Industrie/Négoce Carrefour du Bois

L’alerte de Greenpeace sur le commerce de bois illégal

Mots clés : Bois

L’ONG s’est invitée au premier jour du salon de référence de la filière bois en Europe, mettant en cause les importations en provenance du Brésil et de la RDC.

A l’entrée du Carrefour du Bois à Nantes ce mercredi 4 juin, une dizaine de militants de Greenpeace distribuent aux visiteurs et exposants une brochure titrée « La France, passoire à bois illégal ». L’ONG cible particulièrement les importations en provenance du Brésil et de la RDC, deux pays jugés « à haut risque » concernant les pratiques des sociétés forestières.

Au Brésil, la filière est confrontée à « un système de fraude très sophistiqué », pointe Greenpeace : ses équipes ont noté des dysfonctionnements dans cinq concessions forestières de l’Etat du Para, où les crédits de coupe attribués par les pouvoirs publics sont détournés au profit de prélèvements illégaux dans des zones protégées. Suivant ce schéma, c’est près de 80% des superficies forestières du Para qui pourraient être touchées par l’illégalité, selon l’institut de recherche brésilien Imazon.

En RDC, l’ONG décrit un secteur forestier « dans un état de chaos généralisé », avec une défaillance du contrôle public et des abus massifs des entreprises forestières (coupes illégales, corruption, non-respect des procédures, absence de consentement des populations…). Pas moins de 90% du bois issu des forêts congolaises pourrait être considéré comme illégal, avance Greenpeace.

 

Faire appliquer le RBUE

 

Pour l’ONG, l’urgence est de « faire enfin appliquer le règlement bois de l’Union européenne », indique le chargé de communication Greenpeace Sylvain Trottier. Entré en vigueur en mars 2013 au plan communautaire, le RBUE vise à prévenir et punir la mise sur le marché de bois illégaux. Mais il n’a toujours pas fait l’objet d’une transposition légale en France –le texte est actuellement en seconde lecture au Parlement-. Greenpeace réclame aussi que la justice française soit compétente pour enquêter sur la légalité des pratiques des entreprises opérant sur le sol national. Principal point d’entrée des bois tropicaux sur le Vieux Continent, la France est notamment le premier importateur européen de bois en provenance du Brésil et de la RDC.

L’organisation du Carrefour du Bois dit n’avoir « aucun problème sur le fond » avec l’action de Greepeace, mais affiche son « désaccord sur la forme ». Le délégué général du salon, Nicolas Visier, a tenu à rappeler les réalités du marché français : le volume de sciage de bois locaux atteint 10 millions de mètres cubes, les importations de résineux de pays nordiques représentant 2 millions de mètres cube supplémentaires. Les importations de bois tropicaux ont représenté en 2013 environ 170 000 mètres cube, en forte baisse puisque ce volume atteignait encore 400 000 mètres cube en 2007. S’il reste difficile d’estimer la part du bois tropical exploité illégalement, un rapport du PNUE estime qu’entre 15 et 30% du bois commercialisé au niveau mondial est issu d’une exploitation forestière illégale.

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