Industrie/Négoce

L’ascensoriste Otils victime de boutons radioactifs

Otis est contraint de retirer tous les boutons d’ascenseurs potentiellement radioactifs livrés par l’entreprise iséroise Mafélec même si, selon l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), il n’y a aucun risque sanitaire.

« Ce n’est pas une question sanitaire » mais « de principe: on n’expose pas des personnes à la radioactivité s’il n’y a aucun bénéfice », a déclaré à l’AFP le directeur général adjoint de l’ASN, Jean-Luc Lachaume. Dans un premier temps, a-t-il dit, il a été demandé à Otis « d’isoler les pièces » potentiellement irradiantes qui étaient encore chez eux. Puis « de retirer les boutons mis en place pendant la période » incriminée, a-t-il ajouté.

L’opération d’Otis va « concerner de 500 à 600 ascenseurs sur les 2.500 » que la société a installés, modernisés ou réparés entre le 21 août et le 9 octobre, avait précédemment annoncé un responsable de la filiale française du groupe américain.
Ce retrait « devrait débuter la semaine prochaine et prendre environ un mois », a-t-il encore indiqué.

C’est l’ASN qui a exigé mardi d’Otis, « principal client de Mafelec », l’arrêt total et immédiat de l’utilisation des pièces identifiées comme contaminées au cobalt 60. Elle lui a aussi « demandé de mettre en oeuvre une campagne de recensement des boutons contaminés qui auraient pu être installés au cours des dernières semaines ».
Des pièces contaminées auraient été découvertes sur les sites d’Otis, notamment à Roissy, Argenteuil, Goussainville (Val d’Oise) et Gien (Loiret). Des opérations de tri et d’isolement » sont en cours « sur l’ensemble des sites et dans tout le réseau de distribution et de maintenance » d’Otis France, a précisé l’ASN dans un communiqué (Voir le communiqué de l’ASN).
Otis a confirmé mercredi que les boutons incriminés avaient été isolés sur les sites de Gien, Argenteuil et Roissy et qu’ils seraient détruits prochainement sous l’autorité de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra).

La dose émise par les boutons qui vont être retirés des ascenseurs s’élèverait à 0,02 milli-Sieverts/heure alors que la dose normale moyenne reçue par la population française en un an, liée aux actes médicaux, au rayonnement cosmique, à l’alimentation et au radon (gaz radioactif), s’élève à 3,3.

Toutefois, l’ASN qui avait classé l’incident en niveau 1 sur l’échelle INES (International Nuclear Event Scale) a revu à la hausse sa gravité en le classant en 2 en raison de l’exposition de plus de dix ouvriers de Mafelec à des doses dépassant la limite réglementaire.
L’ASN a également pris contact avec les autorités nucléaires des pays concernés « afin d’échanger des informations sur ce sujet ». En Inde, les sociétés Bunts, Laxmi, SKM Steels, Vipras Casting LTD et Pradeep Metals LTD auraient envoyés des produits contaminés dans plusieurs pays, selon l’Autorité.

Jean-Philippe Defawe

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