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L’arbre Liebherr cache une forêt d’implantations

le 15/03/2013  |  Collectivités localesIndustrieFrance MancheEurope

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En moins de cinq ans, le groupe Liebherr aura investi deux fois 90 millions d’euros au nord de Colmar, dans la zone de l’aérodrome. Après la livraison du chantier en cours, 300 nouveaux emplois auront renforcé le groupe familial à Colmar. « Un troisième dossier, en cours d’instruction pour 42 millions d’euros, me paraît encore plus significatif : il s’agit d’un département recherche, signe d’un enracinement dans la durée », se réjouit Gilbert Meyer, maire de Colmar et président de l’agglomération.

Derrière l’arbre de Liebherr, une forêt d’implantations se déploie au fur et à mesure des aménagements réalisés par la jeune communauté d’agglomération colmarienne (Cac). Ses services recensent 53,15 hectares de zones d’activités créées au cours des cinq dernières années, dont 35,8 pour le site de l’aérodrome. La dynamique de croissance facilite l’adoption d’une fiscalité attractive, grâce à l’élargissement des bases : avec un taux de 23,7 % pour la Contribution foncière des entreprises au lieu d’une moyenne de 26,49, la Cac se situe en 164ème position, parmi les 201 communautés d’agglomération.

Le plus culturel

Pour renforcer l’identification de son foncier économique, la collectivité a lancé une démarche « Ecodesign ». Sur la totalité des 622 ha concernés, un prestataire, dont la désignation doit intervenir au printemps, traitera à la fois l’esthétique et la fonctionnalité. L’agglomération souhaite profiter de cette mission pour renforcer la visibilité de la desserte des zones d’activités par les transports publics.

Dans l’analyse globale de l’attractivité économique de la locomotive urbaine du centre de l’Alsace, cette touche de design complètera l’offre culturelle. Le lien entre les deux thèmes a déjà convaincu les premiers mécènes américains de l’extension du musée : la fondation Timken – du nom du fabricant de roulements à billes implanté à Colmar - pour 270 000 dollars, et le musicien William H Scheide, petit-fils d’un ancien associé de Rockfeller, pour 500 000.

Pourquoi Besançon a-t-elle adhéré au projet européen ESIMeC ?

L’adhésion de la ville et de la communauté d’agglomération de Besançon a coïncidé avec le lancement du projet de la Cité des arts. L’émergence d’un nouveau quartier culturel au cœur de la ville a conduit à se poser la question : quelles retombées économiques un investissement public lié à la culture peut-il avoir sur des initiatives privées dans ce domaine ? Un édifice comme la Cité des arts n’est pas seulement destiné à consolider l’attractivité culturelle et touristique. Il peut aussi stimuler l’économie et le développement urbain.

La stratégie économique du Grand Besançon est de développer un modèle entrepreneurial et durable qui s’articule autour de deux sphères d’activités majeures : la précision et l’intelligence liées au passé industriel fondé sur l’horlogerie ainsi que, comme capitale régionale, le tertiaire et les services.

Un recensement des industries culturelles -de l’horlogerie au multimédia en passant par le design, le luxe, les arts graphiques- révèle une filière à part entière avec près de 350 entreprises représentant 2500 emplois, des structures artisanales pour la plupart. D’où le choix de travailler sur les industries culturelles et créatives. Mais il faut rendre ces activités plus visibles, renforcer leur professionnalisation, faire émerger des innovations.

Comment ESIMeC a appuyé votre réflexion ?

Le projet a fédéré les acteurs autour de trois volets : urbanisme, formation et économie. La démarche a débouché sur un plan local d’action, en quelque sorte une feuille de route.

L’agence d’urbanisme de l’agglomération de Besançon (Audab) a analysé le potentiel urbain du secteur Rivotte-Prés de Vaux, en le resituant dans un cadre large, d’approche globale des sites en mutation : Saint-Jacques, Arsenal, Vauban…L’attention s’est ensuite focalisée sur un périmètre plus serré, pour traiter la valorisation de l’entrée de ville, les berges du Doubs et leur articulation avec l’hypercentre.

La Cité des arts complète une offre culturelle déjà riche : la salle des musiques actuelles La Rodia et la friche artistique qui accueille des compagnies et associations, toutes les deux ouvertes en 2011 ; le bastion qui abrite depuis longtemps des studios de répétitions pour les musiciens amateurs. Si toutes les activités artistiques et culturelles n’ont pas vocation à se localiser sur le site, la proximité des équipements et d’acteurs d’horizons différents est source d’émulation pour la création de contenus innovants.

Dans ce contexte, Le Grand Besançon souhaite vérifier l’opportunité de créer un outil d’accueil et d’accompagnement des activités créatives. La réflexion porte sur le service (formation, guichet unique, ...), mais aussi un lieu d’hébergement. Car l’agglomération dispose d’une offre de pépinières et d’hôtels d’entreprises, mais elles sont majoritairement généralistes.

m Que vous ont apporté les échanges avec les autres villes du réseau ?

Les plans d’action locaux des autres villes du réseau ont apporté des exemples de bonnes pratiques susceptibles d’aider à la réflexion pour les projets bisontins : la transformation d’une friche industrielle en lieu de spectacle à Gävle, la reconversion d’une zone d’activités à Basingstoke, un guichet unique pour les jeunes en attente de formation Sabadell.

Comment se poursuit le projet ?

ESIMeC se termine, mais la dynamique demeure. Le programme nous a convaincus que la mise en réseau des compétences est le levier majeur pour développer les industries créatives et culturelles dans le long terme. Parallèlement à la poursuite du volet urbain, notre travail va maintenant consister à mobiliser les acteurs locaux privés. Concrètement, des ateliers permettront de détecter les besoins et de dessiner les contours d’un «cluster créatif». Il s’agira aussi de cerner la faisabilité technique et financière, le calendrier et les maîtrises d’ouvrage pressenties.

Neuf villes moyennes : Economic Strategies and Innovation in Medium sized Cities (ESIMeC) fait partie du programme européen Urbact. Neuf villes forment un réseau autour de « stratégies économiques innovantes dans un esprit de croissance durable » : Besançon, Cherbourg et Charleroi (France), Sabadell et Albacete (Espagne), Basingstoke (Angleterre), Debrecen en Hongrie, Bistrita (Roumanie), Gävle (Suède).

André Klein, président du centre européen d’études japonaises d’Alsace, ancien directeur du comité d’action économique du Haut-Rhin.

Certes, une implantation résulte d’un dossier global, dans lequel le coût de l’investissement, la qualité de la main d’œuvre et l’environnement économique jouent les premiers rôles. Mais il faudrait être myope pour ne pas identifier le rôle de l’offre culturelle. Avec l’œuvre de Schongauer qui figure parmi les 20 tableaux les plus connus au monde, Colmar résonne aux oreilles de tous ceux qui s’intéressent à l’art, notamment les américains qui identifient aussi la ville de Batholdi.

Prospective « L’impact d’un investissement public sur des initiatives privées »

L’émergence d’un quartier culturel autour de la Cité des arts conduit Besançon à explorer le potentiel des industries culturelles et créatives. Le projet européen ESIMeC a permis de défricher le sujet.

Laurent Van Herreweghe directeur général des services du Grand Besançon

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