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L'art de cultiver ses friches
PHOTO - 13773_836163_k3_k1_1966724.jpg - © DIJON MÉTROPOLE

L'art de cultiver ses friches

Dossier réalisé par Christiane Perruchot et Christian Robischon |  le 29/06/2018  |  AménagementEnvironnement

Dijon -

Pour redonner vie aux sites délaissés du centre-ville, la métropole bourguignonne a élaboré sa propre recette : amalgamer une dose de pragmatisme, d'aménagement durable et de relecture du passé.

Tel un balancier, l'Histoire change de sens. Après 1870, l'armée avait façonné le développement de Dijon. Dans cette ville située ni trop près ni trop loin du territoire perdu d'Alsace-Moselle, s'étaient repliées les forces vives militaires de la nation. Nombreuses furent alors les casernes à s'ériger. Un gros siècle plus tard, la restructuration de l'armée allait entraîner leurs fermetures, bientôt suivies par celles des abattoirs, industries et hôpitaux qui quittaient les centres-villes un peu partout dans l'Hexagone. La capitale bourguignonne s'est alors retrouvée avec quantité de friches sur les bras. Désormais, elle les réinvestit pour créer l'aménagement urbain du XXIe siècle, voulu durable.

Nul stratège ne l'ignore, il faut choisir le bon moment pour passer à l'offensive. Pour l'actuel exécutif de gauche, les municipales de 2001 offrirent cette fenêtre de tir. « Nous sommes alors arrivés en responsabilité, dans un contexte où plusieurs opportunités de libération de foncier se présentaient. Les friches sont devenues le terrain sur lequel appliquer l'essence de notre projet : mixité sociale et fonctionnelle, aménagement autour des transports en commun, reconstruction de la ville sur elle-même et relance de l'habitat en centre-ville, particulièrement de celui à loyer modéré dont la part était tombée à 12 % », se souvient Pierre Pribetich, adjoint à l'urbanisme du maire François Rebsamen et premier vice-président de Dijon Métropole.

Sa reconquête de friches, Dijon l'a entreprise sans se précipiter. « Les élus ont su prendre le temps d'en saisir les enjeux, sans chercher à accumuler les surfaces à la va-vite. Il y a eu d'abord deux ans d'apparent stand-by , mais apparent seulement », rappelle Thierry Coursin, P-DG de la SEM d'aménagement Société Est Métropoles. Passé ce délai d'analyse, une méthode dijonnaise s'est forgée avec le temps. Elle a fait monter en puissance la dimension durable, sans renoncer à l'itératif, au pragmatisme - l'appel aux bailleurs quand la crise immobilière sévit, par exemple - et au correctif pour réviser les trames urbaines et la volumétrie des constructions de sorte à éviter les incohérences. L'ex-caserne Junot, au nord, a été la première à faire appel à une maîtrise d'œuvre urbaine. Le succès de la commercialisation de ses 635 logements a incité les élus à s'enhardir davantage vers le « vert » avec la caserne Heudelet 26, reconvertie à partir de 2008 (lire p. 37) . Lieu du siège de la métropole, le programme revendique le titre de premier écoquartier dijonnais. Il est porteur d'une vision assez exhaustive et détaillée de 38 objectifs déclinés en 83 actions.

La trame urbaine et la volumétrie des constructions sont révisées pour éviter les incohérences.

L'économie mixte comme pilier. Aménagée à partir de 2013, la ZAC de l'Arse nal infléchit l'approche, en raison de sa plus grande taille : moins de travail de dentelle à la parcelle, mais une lecture par zones (appelées « environnements ») répondant à leurs propres orientations en fonction de leur localisation, dans le respect d'objectifs généraux (lire p. 38) . Quelques dénominateurs communs transcendent aussi le particularisme de chaque site. Partout, au moins un bâtiment témoin du passé est conservé.

Sa méthode, Dijon l'affirme aussi dans le montage des opérations : celui-ci privilégie l'économie mixte. Après la Semaad, le rôle de bras armé a été endossé par la Société publique locale d'aménagement de l'agglomération dijonnaise (Splaad) à sa naissance en 2009, au moment de la création législative des SPL. « Mais notre approche reste là aussi pragmatique : choisir l'outil le plus efficace à l'endroit donné. Ce peut être le privé, quand une opération requiert souplesse et rapidité ou que sa taille et ses enjeux spécifiques le justifient », complète Pierre Pribetich. Cet argument est avancé pour expliquer le recours à Eiffage pour piloter la Cité internationale de la gastronomie et du vin sur le lieu de l'ancien hôpital (lire p. 37) . Le porte-drapeau des ambitions dijonnaises.

257 843

257 843 habitants au sein de Dijon Métropole en 2017 friches majeures pour un total de

41,7 hectares 335 000 m2 bâtis prévus

3 750 logements programmés, 800 livrés ou en chantier

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