Réalisations

L’ancienne résidence de Pierre le Grand renaît de ses ruines

Le palais impérial Konstantinovski, édifié au début du 18e siècle pour Pierre le Grand et presque complètement détruit à l’époque soviétique, deviendra prochainement la nouvelle résidence du président russe et de ses hôtes de marque.
« Il est symbolique que le palais projeté par Pierre le Grand comme résidence d’apparat, destiné à glorifier la puissance de la Russie et de celui qui ouvrait « une fenêtre vers l’Europe », soit devenu l’objet d’attention de Vladimir Poutine », affirme Alexandre Kouznetsov, vice-président de la fondation « Konstantinovski Dvorets », chargée de recueillir des fonds pour la reconstruction du palais.

Depuis un an, Strelna, une banlieue à l’abandon de Saint-Pétersbourg, s’est transformée en énorme chantier de construction où les travaux font rage 24 heures sur 24. Près de 4000 ouvriers s’y relaient en trois fois huit heures sur un terrain de plus de 100 hectares. « Les travaux devraient être terminés vers le printemps de 2003, la date des célébrations du tricentenaire de Saint-Pétersbourg », explique Svetlana Dolenko, une responsable de l’administration présidentielle. Le projet de reconstruction prévoit notamment un centre de conférences internationales, des pavillons destinés aux hôtes de marque, un héliport et, bien entendu, les appartements présidentiels. Le palais Konstantinovski, désigné par Pierre Ier comme « le premier Versailles russe », a subi au cours de son histoire de près de trois siècles plusieurs périodes d’abandon et d’oubli.

Resté vide après la mort de son fondateur (1725), le palais a retrouvé vie au milieu du 19e siècle en devenant la résidence du fils de Nicolas Ier, Konstantin, qui lui a laissé son nom Konstantinovski. Il a accueilli ensuite la famille des grands princes russes jusqu’à la révolution bolchevique de 1917. Commence alors une existence chaotique avec sa transformation en foyer pour enfants abandonnés, puis en école militaire. Bombardé et incendié pendant la deuxième guerre mondiale, il est sommairement restauré pour y accueillir l’Ecole Arctique, avant d’être complètement laissé à l’abandon après 1990 quand l’Union soviétique disparaît (1991). « Saint-Pétersbourg a été conçue comme la capitale de la Russie et la reconstruction du palais Konstantinovski, où le président pourra accueillir ses visiteurs, lui rendra certaines des fonctions d’une capitale », affirme Alexandre Kouznetsov.

L’attachement particulier de Vladimir Poutine à sa ville natale, devenue désormais une étape obligée de toute rencontre internationale en Russie, alimente la nostalgie impériale des fonctionnaires locaux. La seconde partie du sommet Poutine-Bush, une rencontre du Groupe de Shanghaï (Russie, Chine et quatre ex-républiques soviétiques d’Asie centrale : Kazakhstan, Kirghizstan, Tadjikistan et Ouzbékistan), et celle des dirigeants des pays de la Baltique se sont déroulées notamment à Saint-Pétersbourg cet été. Une publicité qui tombe à pic à la veille des célébrations en 2003 du tricentenaire de l’ancienne capitale impériale, fondée par Pierre le Grand. La fondation internationale « Konstantinovski Dvorets » a déjà recueilli 70 millions de dollars pour la reconstruction du palais.

« Plusieurs entreprises et compagnies russes importantes ont apporté leur obole », raconte Alexandre Kouznetsov. « Aujourd’hui, ils sont tous prêts à donner de l’argent pour la reconstruction, mais si le président n’avait pas choisi ce palais pour (en faire) sa résidence, il aurait continué à tomber en ruines encore pendant de longues années », affirme Galina Alferova, une habitante de Strelna.

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