En direct

L'Australie reste à bâtir

A Sydney, Marie-Hélène Nougaret |  le 08/09/2017  |  EvénementEntreprisesInternationalFrance entièreEurope

En déficit d'infrastructures, le pays multiplie les plans d'investissements. Le BTP français a une carte à jouer.

L'Australie sera-t-elle le nouvel eldorado du BTP hexagonal ?

Avec une croissance ininterrompue de sa population urbaine - elle devrait doubler d'ici à 2050 - et un déficit d'investissement depuis quinze ans, les besoins du pays en infrastructures sont gigantesques. Rien que dans les transports, Business France, l'agence qui promeut la France auprès des investisseurs étrangers, les estime à… 204 Mds €. Le gouvernement fédéral a d'ailleurs déjà planifié près de 51 Mds € d'investissements dans les infrastructures sur dix ans. Les gouvernements locaux ne sont pas en reste : la Nouvelle-Galles du Sud a ainsi budgété, sur quatre ans, 50 Mds € pour les transports, 5,2 Mds € pour la santé et 2,9 Mds € pour l'éducation.

Densification et efficacité énergétique. Les attentes en termes de logements sont également fortes. La demande est attisée par une croissance économique qui s'est redressée (+ 2,75 % prévus en 2017) et une poussée démographique (+ 2 % chaque année) particulièrement aiguë dans les grandes villes. Melbourne (4,5 millions d'habitants) gagne environ 50 000 nouveaux habitants par an. Pour y faire face, la construction doit d'abord répondre au défi de la densification. « C'est le plus gros changement structurel qui ait jamais affecté nos villes », analyse Chris Johnson, président de l'Urban Taskforce (agence d'urbanisme) du pays. Seconde nouveauté, l'efficacité énergétique qui est devenue un nouvel aiguillon de la construction. Depuis le 1er juillet 2017, les audits sont en effet obligatoires pour toute surface commerciale de plus de 1 000 m² à vendre ou louer.

Les promesses australiennes sont donc réelles, mais les embûches sont aussi nombreuses pour les prétendants du BTP. La réglementation dépend par exemple de plusieurs niveaux d'autorité : fédéral, national, local. Par ailleurs, c'est un marché à coût élevé, tant pour les ressources humaines (puissance des syndicats et déficit de ressources, notamment en ingénierie) que pour les matériaux et le matériel, les services, les terrains.

Les Chinois, premiers investisseurs. Enfin, le marché ne s'ouvre pas au premier venu. Les acteurs locaux s'appuient sur leurs réseaux : dans ce pays 12 fois plus grand que la France et peuplé de seulement 24 millions d'habitants, les cercles de connaissances économiques et politiques se forment dès le lycée. Le succès des multinationales passe d'ailleurs par les entreprises australiennes qu'elles ont rachetées : CPB/Cimic pour l'espagnol ACS, Multiplex pour le canadien Brookfield, ou John Holland pour le chinois CCCI. La République populaire est d'ailleurs devenue le premier investisseur étranger du pays.

Les besoins sont estimes à 204 Mds €, rien que dans 1e secteur des transports. Source : Business France.

Les entreprises à la conquête de l'Australie doivent donc privilégier une approche « accompagnée » avec un partenaire local (rachat, association, sous-traitance) et s'insérer très vite dans son tissu de fédérations, syndicats et groupes professionnels. Côté expertise, le prix très élevé de la construction en Australie crée un appétit pour les procédés à moindre coût (préfabrication, bois lamellé-croisé…) mais aussi facile et rapide à mettre en œuvre. Les solutions d'efficacité énergétique - dont la réglementation devrait se renforcer d'ici à 2019 - et de pilotage des consommations sont aussi recherchées. Enfin, les labels de qualité validés par des tiers indépendants vont prendre de l'importance au regard des inquiétudes que l'incendie de la tour Grenfell à Londres, en juin dernier, a ravivées sur un marché australien de la construction moins qualitatif qu'en France.

PHOTO - 8834_559887_k2_k1_1364644.jpg
PHOTO - 8834_559887_k2_k1_1364644.jpg
Un nouveau contrat pour Bouygues

Le 17 juillet, Bouygues a décroché, au sein d'un consortium, le faramineux contrat de partenariat public-privé du métro de Melbourne pour 4,1 Mds €. Les travaux, qui démarreront début 2018, portent sur le creusement d'un tunnel de 9 km et la construction de cinq nouvelles stations dans la capitale de l'Etat de Victoria. Bouygues avait déjà remporté un méga-contrat de 2,7 Mds € en 2014, en consortium à 50-50 avec le groupe australien de BTP Lendlease. Il portait sur la construction de 9 km de double tunnel reliant deux autoroutes pour décongestionner le trafic autour de Sydney. Un projet à 1,8 Md €. En octobre de cette même année, Bouygues décrochait également avec Lendlease et l'espagnol Acciona un contrat public-privé pour construire 6,8 km d'autoroute avec tunnels à Melbourne.

Des travaux représentant une enveloppe globale de 2,7 Mds €, dont 900 M€ pour le groupe français.

Commentaires

L'Australie reste à bâtir

Votre e-mail ne sera pas publié

Éditions du Moniteur

AMC N°270 - SPÉCIAL INTÉRIEURS 2018

AMC N°270 - SPÉCIAL INTÉRIEURS 2018

Presse - Vente au n°

Prix : 29.00 €

Voir

Opérations Immobilières n°106 - Loi ELAN

Opérations Immobilières n°106 - Loi ELAN

Presse - Vente au n°

Prix : 37.00 €

Voir

Aménager sans exclure, faire la ville incluante

Aménager sans exclure, faire la ville incluante

Livre

Prix : 24.00 €

Auteur : Éditions du Moniteur

Voir

Accéder à la Boutique

Les bonnes raisons de s’abonnerAu Moniteur

  • La veille 24h/24 sur les marchés publics et privés
  • L’actualité nationale et régionale du secteur du BTP
  • La boite à outils réglementaire : marchés, urbanismes, environnement
  • Les services indices-index
Je m’abonne
Supports Moniteur
Les cookies assurent le bon fonctionnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookiesOKEn savoir plusX