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L'architecture en liberté d'Ishigami

le 25/05/2018  |  ArchitectureInternationalEuropeExposition

Inspirées par le paysage, incrustées dans la nature, les réalisations de l'architecte japonais sont présentées à la fondation Cartier (Paris XIVe).

Prisée des amateurs de photographie et d'art contemporain, la fondation Cartier expose rarement de l'architecture. Après avoir présenté en 2014 une installation des Américains de Diller Scofidio + Renfro, elle s'intéresse à l'œuvre atypique du Japonais Junya Ishigami, né en 1974, Lion d'or à la biennale de Venise en 2010. Une vingtaine de projets sont ainsi réunis sur les deux niveaux de l'espace, sous le titre « Freeing Architecture » (« Libérer l'architecture »). L'occasion de découvrir l'univers très inspiré par la nature de celui qui a fait ses classes à l'agence SANAA avant de fonder sa propre structure en 2004.

 

Coiffant l’exposition, trois éléments du « Cloud Arch », sculpture monumentale conçue pour Sydney (Australie).
Coiffant l’exposition, trois éléments du « Cloud Arch », sculpture monumentale conçue pour Sydney (Australie).

Coiffant l’exposition, trois éléments du « Cloud Arch », sculpture monumentale conçue pour Sydney (Australie). (© Jean-Baptiste Le Mercier / Fondation Cartier)

 

Certaines de ses réalisations s'apparentent à de véritables paysages. L'architecte n'hésite pas à faire rentrer la nature dans l'espace domestique, à construire une série de villas au milieu d'une colline de mégalithes voire à transplanter intégralement une forêt pour les besoins de la construction d'un hôtel. Le paysage se fait même troglodyte avec un restaurant-habitation, creusé dans le sous-sol, qui dessine un dédale de grottes moulées dans le béton.

 

Habitation et restaurant à Yamaguchi (Japon). Trois cours séparent les espaces creusés dans le sol.
Habitation et restaurant à Yamaguchi (Japon). Trois cours séparent les espaces creusés dans le sol.

Habitation et restaurant à Yamaguchi (Japon). Trois cours séparent les espaces creusés dans le sol. © Giovanni Emilio Galanello / Fondation Cartier)

 

La scénographie accorde une large place aux maquettes, parfois déclinées sur plusieurs échelles pour une même réalisation. Dans la première salle, l'enveloppe de béton de la « Chapel of Valley » en Chine (province du Shandong), peut s'apprécier au 1/40e et au 1/7,5e. Cette dernière échelle permet notamment de prendre toute la mesure d'un édifice qui dominera le paysage de ses 45 m de hauteur. Dès l'atelier des étudiants de l'Institut technologique de Kanagawa (KAIT), premier projet emblématique terminé en 2008, cette volonté de s'affranchir des conventions architecturales est manifeste. Cet immense espace de près de 2 000 m², entièrement ouvert, est jalonné de quelque 300 colonnettes blanches. Celles-ci semblent disposées de façon apparemment aléatoire, à la manière d'une constellation voire d'une forêt, un motif qui revient régulièrement dans son travail. En fait, l'emplacement et la taille de chaque colonnette suivent un plan précis, délimitant différents espaces de travail tout en offrant une circulation fluide.

 

Institut technologique de Kanagawa (Japon), un espace jalonné de 300 colonnettes.
Institut technologique de Kanagawa (Japon), un espace jalonné de 300 colonnettes.

Institut technologique de Kanagawa (Japon), un espace jalonné de 300 colonnettes. (© Junya.Ishigami+Associates)

 

Simplicité du geste. L'intervention architecturale consiste parfois en des actions simples, qui procèdent de l'existant. Pour la résidence pour personnes âgées malades d'Alzheimer à Akita, dans la région du T?hoku (Japon), il a rassemblé un ensemble d'habitations traditionnelles promises à démolition. Ces bâtisses en bois ont été récupérées dans différentes villes de l'archipel, puis acheminées sur un même site, sans être démontées. Plusieurs maquettes en bois présentent cette réalisation, accompagnées de croquis et d'une vidéo du chantier.

 

« Home for the Elderly » à Akita (Japon). Des maisons en bois traditionnelles réutilisées forment un village.
« Home for the Elderly » à Akita (Japon). Des maisons en bois traditionnelles réutilisées forment un village.

« Home for the Elderly » à Akita (Japon). Des maisons en bois traditionnelles réutilisées forment un village. (© Giovanni Emilio Galanello / Fondation Cartier)

 

Pour la réhabilitation de l'impressionnant Polytechnic Museum de Moscou, entamée en 2012, Junya Ishigami a choisi de libérer l'espace du sous-sol du musée. Les murs de briques qui le quadrillaient ont été supprimés pour ne conserver que les piliers. Cette myriade de colonnes crée désormais un immense hall d'entrée. L'architecte a par ailleurs dégagé les fondations du bâtiment en creusant tout autour et en aménageant un paysage en pente douce qui conduit ainsi les visiteurs vers le nouveau rez-de-chaussée.

« Junya Ishigami, Freeing Architecture », exposition jusqu'au 10 juin 2018 à la Fondation Cartier - 261, boulevard Raspail, Paris XIVe.

 

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