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L'Arbre blanc se pique de métal

Clotilde de Gastines |  le 18/05/2018  |  ArchitectureRéalisationsTechniqueBâtimentHérault

Fixations -

Près de 200 balcons-terrasses dardent peu à peu l'immeuble de logements.

Un défi à la gravité relevé de haut en bas.

A Montpellier, machinerie et mécanique rivalisent d'ingéniosité pour parer l'Arbre blanc de ses 193 balcons-terrasses. Conçu par l'architecte japonais Sou Fujimoto, l'immeuble d'habitation de 56 m de haut sur 50 m de large, situé au bord du Lez, arbore déjà sept niveaux sur seize. L'accrochage des immenses balcons métalliques a commencé en novembre dernier et doit s'achever fin juin. Maintenant que la procédure est rodée, la pose a trouvé son rythme de croisière d'un étage tous les quinze jours, sauf aléa météorologique. Les premiers en place en haut de l'immeuble sont constitués d'une structure métallique et d'un garde-corps à mailles Jakob.

Ils sont pré- assemblés sur place pour éviter le recours à des convois exceptionnels, les plus grands mesurant 7 m de long sur 5 m de large. Une fois accrochés, ces éléments seront couverts de laine de roche (pour la stabilité au feu), d'un bac acier et de lames de bois à claire-voie, pour que s'écoulent les eaux pluviales. Ces dernières seront ensuite récupérées dans des chenaux et évacuées par des gouttières cachées dans la façade.

Un seul échafaudage. Le processus de pose du haut vers le bas s'est imposé pour des raisons techniques. « Si nous avions procédé dans l'autre sens, il aurait fallu non pas un mais deux échafaudages, et nous risquions d'endommager les balcons, explique Daniel Maurin, chargé d'affaires chez Cap Conseil, qui assure la maîtrise d'œuvre du chantier. » Un palonnier amélioré assure le levage des balcons qui pèsent jusqu'à 2,5 t. Cette solution, apportée par la société de construction métallique SPCM pour gérer les débordements de façade, permet d'éviter les ouvrages supérieurs.

Au sol, le palonnier porte le balcon pré-assemblé et maintenu à trois points différents pour éviter qu'il ne glisse. La grue soulève légèrement le palonnier le temps que la masse mobile motorisée et téléguidée qu'il contient fasse contrepoids. Cette masse roule vers l'avant ou vers l'arrière en fonction de l'inclinaison et du poids du balcon à soulever. L'approche de la façade se fait à vitesse très réduite pour que le balcon ne vienne pas la heurter. Les manœuvres sont suspendues dès que le vent souffle à plus de 30 km/h à cause de l'effet Venturi et des rafales typiques de ce couloir du Lez.

Des données BIM projetées sur la façade. « Chaque balcon tient comme une simple étagère à équerre. L'ensemble est boulonné et claveté sur des poutrelles Heb en acier verticales », précise André Verdier, ingénieur éponyme du BET structure. La visserie a été posée au millimètre près grâce à l'entreprise espagnole Ciprés qui a projeté au laser des données BIM sur la façade. La tête du Heb est clavetée dans la dalle en béton armé, un insert est scellé dans le béton et relié au ferraillage du plancher. Au centre de la poutrelle, un tirant permet de haubaner le balcon sur les trois quarts de sa longueur, notamment pour soulager l'encadrement.

Les ingénieurs ont effectué des notes de calculs à l'arrachement, au feu, au vent et au poids, spécifiques pour chacun des 193 balcons. « Ces derniers sont fixés de biais par rapport à la façade, ce qui crée autant de type d'angles, de longueurs et donc de résistance », détaille André Verdier, dont les ingénieurs ont réalisé tous les plans d'exécution et de fabrication en trois dimensions. Dans un second temps, plusieurs escaliers, en tôle pliée qui forme marche et contremarche, relieront les balcons des appartements en duplex.

Les ombrières, galvanisées et thermolaquées, sont encastrées par des rivets dont l'effort est repris dans le ferraillage. L'inclinaison des pales a été accentuée pour réduire les risques d'amas de neige. Une fois l'accroche effectuée, le contrepoids revient ensuite au centre de gravité du palonnier « déchargé » et les brides sont défaites pour éviter que l'outillage ne bascule. Le bardage est installé, ainsi que les volets métalliques à persiennes, puis l'échafaudage peut descendre d'un étage. La livraison du bâtiment est attendue à la fin du printemps 2019.

Maîtrise d'ouvrage : Promeo, Evolis Promotion, Crédit Agricole Languedoc Immobilier et Opalia. Maîtrise d'œuvre : Cap Conseil ; Sou Fujimoto, Nicolas Laisné et Manal Rachdi (architectes). Gros œuvre : François Fondeville SAS. Coût travaux : 21 M€ HT.

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