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L'approche urbaine dynamise l'Opac de Paris

ELISABETH ALLAIN-DUPRE |  le 26/01/2001  |  ImmobilierLogementArchitectureAménagementParis

Plus grand bailleur social de France avec 95 000 logements, l'Opac de Paris revendique une gestion active de son patrimoine bâti et foncier, devenant ainsi l'un des acteurs majeurs du renouvellement urbain à Paris et en proche banlieue. Ses méthodes d'aménageur sont fondées sur le dialogue avec les habitants et le souci de créer, ou de conserver, les richesses de la vie urbaine.

Avec une longueur d'avance sur les quelques autres grands organismes HLM qui revendiquent aujourd'hui leur rôle d'opérateurs urbains, l'Opac de Paris a engagé, avant la lettre, plusieurs opérations de «renouvellement urbain ». Alors que, prônant « l'urbanisme à visage humain », la mairie de Paris ne crée plus de ZAC, l'Opac s'appuie sur le potentiel foncier de son patrimoine - près de 95 000 logements à Paris et en proche banlieue - pour faire pousser, là où il le peut, de petits quartiers neufs et vivants, aux immeubles soigneusement conçus par une nouvelle génération d'architectes.

Confortée par les nouveaux crédits construction-démolition, cette analyse raisonnée du patrimoine le pousse parfois à s'en défaire (vente à la Semise d'un ensemble de logements à Vitry), ou au contraire à l'agrandir lorsque l'opportunité semble bonne : achat à la Semidep de la barre « Double Couronne » dans la Plaine-Saint-Denis, 100 logements ruinés mais riches d'un grand terrain et de la proximité d'une université et d'un métro.

Parallèlement, l'Office défriche les méthodes d'intervention dans les vieux faubourgs parisiens : Goutte-d'or, Bas-Belleville ou encore îlot Planchat-Vignoles près de la place de la Réunion. Tissus anciens ou quartiers neufs, les résultats diffèrent, mais les méthodes se ressemblent. Rôdées à la Cité Fougères, dans le XXe arrondissement (voir p. 68), elles s'appuient à la fois sur les habitants - amicales de locataires dans les quartiers récents, associations telles que la Bellevilleuse dans les quartiers anciens - et sur les plans de référence commandés à des architectes urbanistes au métier éprouvé. Ainsi Pierre Riboulet à Fougères (p.68) et à Double-Couronne, Jean-Pierre Buffi pour l'îlot Villiot-Rapée (p.66), Jean-Pierre Feugas dans le Bas-Belleville (p.69), André Schuch, architecte urbaniste à l'Apur (Atelier parisien d'urbanisme) à Planchat-Vignoles, Roland Castro aux Malassis de Bagnolet.

Yves Laffoucrière, directeur général de l'Opac, leur demande de tirer le meilleur parti urbain de la situation, sachant que leurs options devront « tenir » durant toute l'opération (cinq à dix ans). Une fois franchi le cap du montage, en concertation avec les acteurs et institutions concernés (voir entretien ci-après), une étape complexe où le poids des équipes d'ingénieurs et techniciens de l'Opac prend tout son sens, on passe à la définition plus fine des projets. Nouvelles mises au point et concertations, cette fois avec les différents architectes retenus par concours. Car Yves Laffoucrière s'est fait une règle de fractionner la commande d'architecture en petits immeubles de 30 à 50 logements, parfois beaucoup moins dans les quartiers anciens.

Diversité et cohérence

Cette fragmentation de la commande présente l'avantage, dit Yves Laffoucrière, de garantir une vraie diversité à l'intérieur des règles de cohérence établies par l'architecte coordinateur. Bienvenue pour les architectes parisiens au temps des vaches maigres, cette pratique est aujourd'hui dénoncée par certains. Sa légitimité n'est en tout cas pas remise en cause par les habitants des quartiers faubouriens, rescapés des « rénovations bulldozer » ancienne manière. Mais pour l'Opac, la médaille a son revers : les montages financiers sont singulièrement complexes et lourds alors que, souligne Yves Laffoucrière, « un bailleur social n'a pas vocation à financer la diversité ». Quant aux règles de la commande publique, elles ne sont guère adaptées - pas plus que l'appareil de production qu'elles ont généré - à ces travaux en dentelle.

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