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L’architecture italienne en Libye 1920-1930

Par Giovanna d’Amia |  le 01/05/2008  |  ProfessionArchitectureRéalisationsUrbanismeCulture

La question de la Méditerranée et par conséquent d’une architecture soi-disant méditerranéenne a été remise au goût du jour par colloque récent, qui a eu lieu à la bibliothèque Alexandrine d’Alexandrie, en Egypte les 15 et 16 novembre 2007. Intitulé « La présence des architectes italiens dans le pays de la Méditerranée », ce colloque, dont les actes vont bientôt paraître chez l’éditeur Maschietto de Palerme était soutenu par le ministère italien de la Recherche et de l’Université en partenariat avec les universités de Naples, Florence, Bologne, Gênes et Milan. Coordonné par Benedetto Gravagnuolo, il a été mené sous la direction de Ezio Godoli, Giuliano Gresleri, Luisa Cogorno et Giuliana Ricci. Parmi les patrimoines architecturaux partagés, c’est-à-dire réalisés avec la coopération des architectes, maîtres d’ouvrage, ouvriers et entreprises de différentes nationalités, le milieu méditerranéen offre en effet un cas d’étude fort pertinent en raison des affinités géographiques et des liens culturels, qui parfois remontent à l’antiquité, entre les pays qui en bordent les rives.

Comparé à des lieux qui ont déjà fait l’objet de recherches approfondies comme l’Egypte où l’Institut français d’archéologie orientale a consacré des publications à l’architecture et au développement urbain des XIXe et XXe siècles, ou encore le Dodécanèse, vieille colonie italienne, l’Afrique du nord constitue un cadre encore largement méconnu. En particulier, l’architecture italienne en Libye – dont la plupart des réalisations remontent à la période de l’Entre-deux-guerres –, subit encore les conséquences d’une colonisation illégitime et cruelle. En témoigne par exemple le film Lion of the Desert de Moustapha Akkad qui n’a jamais officiellement été présenté en Italie. A contrario, la Libye a parfois constitué le cadre d’échanges où la connaissance de la tradition locale en matière de construction a contribué à asseoir l’idée d’une architecture méditerranéenne, destinée à jouer un rôle majeur, alors que la xénophobie du régime fasciste menaçait la diffusion de l’architecture moderne.

L’aventure coloniale italienne en Libye démarre avec l’occupation militaire de 1911, qui ajoute le pays nord-africain aux possessions conquises à la fin du XIXe siècle, l’Erythrée et la Somalie. En raison de la proximité de cette colonie avec la métropole et du caractère du lieu, la quarta sponda d’Italia, semble mieux satisfaire l’aspiration à créer en Afrique une colonie de peuplement, pour trouver une solution à l’état de gros retard économique et social dans lequel demeure une grande partie de la péninsule.

La conquête du pays, qui rencontre dès le début une forte opposition intérieure, ne sera achevée qu’après la Grande Guerre. Dans une situation gérée par l’autorité militaire, les premiers travaux publics et projets de planification urbaine sont ainsi confiés à l’organisation du Génie civil. De manière générale, il en résulte une architecture technique, prête à accueillir les suggestions stylistiques de l’éclectisme international, mélangées à un goût orientaliste qui va donner aux œuvres une certaine saveur locale. C’est le cas, par exemple, du projet pour la nouvelle mosquée de Cyrène de 1912, où un pavillon de goût gothique s’orne d’un donjon circulaire librement inspiré du minaret de la mosquée de Soluk. L’orientalisme, mélangé à des souvenirs du classicisme et à des repêchages académiques, est en effet le langage prépondérant dans l’architecture officielle du début des années 1920. Les projets sont ainsi confiés à des architectes italiens, tels Saul Meraviglia Mantegazza, qui signe le Palais du Gouverneur à Tripoli (1924-31), ou Armando Brasini, le favori du gouverneur Giuseppe Volpi (1922-1925), auquel on doit, dans le chef-lieu de la Tripolitaine, le réaménagement du vieux château (1922-23), le monument aux morts pour la patrie (1923-25) et une proposition monumentale de palais de justice qui ne sera jamais réalisée.

Entre Novecento et rationalisme

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