préoccupation se reflète dans les choix techniques du chantier avec une isolation par l’intérieur, le remplacement des fenêtres et la mise en place de PAC réversibles. » Depuis septembre 2015, la toiture accueille aussi 90 m² de panneaux photovoltaïques bi-verre en toiture pour une puissance totale de 15 kWc.

Rapprocher les besoins de la production

Non content de posséder l’une des rares installations solaires de la capitale, la gérante a choisi de consommer la production sur place au lieu de la vendre à EDF. Pour ce faire, le circuit électrique de l’immeuble intègre un système de gestion conçu par l’entreprise Mylight Systems. Trois logements et les bureaux sont reliés à la centrale photovoltaïque. Dans chaque habitation, la connexion s’opère par le biais de deux lignes (voir le schéma ci-dessous) : une première, fixe, raccordée à quatre panneaux dont l’électricité arrivera toujours au tableau ; et une seconde qui peut basculer à tout moment vers le local commercial. En plus de ces trois lignes variables, ce dernier possède également une ligne fixe. Un contrat de vente du surplus lui est affecté afin de valoriser le courant qui ne serait pas consommé.

Le tableau de bord informatique de l’installation.
Le tableau de bord informatique de l’installation. - © © DR

Un coffret central, placé entre les onduleurs et le circuit, mesure en permanence les appels de puissance des différents appartements et la production solaire. En fonction de ces paramètres, il contrôle la commutation des lignes. « L’unité centrale de gestion pilote aussi le fonctionnement des chauffe-eaux, des PAC et des prises intelligentes de telle manière que les besoins coïncident avec la production, précise Ondine Suavet, directrice de Mylight Systems. Le démarrage des chauffe-eaux s’opère en cascade de façon à éviter un pic de puissance. » La communication entre les systèmes s’effectue par courants porteurs en ligne (CPL). Les données de consommation et de production remontent à un modem qui les transmet au serveur de l’entreprise. Les occupants peuvent les consulter sur une plate-forme web et par le biais d’une application mobile. Une newsletter mensuelle leur fournit aussi des chiffres par usage. « Aujourd’hui, l’installation couvre environ 20 % des besoins du bâtiment et la totalité du courant est autoconsommée », indique la directrice.

Une des déclinaisons possibles de l'unité centrale de gestion conçue par Mylightsystems.
Une des déclinaisons possibles de l'unité centrale de gestion conçue par Mylightsystems. - © © Mylight systems

Si la mise en service complète du système s’est étalée d’octobre 2015 à octobre 2016, au gré des travaux, la pose des panneaux et le raccordement de l’unité centrale de gestion ont nécessité seulement trois jours. « Notre produit est entièrement serti en usine, ce qui facilite l’installation, souligne Ondine Suavet. Après une visite technique du site, nous sommes en mesure de livrer une unité de gestion adaptée en trois semaines. » Les panneaux de la rue Lecourbe attendent maintenant l’été pour une première saison à plein régime.

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