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L'apprentissage du BTP, en difficulté, fait son
Le 18 juin 2014, le CCCA-BTP a lancé une opération visant à inciter les entrepreneurs du BTP à embaucher des apprentis. - © © F.L.

L'apprentissage du BTP, en difficulté, fait son "appel du 18-Juin"

Florent Lacas |  le 18/06/2014  |  Hauts-de-SeineApprentissage

Le Centre de formation des apprentis de Rueil-Malmaison est l'un des 76 établissements d'apprentis du BTP à avoir participé à l'action "Casques jaunes". L'objectif : inciter les chefs d'entreprises du secteur à embaucher des apprentis.

Ce 18 juin 2014, sur la façade du Centre de formation des apprentis (CFA) de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), est placardée une immense affiche jaune : "Nous croyons en l'avenir du BTP. A vous de croire en nous." C'est que l'établissement est l'un des 76 CFA du secteur de la construction à s'engager dans l'opération "Casques Jaunes", initiée par le CCCA-BTP (1). Son objectif : inciter les entreprises du BTP à recruter et former des apprentis. Car l'apprentissage souffre : cette année, manque de visibilité économique aidant, on parle d'une chute de 25% des effectifs. D'après le CCCA-BTP, chaque année, 20 000 jeunes souhaitent s'inscrire en CFA et cherchent une entreprise d'accueil.

A la recherche d'un piston

Plusieurs apprentis peuvent témoigner de la difficulté que représente la tâche de trouver une entreprise d'accueil par les temps qui courrent. "Il est devenu presque indispensable de bénéficier d'un piston pour être embauché", regrette Raphaël, jeune garçon lucide et motivé, en première année de CAP menuiserie au CFA de Rueil-Malmaison. Comme certains de ses camarades, il a dû démarcher plusieurs dizaines d'entreprises avant de trouver un poste. "J'ai cherché durant un an et demi, indique-t-il. Beaucoup de professionnels ont refusé parce qu'ils avaient eu, par le passé, une mauvaise expérience avec un apprenti."

Ce risque de tomber sur un "mauvais" apprenti reste le premier frein à l'aventure, pour Christophe Legardinier, artisan plombier, gérant de la société "Et L'eau" (Rueil-Malmaison). "Si l'apprenti n'est pas motivé, il peut devenir une charge pour l'entreprise, estime-t-il. Et il n'y a aucun moyen d'être sûr à 100%, au moment de l'embauche, que l'apprenti sera bon." Pour autant, Christophe Legardinier a choisi, il y a un an, d'accueillir un jeune en CAP dans son entreprise. "Je l'ai fait par conviction, explique-t-il. Il faut bien former les futurs professionnels !" "Il y a en effet quelques apprentis qui se tournent les pouces, atteste Maxime, l'apprenti de Christophe Legardinier. Mais pour ma part, je pense qu'il faut travailler pour mériter son salaire. C'est, pour beaucoup, une question d'éducation."

Des aides financières à l'embauche

Robin Peltier, dirigeant de l'entreprise Plombix, est l'un des très bons élèves de l'apprentissage : en dix-sept ans d'activité, il a embauché dix apprentis. Aujourd'hui, il en emploie trois (sur six salariés en tout). "Recruter un apprenti est le meilleur moyen de disposer de salariés compétents, en les embauchant à la fin de leur formation", justifie-t-il. Il bénéficie de 1600 euros de crédit d'impôt et de 1000 euros d'aide de la région Île-de-France par apprenti.

Aujourd'hui, jour des "Casques Jaunes", Robin Peltier s'est rendu au CFA de Rueil-Malmaison pour rencontrer un jeune en échec scolaire, Dylan, qui cherche une entreprise pour apprendre le métier de plombier. "Je trouve qu'on est plus libre dans un CFA, ou en entreprise, que dans le cadre d'un parcours scolaire classique", explique le jeune garçon, qui a l'air déterminé à apprendre le métier. "J'ai fait un stage de trois jours dans le CFA qui m'a convaincu", explique-t-il.

C'est le souci de l'avenir du métier, en tout cas, qui semble mettre tout le monde d'accord. "Lorsque je vois que quasiment tous mes anciens apprentis travaillent toujours dans la plomberie, et pour certains d'entre eux en tant que dirigeant d'entreprise, je ressens une fierté", explique Robin Peltier. Raphaël, l'apprenti en menuiserie, regrette, lui, la disparition des savoir-faire. Et compte bien participer à leur maintien en vie. "Je travaille le bois depuis que je suis petit, raconte-t-il. Et, plus le temps passe, plus les techniques du bois se perdent. Les procédés s'industrialisent. Ce que j'apprécie dans la formation que je suis au CFA, c'est que l'on nous apprend à construire un bâtiment en bois de A à Z."

Comment "tester" un jeune candidat pour être apprenti ?

Robin Peltier, dirigeant de la société Plombix (6 salariés, Boulogne-Billancourt), a embauché dix apprentis en dix-sept ans. Il donne quelques conseils pour évaluer la qualité professionnelle d'un jeune :

- Organiser un rendez-vous avec le jeune, puis avec ses parents. Puis, le présenter aux autres salariés de l'entreprise pour voir s'il pourra s'intégrer.

- Vérifier que le jeune n'est pas uniquement attiré par l'argent, mais a le goût des matériaux, du travail manuel.

- Lui demander s'il a déjà fait du travail manuel (réparer un vélo, une voiture, faire du bricolage...). On peut également lui demander si, enfant, il jouait au Lego ou au Mécano.

- Vérifier que le jeune a des capacités correctes en mathématiques.

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