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L’alliance Enocean veut faire dialoguer les capteurs et les automates en utilisant « l’énergie environnante »

Mots clés : Câblage - Communication - marketing

L’alliance Enocean rassemble aujourd’hui plus de 200 fabricants ayant en commun un même protocole de communication radio et des solutions d’automatismes simples à mettre en œuvre car sans câblage ni pile. A l’occasion du congrès annuel des membres français de cette alliance, rencontre avec Emmanuel François, directeur commercial d’Enocean pour l’Europe de l’ouest.

Chaleur dégagée par un radiateur, lumière émise par une lampe, vibrations émanant d’un petit moteur… Autant de formes d’énergie diffuse qui, au moyen de générateurs adéquats (thermoélectriques, photovoltaïques, magnétorésistifs…), peuvent suffire à alimenter des circuits électroniques chargés de transmettre des données entre un capteur et un actionneur ou un automate. Née sur ce terreau de « l’energy harvesting » et favorisée par l’émergence des circuits intégrés très basse consommation, l’alliance Enocean met en œuvre des solutions sans câblage ni pile. Le directeur commercial d’Enocean pour l’Europe de l’ouest, Emmanuel François, répond aux questions du Moniteur.

Enocean est un standard technique mais aussi une entreprise. Comment ces deux aspects se concilient-ils ?

Au départ, en 2001, Enocean est une spin-off du groupe Siemens. Aujourd’hui, c’est une entreprise allemande qui conçoit et fait fabriquer des puces électroniques et des microgénérateurs électriques qui permettent à ses clients, fournisseurs de capteurs notamment, de commercialiser des solutions de communication sans fil et autoalimentées en énergie. Enocean détient par ailleurs des brevets qui couvrent l’association entre son protocole de communication radio et les générateurs qui alimentent les puces chargées de le mettre en oeuvre.

Le protocole Enocean est-il ouvert ?

Il est ouvert et normalisé. Et à la différence de Zigbee par exemple, l’utilisateur peut être certain que des produits estampillés Enocean pourront dialoguer sans aucun problème de compréhension, ceci grâce à une centaine de « profils » qui codifient très précisément la manière dont les données relatives à une température par exemple doivent être transmises. Pour autant, il ne faut pas voir Enocean comme un concurrent des bus de gestion technique du bâtiment tels que KNX, BACnet ou LON. Il vient plutôt en complément, et cela d’autant plus facilement qu’il existe des passerelles de communication adaptées à chaque situation.

Le marché français est-il prêt à accepter ce nouveau standard ?

Très protectionniste pas le passé, le marché français de l’automatisation est en train de s’ouvrir progressivement à des technologies venues d’ailleurs. Le niveau d’exigences de la RT2012, et la pression qu’il fait reposer sur les systèmes de GTB, ne peut que rendre ce changement encore plus perceptible dans les années à venir.

Focus

Le protocole Enocean en bref

Fréquence : 868 MHz (315 MHz pour l’Asie et l’Amérique)
Messages : durée de 0,6 ms (avec répétition aléatoire dans une fenêtre de 30 ms), débit de 125 kbit/s
Portée : 300 m sans obstacle, 30 m au sein d’un bâtiment

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