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L’après charbon rencontre l’après-pétrole
Les paysages européens en transition présenteront leur bilan les 5 et 6 décembre dans le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais. - © Collectif Pap

L’après charbon rencontre l’après-pétrole

Laurent miguet |  le 07/10/2018  |  EvénementUrbanismePatrimoine

Les 5 et 6 décembre au cœur de l’ancien bassin houiller du Nord-Pas-de-Calais, le collectif des paysages de l’après-pétrole révèlera le champ des possibles ouvert par les stratégies paysagères d’un échantillon de six territoires européens en transition énergétique. Marqué par la participation de chacun d’entre eux, le colloque répond à une commande de l’Etat, en vue d’un partage des bonnes pratiques locales.

Pour dessiner un futur désirable, le collectif des paysages de l’après-pétrole (Pap) s’appuie sur des sites ordinaires, qui se présenteront les 5 et 6 décembre dans un territoire inscrit au patrimoine mondial de l’humanité. Le premier jour après une ascension du terril de Loos-en-Gohelle (Pas-de-Calais), les participants découvriront le « paysage culturel évolutif vivant » reconnu par l’Unesco, en cours de remodelage sous l’effet de l’économie circulaire et des modes doux.
Le lendemain au Louvre Lens, des élus locaux d’Autriche, Belgique/Wallonie, Espagne/Catalogne, Italie, Luxembourg et Suisse partageront leur propre vision des paysages en transition. « Aucun des six territoires de notre échantillon n’appartient au patrimoine mondial de l’humanité », souligne Jean-Pierre Thibault, membre fondateur du collectif et inspecteur général de l’administration et du développement durable. Objet de la commande adressée par le ministère de l’Ecologie, l’étude de sites ordinaires situe le travail du Pap dans la ligne de la convention européenne du paysage.

Scientifiques et militants

« Derrière la notion d’après-pétrole, nous plaçons à égalité l’énergie, l’urbanisme et l’agriculture » : Régis Ambroise, président du collectif, rappelle les fondements de l’association née en mars 2015. Un mois plus tard, ces mêmes piliers ont donné naissance à la chaire Paysage et Energie de l’Ecole nationale supérieure du paysage (ENSP). « La force de l’école s’est articulée avec celle des adhérents de l’association », souligne Bertrand Folléa, directeur de la chaire. Les ateliers pédagogiques régionaux conduits par l’Ecole dans le Thouarsais (Deux Sèvres) et le pays de Retz (Loire-Atlantique) ont scellé les trajectoires parallèles : les travaux d’étudiants se prolongent dans la « recherche action » menée par les fondatrices du Pap Mathilde Kempf et Armelle Lagadec, sous l’égide du laboratoire de recherche en paysage (Larep) de l’ENSP. Les deux paysagistes présenteront un bilan d’étape de leur territoire d’étude, dans l’après-midi du 6 décembre à Lens.

Après la restitution de sa comparaison européenne et l’aboutissement de sa recherche-action, le collectif Pap parviendra-t-il à trouver dans le colloque des 5 et 6 décembre le ferment d’un second souffle ? En clôture de la rencontre, cette question traversera la table ronde animée par Paysage Actualités avec les participations des financeurs historiques de l'association : l’Etat, représenté par Paul Delduc, directeur de l’aménagement, du logement et de la nature au ministère de la transition énergétique et solidaire, et la fondation pour le progrès de l’homme, avec son directeur Matthieu Calame. Jérôme Bignon, sénateur de la Somme Jérôme, y ajoutera le témoignage de l’élu.

Paysages résilients

Autant que sur ses bailleurs de fonds, le collectif compte sur les forces vives du territoire hôte pour « sortir de l’entre soi des paysagistes », selon l’expression de Jean-Pierre Thibault : après les chocs successifs de la désindustrialisation et de l’inscription au patrimoine mondial, le bassin minier saura-t-il tirer parti des rencontres européennes pour transcender ses déchirures internes ? Les papistes proposent une voie qui résonne avec celle de Jean-François Caron, maire de Loos-en-Gohelle : parmi les signataires d’un « appel à la résilience » sur le blog des invités de Médiapart, il lance un appel à des « écosystèmes coopératifs territorialisés », où les modèles alimentaire, énergétique et démocratique se réinventent et se nourrissent ». Les scientifiques et les militants du paysage comptent sur le rendez-vous des 5 et 6 décembre pour que cette vision puisse inspirer les politiques publiques.

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